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LES RÉVEILLE-MATIN

Si les horloges électriques présentent encore quelques points délicats qui en retardent Temploi, il n'en est pas de même dos réveille-matin électriques, et rien n'est plus simple que de transformer une horloge ordinaire en réveille-matin électrique.

Voici par exemple une disposition des plus simples indiquée par M. Julien Candèze :

(c L'un des fils conducteurs est relié à une pièce métalliqa^ quelconque de la pendule, tandis que l'autre est relié à un peli ^

L'DORLOGERIE ËLECTHIQUE. 93

tort formé d'une tige verticale sur laquelle peut glisser par emeot uae spirale de fil de cuivre pliée h angle droit vers milieu, de manière h donner une branche horizonlnle dans elle peut tourner une autre lige terminée en crochet; ces ositions fort simples étant établies, on peut donner au croloutes les positions nécessaires pour pouvoir le placer contre

Fig. Cl. — Boïeillo-nutin é[octriqi

adran de la pendule et devant une heure déterminée, de lière à ce que la grande aiguille puisse passer librement auus du crochet, tandis qu'il se trouve sur le passage de la te aiguille, en sorte que lorsque cotte dernière arrivera à ure à laquelle on a placé le crochet, elle rencontre celui-ci, disse le contact et fasse marcher la sonnerie ; si ce petit appaest construit assez légèrement, il ne peut gêner en rien la

régularité de la marche de la pendule, surtout si l'on a soin de se lever pour venir Tenlever. »

M. Redier fait remarquer qu'il n'est pas nécessaire d'attacher l'un des fils au mouvement de la pendule, mais qu'il suffit d'employer la marche de laiguille des heures pour rapprocher deux extrémités de fils disposées convenablement pour fermer le courant et qu'on aura le même effet. La potence doit alors porteries deux fils isolés et décapés seulement aux deux extrémités que l'aiguille rapprochera.

Lorsqu'on a une pendule dont le cadran est à découvert, voici comment opère M. Paul J., pour la transformer en réveillematin :

On prend une planche de 5 à 6 millimètres d'épaisseur daas laquelle on découpe la place du cadran du réveil, ensuite o^ forme par des traits de scie de petites rainures à mi-bois ^^ rayonnant du centre. On cloue alors cette planche verticalemef ^^

sur une autre horizontale ; on pose le réveil, le cadran placr ^ dans l'ouverture ménagée dans la planche verticale ; dans un ^ des petites rainures, on place une petite lame métallique décoa " pée et flexible pour qu'elle puisse plier sous le passage de l'ai-^^ guille, et placée de telle sorte que la grande aiguille passe libre-^^ ment dans la partie enlevée sans toucher la lame ; mais de manière que lorsque la petite aiguille indique l'heure à laquelle on désire être éveillé, elle touche la lame reliée par un fil souple à un des pôles de la pile ; puis on relie la sonnerie au mécanisme intérieur. Enfin, on installe sur le circuit un commutateur qui permet de rompre le courant et d'arrêter la sonnerie en se levant,

M. Daniel Auge établit le circuit de réveil en reliant l'une de ses extrémités au mouvement et en constituant l'autre extrémité par un fil de platine de 1/10 de millimètre de diamètre posé à plat sur le cadran, et sur lequel on referme la glace de la pendule. On isole le fil en ce point à l'aide d'une feuille mince de papier qui n'empêche pas la fermeture de la monture.

Les dispositions du réveille-matin varient à l'infini, suivant

L'HORLOGERIE ÉLECTRIOl'E. 95

ringéniosité et Thabileté plus ou moins grande des électriciens amateurs.

Nous arrêterons là notre énumération, non sans signaler cependant la pendule à trois contacts de M. le docteur Banque. Supposons par exemple qu'on veuille se lever à 7 heures du matin. A 6 heures 45 minutes, un premier contact ouvre et enflamme une lampe à alcool préalablement garnie d'une bouillotte d'eau; à 6 heures 59 minutes, le réveil se met en branle et, quelques instants après, un troisième contact allume une lampe. L'amateur se trouve ainsi réveillé, éclairé et en possession d une bouillotte d'eau chaude qu'il peut utiliser séance tenante pour sa toilette.

LES ALLUMOIRS ÉLECTRIQUES.

Parmi les services les plus précieux — et jusqu'ici les moiD^ appréciés en général — que peut rendre Télectricité appliqué^ aux usages domestiques, figurent les allumoirs.

Par le temps d'allumettes déplorables qui court, avoir instan-^ tanément du feu et de la lumière en tirant un cordon, en ap-^ puyant sur un bouton ou en tournant un robinet est une choseà prendre en sérieuse considération, et notre expérience personnelle nous permet d'affirmer que Télectricilé peut rendre chaque jour, à ce point de vue, d'inappréciables services.

Les allumoirs électriques varient beaucoup de formes et de dispositions, avec la nature des usages auxquels on les destine, les endroits où ils doivent être placés, le combustible qu'ils doivent enflammer, etc.

Nous nous contenterons d'indiquer les plus simples et les plus pratiques parmi les nombreux modèles construits jusqu'ici.

Pour produire l'inflammation d'une substance combustible donnée, il faut lui présenter un corps incandescent porté à une certaine température variant avec la nature de cette substance, assez faible avec le gaz d'éclairage, plus élevée avec le pétrole, et rouge blanc pour Tinflammation directe d'un rat-de-cave ou d'une bougie. Nous avons dit que nous faisions exclusivement usage de fil de platine porté momentanément à l'incandescence par le passage d'un courant électrique. La température de ce fil dépendra surtout de l'intensité du courant qui le traverse : si cette intensité est trop grande, le fil de platine, choisi cependant

LES ALLUMOIRS ÉLECTRIQUES. 97

à cause de son inoxydabilité et de son point élevé de fusion, fondra rapidement; si l'intensité est trop faible, la température à laquelle le fil arrivera sera elle-même trop basse, et Tinflammation ne se produira pas. La pratique indique rapidement le moyen d'obvier à ces deux inconvénients et de placer chaque appareil dans des conditions telles que le fil ne fonde presque jamais et que Tallumage se produise toujours. Pour la même intensité de courant qui traverse le fil, on pourra faire varier la température de ce fil en augmentant ou en diminuant son diamètre. Un fil très fin rougira pour un courant très faible, mais il sera alors très fragile et sujet à se rompre au moindre accident. On est alors conduit à faire usage de fils un peu plus forts (variant en général de un dixième à deux dixièmes de millimètre de diamètre). Le courant a alors besoin d'être un peu plus intense. On obtient facilement Tintensité nécessaire avec les éléments à grande surface, qui ont une bien plus faible résistance intérieure que les éléments à vase poreux, et comme, pour un nombre d'éléments donnés, l'intensité du courant diminue à mesure que la résistance intérieure des éléments augmente, on a tout intérêt à diminuer le plus possible cette résistance intérieure (1).

Les fils de platine sont ordinairement roulés en spirale. Le hui de cette disposition est de concentrer la chaleur en un petit espace pour élever le plus possible la température du fil. On a

(1) La formule de Ohm permet de se rendre facilement compte de ce fail. Soit n le nombre des éléments montés en tension; r Ja résistance intérieure de chaque élément : R, la résistance totale du circuit, conducteur et fil de

P'atine ; E, la force électro-motrice d'un élément ; I, l'intensité du courant,

on aura, d'après la formule de Ohm :

nr + H

On voit d'après celte formule que pour augmenter I sans changer le nombre des éléments n, il faut diminuer le dénominateur, c'est-à-dire diminuer la résistance intérieure r de chaque élément pour diminuer le facteur nr, ou bien diminuer la résistance extérieure R, c'est-à-dire employer de gros conducteurs.

HospiTAUEB. — L'électricité dans la maison. 7

ainsi besoin d'un courant moinï intense pour produire Tinfl mation qu'avec un fil simplement tendu. En effet, )e mèmi traversé par un courant d'une intensité constante arrive â pt au rouge lorsqu'il est développé, tandis qu'il atteint le blanc l qu'il est roulé en spirale, parce que la surface de refroidisseni est moins grande dans le second cas.

Kg. «. -

' AUumoir ordinai

pétrole de M. Loi sou.

AUumolr de M. Lolseau. — La figure 62 représente allumoir à essence ou à pétrole conslruit plus spécialemen l'usage des Tumeurs. Il esl établi sous forme d'applique : poussant la lampe contre le mur, ou rapproche la mèche d( spirale et la lampe agit à son tour sur un bouton placé en rière qui ferme le courant de la pile sur ta spirale. En cess d'appuyer, la lampe est ramenée un peu en avant par un p

. LES ALLOMOIRS ÉLECTRIQUES. M

ressort qui pousse le boutoo : grâce à cette disposition simple et iogéoieuse, la spirale ne se trouve jamais au contact de la flamme et peut ainsi durer très longtemps. M. Loiseau emploie un fil de platine très fin et aplati en forme de lame; il suffi! du courant <f un 5^ élément pour produire Tinflammation. Le système est disposé pour que chacun puisse facilement remplacer en un instant la spirale accidentellement mise hors de service. A cet effet, M. Loiseau établit la spirale sur une petite pièce distincte nommée conflagrateut ; le conflagrateur se compose de deux peliU tubes minces de laiton maintenus parallèlement et d^une façon rigide par une sorte de double bague également en laiton qui Tient saisir les tubes en leur milieu (fig. 62). Un petit morceau de papier roulé sur chaque tube en regard de la bague assure Fisolement.

L'extrémité antérieure des deux tubes porte la spirale en platine, qui leur est fixée très simplement à Faide de deux petites aiguilles en laiton, de forme conique, qui pincent le fil dans le tube et le maintiennent en place. Rien de plus facile que de remplacer le fil : il suffit de retirer les deux petites tiges à Taide d'une pince, de faire une spirale de longueur convenable, suivant les appareils, en roulant le fil de platine sur une épingle ordinaire, et de le fixer sur le conflagrateur en pinçant ses extrémités dans les tubes, comme nous venons de le dire. Avec deux ou trois conflagrateurs de rechange, on est sur de ne jamais se trouver dans l'embarras.

Dans tous les allumoirs, à essence ou à pétrole, il est important que la spirale ne touche pas la mèche, elle doit être placée un peu au-dessus et sur le côté, dans le mélange d'air et de Tapeur combustible.

Le Luoiphore. — Cet allumoir est aussi destiné aux fumeurs. 11 se compose essentiellement d'une pile au bichromate de potasse renfermée dans une bouteille et hermétiquement ciose. Les deux pôles de la pile sont reliés à une spirale do pla- '/ne très mince placée au-dessus de l'allumoir. Lorsque la pile '^^t dans sa position ordinaire, le liquide ne mouille pas le zinc

et le charboQ. Ed l'incliDant comme le représente ta figure, le liquide vieat mouiller l'élément : la pile devient active, fait rougir la spirale, mais le même mouvement a rapproché de cette spirale incandescente la mèche d'une petite lampe à essence de pétrole, qui s'enflamme aussitôt.

On peut produire cinq cents à six cents allumages sans épuiser

Luciphoie. — En dessous, coupe de rappnreil k une plu* petite éch^'

le liquide; on remet l'appareil en étal, en renouvelant ce ''' quide, soit à l'aide de sel tout préparé qu'on vend dans le col"' merce sous le nom de sel chromique, soit en faisant dissoudra 100 grammes de bichromate de potasse dans un litre d'eau bouillante et en ajoutant 150 grammes d'acide sulfurique du commerce à la dissolution refroidie.

Malheureusement, il est difficile de faire un joint bien hermé-

LES ALLUMOIRS ÉLECTRIQUES. 101

ique et les suiatemenls de la solutioo acide ea ont fait rejeter 'emploi dans toutes les applications de luxe, à cause des dégâts qu'elle produit.

Allumolr de M. DesmeUes. — C'est pour éviter l'inconvénient du luciphore que M. Desruelles a combiné le petit allumolr représenté figure 64. C'est une applicatiou directe d'un procédé applicable à toutes les piles en général et qui consiste à introduire dans les piles, k la place du liquide, une sorte d'épongé d'amiante que l'on imbibe ensuite de l'acide ou de la dissolution i^menable. On y gagne l'avoir ainsi une pile sèche en quelque soi^, qu'on peut remuer, déplacer, renverser sans que le liquide se répande, ce qui a bien son avantage pour les appareils mobiles tels que les allumoirs portatifs, les pile& de sonneries sur les navires, les chemins de

fer, elc.

L'allumoir se compose ^^^^^bmIb^^w^^^'

d'une petite boîte ronde en F'B- 6*- — Allumoir éleetrique da U. Descuell«H.

bois dans laquelle se trouve

la pile; sur cette boite est placée une petite lampe ii essence;

une spirale de platine en regard de la mèche sert à produire

l'allumage.

La pile est un élément au bichromate de potasse dans lequel le liquide est remplacé par une pâte d'amiante imbibée d'une solution bichromatée identique à celle des piles-bouteille.

Le zinc est suspendu à un petit levier sur lequel il suffit d'appuferiégérement pour l'amener en contact avec la pâte, le circuit

se trouve alors fermé, le zÏdc est attaqué et le courant pnxluil traverse la spirale, qui rougit et eoflamme l'essence. La pile une fois chargée peut servir un certain nombre de fois. Lorsque la spirale ne rougit plus, il suffit de remplacer la p&te, ce qui est une opération des plus simples. Lorsqu'on n'appuie pas sur lo petit levier, le zinc est soulevé et soustrait ainsi à l'action du liquide qui imbibe l'éponge d'amiante. M. Dcsruelles construit sur le même principe un allumoir à becs de gaz dont la pile est fixée à l'extrémité d'un manche plus ou moins long, suivant U hauteur des becs à atteindre.

Le défaut de cet appareil réside dans le volume occupé par la substance inerte qui ne laisse que peu de place au liquide, c'est-à-dire au produit actif. Aussi faut-il renouveler souvent la "pâte, ce qui est un inconvénient pratique assez grave.

Allumoirs 6, g^az. — On a combiné aussi plusieurs appareils pour l'allumage électrique du gaz; nous décrirons quelques-uns de ces appareils. La forme la plus simple (fig. 65) est celle de l'allumoir de M, Barbier pour fumeurs, pour bougies d'appartement, pour cacheter une lettre, etc., etc.

Il se compose d'un petit bec de gaz B Ct\é sur une boite ronde de 7 à 8 centimètres de diamèiro et relié à la canalisation du gaz par un tuyau de caoutchouc A. En manœuvrant la manette M, on ouvre le robinet, et on établit un contact t'Iectrique d'une durée suffisante pour faire rougir la spirale GG' et enflammer le bec. 11 est commode, dans ce cas, pour économiser un fil, d'utiliser le tuyau de gaz en plomb comme

tig. a. — Allumoir do M. Btrbier.

LES ALLUHOIRS ÉLECTRIQUES. 103

fil de retour, surtout si la pile est un peu éloignt^e de l'allumoir. Dans la disposition représentée (fig. 65), la cler est munie d'tin ressort spécial qui tend à la faire tourner pour lui faire prendre Il position verticale, et d'une dent qui, en s'enclanchant sur une pièce articulée D, la maintient dans la position horizontale aussitôt qu'on l'y a conduite. Pour éteindre le bec, il suffit d'abaisser le levier D, qui permet à la clef de reprendre la position vertictile, c'est-à-dire la position de fermeture de l'orifice d'écoutemeol du gaz. Dons une disposition nouvelle, le cran, le ressort et le levier Dsont supprimés, le robinet prend seulement deux positions, ouvert ou terme.

Un autre système fort ingénieux est celiiideM.Loiscau(iig. 66). 11 se compose d'un robinet de gaz ordinaire, à papillon, Argand, Manchester, etc., portant sur le côté un conflagratcur iiiialogue à celui de l'allumoir à essence, mais disposé verticalement.

Une des tiges du conflagrateur est rehée au positif de la pile, l'autre à une petite tige horizontale en laiton qu'on voit sur le bas de la figure. En tournant le robinet pour l'ouvrir, on provoque une petite fuite de gaz en regard de la spirale de platine, en même temps qu'une oreille rigide fixée sur te robinet repousse une petite pièce métallique verticale et l'amène au contact de la tige de laiton ; le circuit se trouve alors fermé pendant un instant par la terre, la spirale rougit et enflamme le gaz, la Ramme monte et vient finalement allumer le bec. Il va sans dire qu'en continuant le mouvement le contact se rompt pour ne pas user inutilement la pile, et que la fuite se referme.

Le Elat-lux. — Cet allumoir ù gaz, comme celui de M. Loi-

g. 6C. — Allumoir des bcci de gar de M. Loiseau,

404 L-^ECTBlCITfi DANS LA MAISON,

seau, empruote le courant aux piles ordinaires servant à alimenter les sonneries domestiques. Il se compose essentiellement d'un 61 fin de platine supporté par un système à bascule mis en retation avec les deux pôles'd'une pile composée de deux à trois éléments Lec)anché. En exerçant une pression verticale sur le bouton placé à gauche de l'appareil, soit directement, soit à l'aide d'un petit cordon fixé à ce bouton, on produit à la fols l'ouverture du robinet de gaz et l'approche de la spirale de platine qui

Flg. 6t. — Lo Fial-iux. — Allumoirà gat par iDundesceiice.

devient incandescente par suite de la fermeture du circuit de l» pile. Lorsque le bec est allumé, il suffît d'abandonner l'appareU h lui-même. Le robinet reste ouvert, la spirale s'éloigne du becr le circuit s'ouvre de nouveau et le bec reste allumé jusqu'à c& qu'on vienne l'éteindre en fermant à nouveau le robinet. Ce système est donc particulièrement bien approprié dans tous les cas on l'on a un besoin pressant de lumière, car une seule manœuvre suffit pour ouvrir le robinet et produire l'inflammation d'un bec de gaz. Nous en avons fait personnellement l'applica-

. LES ALLUHOIRS ÉLECTRIQUES. lOS

tiQQ dans une antichambre obscure où il nous rend les plus ^i^nds services : chaque fois que la sonnette annonce un visiteur, Vallumage du becde gaz se fait en même temps que l'ouverture ^e la porte d'entrée.

AUmnolr & gaz portatif. — L'un des plus commodes et des p\us élégants est celui de M. J. Ullmann : il est fondé sur les propnétés calorifiques de l'étincelle produite parla bobine d'induction, et présente un dispositif intérieur qui en a permis l'emploi

Fig. 61. — Mode d'emploi de l'illamoir à gtz ï étincelle d'Induction.

avec une pile de puissance et de dimension très restreintes. L'appareil présente la forme d'une lige de longueur variable à volonté, suivant la hauteur du bec à allumer, terminée h. sa partie inférieure par un tube en ébonitc de 4 centimètres de diamètre sur 20 centimètres de longueur {fig. 69). Ce tube, divisé en doux par- IJ&s que nous représentons isolément (fig. 69), renferme la pile et '^ bobine. La pile A est encore tenue secrète dans sa disposi- ''°H ; tout ce que nous en pouvons dire, c'est qu'on y fait usage "* aine et de chlorure d'argent comme dépolarisant : elle est

heriiiétiqiiemeat fermée et porte à l'une de ses eitrëmités un dis-

!que B et une couronne de laiton G attachée à ses pôles et destinée à établir la commuoication entre la pile et la bobine lorsqu'on TÎase ensemble les deux parties de ^ l'appareil pour les réunir. A cet effet, deux

lames élastiques D et Ë viennent s'appliquer sur B et G et établissent les contacts.

D'après M. Ullmano, la pile peut Tournir 25 000 allumages avant d'avoir besoin d'être rechargée. H est un tube d'ébonile reofermaat et protégeant la bobine d'induction K dont le fil induit communique d'une part avec le tube de laiton L, et d'autre part avec un conducteur central isolé M qui vient se terminer en pointe très près de l'extrémité du tube de laiton. Les courants induits dans ce fil produisent une série d'étincelles entre le tube L et la tige M, qui enflamment le gaz lorsque l'extrémité de l'appareil est mise h proximité du bec.

La partie ingénieuse et nouvelle du système réside dans le mode d'excitation des courants induits. Lorsqu'on a approché l'extrémité du tube L près des becs à allumer, il suffit de pousser le bouton F de gauche à droite pour développer un nombre limité d'étincelles, suffisant pour produire l'inflammation. Le mouvement du bouton F n'a pas pour effet, comme on pou^ rait le croire, de fermer le circuit de li pile sur le circuit inducteur de la bobine; '^"'""*' en efl'et, dans sa position normale, le trem-

blcur est éloigné de son contact et la fermeture du circuitae

Fig GJ — Allnmoir k RSi k éiincello d'indoction. — Ditailt da md>

LES ALLUMOIRS ÉLECTRIQUES. i07

produirait aucune action; le mouvement de F produit un déplacement mécanique du ressort du trembleur qui vibre pendant quelques instants et produit un certain nombre de contacts donnant lieu à un nombre égal d'étincelles. Grâce à cette disposition, on limite la dépense d'énergie électrique demandée par chaque allumage et, d'autre part, on peut actionner mécaniquement le trembleur qui serait incapable de fonctionner s'il devait être mis automatiquement en mouvement par le courant direct de la pile. Le mouvement du trembleur étant emprunté à la main de Topérateur et non plus à la pile, on conçoit que celleci puisse, toutes choses égales d'ailleurs, produire un plus grand oombre d'allumages qu'avec une bobine à trembleur ordinaire. Pour les fourneaux à gaz, M. Loiseau construit un manche-ai-

Fig. 70. — Allumoîr de fourneau à gaz.

tumoir (fig. 70) qui se place à côté du fourneau et qui se relie à la pile à l'aide de cordons souples. Le bouton de contact se trouve Sur le manche même, et la spirale se trouve protégée contre les chocs par une garniture métallique fendue en forme de griffe et repliée à son extrémité.

Tous ces allumoirs fonctionnent bien et rendent de réels services; on peut les considérer comme des auxiliaires naturels et indispensables des sonneries électriques domestiques, et c'est certainement la pile Leclanché qui, pour la plupart d'entre eux, a rendu leur emploi pratique.

Allumoirs-extincteurs. — Les appareils auxquels nous donnons ce nom donnent la solution d'un problème assez singulier qu'on peut poser en ces termes :

Établir un système électrique de telle façon quen fermant le cir-

iOH

cuit par itn contact sur ce si/stéme, on puisse allumer vne lampr placée à distance, si elle est éteinte, ou f éteindre, si elle est allumée.

M. Arooiilt im a donni' une preiiiii.'rp solution assez compli-

Kig. 71. .

U M. Muigru

quée fi l'nide d'un double système d 'électro-aimants, de commutateurs intérieurs i l'appareil, etc. Nous en ferons connaitre deux solutions simples, élégantes et ingénieuses, dues b. MM. Maigret et Hanque.

Dans le système de M. Maigret, représenté ligure 71 , la lampe à essence ou à pétrole est placée sur un socle qui renferme un électro-aimant horizontal. L'armature de cet électro-aimant porte deuv longues liges de cuivre auxquelles on fixe une petite spirale de platine, ces tiges agissant en même temps sur un pe-

LES ALLOMOIRS ÉLECTitlQCES. 109

lil soufflet auquel est dxé un tuyau dont l'extrûmilé débouche \<Ks de la mèche de la lampe.

Eq envoyant un coiiraut dans l'appareil (en pratique, il suffil(|p quatre éléments Lechnchi', modèle ordinaire de sonnerie.

Bde deux éléments ii surface), il se produit t'un des deux effets

nivanls :

I l' Si la lampe est éleùile, le courant traverse à la fois l'électroaimant et la spirale, le premier attire l'armaturo et rapproche la spirale de la mèche qui s'endamme, mais le soufûel étant mis en action avant que la spirale Qe s'approche de la mèche, il souffle une lampe éteinte, ce qui ne présente aucun inconvénient. Lorsque le courant cesse de passer, la spirale reprend sa position primitive et laisse la lampe allumée.

.1 jtiiiiiiiitc Cl liiiasc

2* Si la lampe esiallumée^ le couraat traverse réleclro-aimanf, le soufflet agit cette fois, éteint la lampe, et si ce contact électii— que n'est pas assez prolongé pour que la spirale ait le temps le rallumer la lampe, au moment où le courant cesse de passer, la spirale reprend sa position première en laissant la lampe éteinte. La forme de Tappareil permet de le placer à Tintérieur d'une suspension, dans une chambre à coucher, une anti' chambre et autres lieux où la lumière n'est nécessaire qu'à intet' valles irréguliers et inégaux.

M. Ranque a donné aussi une forme simple et nouvelle à s^^ allumoir (fig. 72). Un électro-aimant, dissimulé dans le socE ^' rapproche la spirale de platine de la mèche. L'éteignoir, éqi^ ^' libre par un contrepoids, oscille autour d'un axe horizontal. ï^^ support de cet éteignoir porte deux petites goupilles contre le^^" quelles viennent agir successivement deux crans placés sur un ^ pièce en forme d'ovale, fixée sur les côtés des tiges mobiles.

Dans la position représentée figure 72, à la première émissio de courant, le cran supérieur agit pour abattre l'éteignoir, mai la course des tiges porte-spirale est limitée pour que la spirale ne vienne pas buter contre Téteignoir qui la détériorerait. A l'émission suivante, le cran inférieur agit pour relever l'éteignoir, tandis que la spirale s'approche de la mèche et l'enflamme.

Il est commode d'actionner ces allumoirs-extincteurs, qui peuvent être placés à distance, non pas par un bouton de contact, mais par un système à tirage, qu'il est toujours plus facile de retrouver dans l'obscurité sans de grands tâtonnements.

Depuis que ces lignes ont été écrites, M. Ulmann nous a fait connaître un nouvel allumoir à gaz dans lequel la pile est supprimée et remplacée par une machine d'induction tactique. L'appareil peut alors fonctionner indéfiniment sans renouvellement ni entretien, ce qui justifie le nom d'ailume-gaz électrique perpétuel sous lequel on le désigne.

L'ÉGLAIRAGS ÉUBCTTRIQUE DOMBSTIQUE

De toutes les applications domestiques de Télectricité, Téclairage est sans contredit celle qui tente le plus les amateurs, et le désir ne fait que s'accroître chaque jour, à mesure que les lampes se perfectionnent et qu'on apprécie davantage les nombreux et incontestables avantages de ce nouvel illuminant. L'obstacle le plus sérieux qui s'oppose à la généralisation de l'éclairage électrique réside (question de prix de revient à part, qui, dans une petite installation, n'est et ne peut être que très élevé) dans les difficultés inhérentes à la production de l'énergie électrique. Du jour où la distribution de l'électricité à domicile sera un fait accompli, l'emploi de l'éclairage électrique deviendra général, dût-on faire payer, à lumière égale, une somme supérieure a celle payée pour le gaz. Ce supplément de dépense serait largement racheté par une chaleur moins grande, des dangers d'incendie moindres, une lumière plus fixe, surtout avec l'incandescence, une atmosphère plus respirable, des plafonds moins ooirs, etc., etc.

Malgré les difficultés inhérentes à la production de l'énergie

électrique en quantité suffisante pour l'éclairage, et à cause des

q^ualités particulières qu'il présente, plusieurs particuliers ont

passé outre sur ces difficultés et ont installé pour leur service

P^i*sonnel de véritables petites usines électriques qui satisfont,

d^ir^s une certaine mesure, à leurs besoins journaliers ou inter-

^■^ îltents. Nous en ferons connaître quelques-unes après avoir

^^^^rit rapidement les principaux organes nécessaires à leur fonc-

il2 L'ÉLECTRICITÉ DANS LA MAISON.

tionnement : moteurs, machines, piles, accumulateurs, lampes el accessoires.

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