APPLICATIONS DIVERSES. — L'OUTILLAGE DE L'ÉLECTRICIEN
rubans métalliques : le tout est fortement serré entre deux morceaux de bois dur maintenus par deux entretoises M et N. Deux bornes A et B, en communication métallique avec les lames c et rf, servent à relier Télément au circuit dans lequel on doit Tinlercaler. On lime alors une des faces et on la polit avec soin au papier émeri. Après avoir ainsi poli le bloc et constaté avec un galvanomètre sensible l'absence de communications métalliques, on recouvre la face polie de sélénium de la manière suivante :
On chaufîe l'appareil dans un bain de sable ou en le posant à plat sur une plaque épaisse de cuivre chauffée par la flamme d'un
Kig. 1Ô7. — Pilo au sôléniuin de M. Mercadier.
bec Bunsen jusqu'au moment précis ou un crayon de sélénium appuyé dessus commence à fondre; on promène alors le crayon le long de la surface de façon à la recouvrir d'une couche aussi mince que possible. En ne laissant pas la température s'élever au-dessus de ce point, le sélénium prend la teinte ardoisée qui caractérise Tétatoii il est le plus sensible à la lumière. 11 est inutile de le recuire; en laissant refroidir l'appareil il est prêt à fonctionner. Pour préserver la surface on peut la protéger par une lame mince de mica ou la recouvrir d'une couche de vernis à la gomme laque déposé à chaud. Si l'appareil vient à être détérioré, il suffit de relimer la surface, de la repolir et de la sélénier de nouveau pour le remettre en état. Les résistances de ces
\m L'ÉLECTRICITÉ DANS LA MAISON.
cléments varient dans de très grandes proportions avec les dimensions, la nature du sélénium, le mode de préparation, etc.
Pour obtenir de bons résultats, il faut environ dix éléments Leclanché en tension et des téléphones très résistants, c'est-àdire dont le fil très fin ait un grand nombre de tours sur le noyau aimanté.
Les laboratoires d'électricité privés. — Suivant ses goûls, sa fortune et les sommes qu'il peut y consacrer, Télectricité dans la maison prend, pour Tamateur d'électricité, une importance plus ou moins grande. Chez quelques-uns, TélectricUé est partout, chez d'autres elle n'est nulle pari. 11 faut savoir se tenir sagement à distance de ces deux extrêmes et ne devenir ni Èlectromane ni Electrophobe. Dans la gravure qui occupe le frontispice de cet ouvrage, notre dessinateur a reproduit les principales applications électriques, qu'on pourrait facilement introduire et réunir dès à présent dans une maison moderne.
Certains savants ont fait plus, et sans parler du magnifique laboratoire de M. Warren delà Rue, qui représente une fortune, nous signalerons Tinstallation de M. Gaston Planté. La figure 158 reproduit une partie du laboratoire privé de notre savant et modeste compatriote, celle dans laquelle se trouvent réunis les 800 éléments secondaires servant à ses magnifiques expériences sur rélectricité de haute tension. 11 faut voir là des installations de recherches et d'études plutôt que des laboratoires (Tamateurs proprement dits.
Saluons respectueusement les savants qui consacrent leur santé, leur temps et leur fortune à la recherche de la vérité scientifique, et revenons aux installations plus modestes, à celles qui rentrent mieux dans notre cadre et répondent littéralement à notre titre.
Li*outillage de Tamateur. — Au premier rang des outils nécessaires à l'électricien figurent ceux qui lui permettent de travailler le bois et le fer; il doit acquérir une certaine adresse manuelle qui lui permette de construire lui-même, d'une façon plus ou moins grossière, les parties rudimentairesdes appareils.
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Il trouvera chez les constructeurs spécialistes des pièces toutes faites qui lui éviteront bien des pertes de temps. Quel que soit Toutillage dont on dispose, il serait, par exemple, tout à fait inur tile de chercher à construire soi-même ses bornes ou à recouvrir son fil. 11 peut être avantageux au contraire de rouler soi-même le fil des électro-aimants pour être sûr de sa longueur et de sa résistance. Les moins fortunés devront se contenter d'une botte d'outils plus ou moins complète, mais renfermant cependant les éléments essentiels pour le travail du bois et du fer : ils remplaceront ce qui manque par de Thabileté et de la patience. Les plus heureux sont ceux qui peuvent disposer d'un petit atelier comprenant un établi de menuisier, un étau et un petit tour à pédales et les outils correspondants.
Nous n'avons pas Tintention d'enseigner à nos lecteurs la construction des appareils électriques; ils trouveront d'utiles indications sur ce sujet dans un ouvrage de M. Oudifiet sur lés Principes de la constrtiction des appareils de précision.
Mais comme tous, quels que soient les moyens d'action dont ils disposent, auront besoin de certains objets communs, nous avons réuni dans la figure 159 les principales dispositions actuellement employées pour effectuer des liaisons conductrices convenables entre les différents appareils électriques ; chacune d'elles est appropriée à un besoin spécial, et si le tableau est incomplet, il est cependant suffisant pour résoudre la plupart des cas de la pratique courante.
1 est la borne à trou classique ordinaire fixée sur un socle d*appareil; 2 est une modification de cette borne permettant de fixer le fil, soit dans le trou lorsqu'il est assez gros, soit entre deux parties plates lorsqu'il est fin ou qu'il a une forme aplatie ; 3 est une borne maintenue par une queue de cochon^ elle se fixe sur les appareils dont le dessous n'est pas accessible et ne permet pas d'employer les bornes 1 ou 2.
4 et 5 sont des bornes destinées à permettre un serrage énergique obtenu par l'allongement du bras de levier; ce levier consiste, soit en une barre transversale fixée à demeure sur la tête
de la borne (n* 4), soit en un clou qu'on vient introduire dans les trous de la léle de la borne (n* 5); cette disposition convient surtout dans les endroits où la place est restreinte et où Ton n'a pas besoin de changer souvent les attaches des fils. On voit en au-dessous des n*** 3 et 4, une tête de borne permettant un serrage énergique à l'aide de pinces plates.
6 est une borne avec serrage plat employée surtout dans les appareils télégraphiques et les appareils de mesure ; elle se fixe sur le socle à Taide d'une vis inférieure, comme les bornes 1 et 2; un ergot ménagé sur la partie inférieure empêche la borne de tourner sous l'action du serrage. •
Lorsqu'on a à relier deux fils entre eux, l'on fait usage du serre-fil n" 7 qui se compose d'un simple cylindre en laiton percé d'un trou dans toute sa longueur; les deux fils à réunir entre eux s'engagent chacun par une des extrémités et sont très facilement maintenus en place par deux vis de serrage.
8 et H sont les pinces classiques employées dans le montage des piles Bunsen pour relier les charbons aux lames de cuivre; H est une pince ordinaire ; 8 est une borne terminus sur laquelle vient se fixer le fil conducteur; 9 est une borne terminus pour une lame de zinc; 10 est la pince double employée par M. G. Trouvé dans ses piles au bichromate pour monter simplement et rapidement les éléments.
On a besoin, dans certains cas, de substituer souvent un appareil à un autre et d'établir deux fils fixes de communication.
A cet effet, les deux fils fixes sont reliés, une fois pour toutes, à deux bornes disposées sur une petite planchette en chêne paraffiné ou en ébonite (n° 12) ; celte planchette se fixe elle-même contre un mur ou sur une table h portée de Texpérimentateur, et c'est aux deux bornes ainsi fixées qu'on attache successivement les fils qui, dans chaque cas, doivent être reliés à l'appareil à litre provisoire.
Les liaisons entre un appareil mobile et des bornes fixes s'effectuent à l'aide de cordons souples ou cordons de liaison, dont les
APPLICATIONS DlVEflSES. — L'OLITILLAGE DE L'ÉLECTRICIEN. 309 numéros 13, 14eHa de la fisrupe lo9 inonlrent (|ueli]ues disposi-
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tioas. Le n* 13 est uo fil souple dont les eitrémilés sont reliées à des broclics lorsqu'on a des bornes à trous (n"' 1 , 3, 4, 5).
Le n*" 16 est rattache Radiguet, qui convient surtout pour les serrages plats (n" 2, 6 et 9).
Le n* 14 représente le mode de fixation des cordons de téléphone : les tractions accidentelles qui seraient exercées sur le fil n'agissent pas sur les œillets de communication, mais sur une rondelle en bois prise entre les deux cordons et maintenue sur la planchette à l'aide d'une vis.
Lorsqu'on doit établir des communications de faible résistance on fait usage de lames (n° 15) munies d'encoches et sur lesquelles on peut exercer un serrage énergique.
Ce que nous venons de faire pour les bornes pourrait se répéter pour les électro-aimants, les armatures, les conducteurs, etc., mais il faut savoir se limiter; aussi bien n'avons-nous pas eu la prétention d'écrire un traité d'électricité domestique, mais seulement le désir de fournir quelques indications élémentaires indispensables à connaître pour aborder les applications d'un caractère plus général et d'une importance plus grande, mais d'un usage moins direct.