‹ L'électricité dans la maison:Chapitre 28 sur 29 · APPLICATIONS DIVERSES. — L'OUTILLAGE DE L'ÉLECTRICIEN. 29:J · texte numérisé non relu

APPLICATIONS DIVERSES. — L'OUTILLAGE DE L'ÉLECTRICIEN. 29:J

simplement un petit appareil de Clarke renfermé dans une boite qui peut facilement être placée sous la main du cocher ou du cavalier. Les rênes du cheval contiennent intérieurement un fil métallique conducteur qui aboutit au mors d'une part, et à lappareil magnéto-électrique d'autre part. En tournant la manivelle de rélectro-aimant, on détermine la formation d'un courant électrique qui agit dans la bouche du cheval, et lui cause une telle surprise qu'il s'arrête et reste immobile. En joignantàTaction de l'électricité la douceur et les caresses, le cheval le plus dangereux est rapidement maîtrisé.

M. Bella rapporte que M. Dcfoy a expérimenté son appareil sous ses yeux, au dépôt de la Compagnie générale des Omnibus, où se trouvent réunis les chevaux les plus méchants et les plus dangereux. Un cheval hongre très difficile à ferrer fut amené à la forge où il se montra extrêmement méchant, on le munit de la guide conductrice du courant ; au bout de quelques minutes d'expérimentation, le cheval se laisse caresser l'encolure elle dos, puis toucher les jambes, et (inalemcnt relever les pieds de derrière, toujours les plus dildciles à aborder et à relever. « On frappa sur le fer sans qu'il se révoltât, dit iM. Bella, et on lui changea ses fers sans qu'il fut entravé et sans qu'il recommençât ses dangereuses défenses. »

Le directeur de la Compagnie parisienne des Petites-Voitures a aussi constaté Tefficacité de ce procédé. « L'expérimentation, dit M. Camille dans un rapport que nous avons sous les yeux, a eu heu sur plusieurs chevaux qu'il avait été jusqu'alors impossible de ferrer: tous sans exception ont cédé à l'influence de l'appareil. Un cheval qu'il s'agissait de ferrer allait jusqu'à se rouler à terre, se défendant et luttant contre tout, rien ne pouvait le dompter. J'eus recours à l'appareil de M. Defoy ; à la première expérience, on leva, à mon grand étonnement, sans de grandes difficultés, les pieds du cheval rétif; à la seconde expérience, il fut aussi facile de le ferrer que s'il n'avait jamais opposé la moindre résistance ; l'animal était vaincu. »

M. Defoy a conduit devant nous un cheval dangereux qu'il

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La plume électrique d'Edison. — La plumi' tli-ctn-iu»'

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Al'CLICATIONË DIVERSES. — L'OUTILLAGE DE L'ÉLECTKICIEN.

d'un très grand nombre de petits trous percés dans le papier. KZes trous sont faits par une pointe d'acier très fine, qui, alleroatîvement, sort et rentre dans un tube qu'on tient à la main, et qui ressemble extrêmement à un porle-crayon de métal. Cette pointe est animée d'un mouvement de va-et-vient très rapide ; elle fait 180 battements par seconde quand Tappareil tourne à vitle. Elle ne dépasse chaque fois sa gaine que d'une longueur l'i peine visible, juste assez pour percer le papier. Grâce à ces conditions de rapidité très grande et de mouvements très peu

étendus, la plume peut être promenée sur le papier avec une certaine vitesse. On n'écrit pas aussi vite qu'avec les plumes ordinaires, mais on écrit à peu près comme un calligraphe qui s'appliquerait beaucoup et voudrait faire de belles grandes lettres mouléus.

Le mouvement alternatif est donné à la plume par un petit moteur électrique fort ingénieux et simple, qui est placé au haut du porte-ptume ; la Ttgure 153 le représente dans sa physionomie générale.

La pointe est au bout inférieur d'une lige qui traverse le

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APPLICATIOSS [ilVEBSES. — L'OUTILLAGE DE L'ÉLICTRKIS-N- îtT

□mis sous CCS deux formes elle sérail forl pi^nible. sans p d'ailleurs aucun avantage en compensnlion. 3Inis il fniit coosdércr ce papier pcrfuré comme un nétjaûf au moyen duquel uo peut obtenir un grand nombre HépmtKts positives ou dit copies du .texte ou dessin tracé à la pointe. Pour obtenir ces épreuves, on fait usage d'une presse que représente la ti(;ure 154. Dans le couvercle, qui est indiqué ii gauche, on place le négatif; îl csl maintenu tout autour par des ressorts très faciles » niauœu\rer.

Kig. lit

' Presse dmliii6e «u tirage des éprauves obtenue! avec la plume Rdison.

Sur le corps de la presse on place une feuille de papier blanc, on rabat le couvercle ; le négatif s'applif^ue sur le papier blanc. Au moyen du rouleau â manche représenté à droite, un étale du noir sur le négatif, l'encre pénètre au travers de tous les trous jusqu'à la feuille blanche qui est dessous. On relève le couvercle et l'épreuve est obtenue.

Cette copie a un aspect particulier ; l'écriture n'a ni traits ni déliés. Pour qu'elle suit bien lisible il faut qu'on ait écrit un peu gros. Cependant, avec un peu d'habitude et quelques artifices fort simples, on obtient toute espèce de dessins, on copie de la

musique avec les blanches et les noires parfaitement reproduites.

Le même négatif peut servir à produire successivement un grand nombre d'épreuves; on assure qu'on peut aller jusqu'à mille et au delà. Des personnes habituées à ce travail peuvent, dit-on, faire jusqu'à six épreuves par minute. H va sans dire que cette opération, comme tous les travaux manuels, ne se réussit complètement qu'après un peu d'éludé et quelques tâtonnements, mais elle ne présente aucune difficulté.

Crayon voltalque de MM. Bellet et Hallez d'Arros. — Cet appareil a été imaginé dans le but d'obtenir les mêmes résultats et de satisfaire aux mêmes besoins que la plume électrique d'Edison, mais il en diffère essentiellement par les moyens employés. On en trouve l'origine dans l'expérience classique du perce-carte, modifiée pour en rendre l'emploi pratique.

On sait que l'étincelle de la machine électrique ou de la bobine d'induction, jaillisant entre deux pointes métalliques ou entre une pointe métallique et un corps conducteur, est susceptible de percer le carton et, à plus forte raison, le papier. Imaginons que, entre une semblable pointe et un conducteur, jaillissent presque sans discontinuer une série d'étincelles électriques, pendant qu'entre ces corps on fait mouvoir une feuille de papier. Celle-ci sera percée de trous d'autant plus rapprochés que les étincelles seront plus nombreuses et que le papier aura marché plus lentement. Le même effet se produira si la feuille de papier immobile repose sur une plaque métallique et si Ion déplace la pointe, cellç-ci et la plaque communiquant chacune avec un pôle d'une bobine d'induction. On aura donc ainsi la reproduction à l'aide d'une série de trous très rapprochés des traits quels qu'ils soient que l'on aura Iracés sur le papier: ces trous formeront même, par leur réunion, un trait continu si le mouvement a été assez lent, ou les étincelles assez rapides, assez fréquentes. Ce tracé pourra être utilisé, comme tous les poncis, de diverses manières, ainsi que nous l'indiquerons tout à l'heure. Le principe était simple et connu; mais, ainsi qu'il arrive sou-

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vent, la réalisation pratique n'a pas été sans présenter des difliciiltés dont les principales ont été les suivantes :

séquence de la tension que possédait la forme de Ténergie électrique employée. Celte étincelle était la source, pour la personne qui tenait la pointe, d'une secousse qui, répétée à chaque instant, avait pour effet de* rendre impossible le tracé d'une ligne régulière, droite ou courbe.

L'étincelle partait d'ailleurs rarement isolée, plusieurs étincelles prenaient naissance en même temps, perçant le papier en plusieurs points autour de celui que Ton voulait obtenir. Il en résultait qu'aucun trait net et précis ne pouvait être obtenu.

Enfin, pour que, sans être obligé de trop ralentir le trait, on n'obtînt pas des points trop espacés, pour que môme l'on put obtenir des traits continus, il fallait que les étincelles fussent nombreuses et multipliées, plus que ne les donnent d'ordinaire les bobines d'induction auxquelles on a naturellement recours de préférence aux sources d'électricité à haute tension.

MM. BelletetdWrros sont parvenus à vaincre ces difficultés, et voici les procédés qu'ils ont employés dans ce but. D'une part le courant induit passe en même temps par la pointe et par une dérivation dans laquelle il donne une série d'étincelles, affaiblissant ainsi, dans telle mesure qu'il convient et dans des limites que l'on règle à volonté, les étincelles qui doivent jaillir entre la pointe et la plaque métallique et que l'on restreint à une valeur telle qu'elles suffisent pour percer, couper, détruire le papier là oii elles se produisent sans donner de secousses appréciables.

D'autre part, le papier dont on se sert et qui doit être assez fin est, au préalable, trempé dans une dissolution de sel marin, puis séché. Cette simple opération suffit pour éviter les étincelles multiples et pour permettre d'obtenir des traits absolument nets.

Enfin l'interrupteur, le trembleur de la bobine, a été modifié dans sa forme : c'est un ressort pincé à ses extrémités et vibrant en son milieu sous l'inOuence de l'aimantation du noyau, produite par le courant inducteur. Les interruptions sont devenues ainsi plus courtes et plus nombreuses et les résultats complètement satisfaisants.

La figure 155 montre les principales dispositions du crayon

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vollaïque; le crayon est un crayon ordinaire en ^iiraphile, dont le bois sert d'isolant et la mine de conducteur; un lîl souple recouvert de soie établit la communication entre le crayon et le fil induit de la bobine.

Le pupiire supporte la plaque niê1allii|ue sur laquelle se place la Teuille de papier et renferme à l'inférieur le système d'impression aualo|rue d'ailleurs â celui de la plruiir d'Kdisou.

Tlmbreur électrique. — Cet appareil est destiné à remplacer le timbre Uumide ordinairement employé pour oblitérer d'une façon sûre les tîmlires d'afTranchissement, chèques, factures, etc.

A la partie inférieure de l'appareil se trouve un minco fil de platine, contourne de manière à former un dessin ou une initiale. C'est cette partie du système qui doit être appliquée à la surface du timbre h ann<iler. Le fil de platine est en communication avec une pile électrique. On ferme le circuit en pressant

lin ressort à Taidc du doigt, coniine le montre la figure 156. Le platine rougit, le papier contre lequel il est appliqué est carbonisé par la chaleur et porte la trace d'une empreinte absolument ineffaçable. Ce système ingénieux peut être utilisé non seulement par les employés de la poste, mais aussi par les négociants qui ont i\ annuler un grand nombre de timbres de factures. Grâce aux accumulateurs, son emploi devient plus pratique qu'au moment où il fit son apparition, vers 1880.

Expériences photophoniques. — Le sélénium jouit de la singulière et curieuse propriété de changer de résistance avec Tintensité de la lumière qui tombe à sa surface ; le photophone de M. Graham Bell est basé sur cette action. Sans vouloir donner aux amateurs d'électricité les moyens de construire eux-mêmes un photophone, nous croyons devoir cependant leur indiquer un moyen de répéter Texpérience fondamentale en construisant une pile à sélénium suivant les indications de M. Mercadier.

Cette pile est analogue, en principe et comme but, à l'élément de sélénium employé par M. Graham Bell dans son photophone; c'est un appareil à résistance variable, sous l'influence d'un rayon lumineux plus ou moins intense qui le frappe. 11 en diffère cependant sous certains points par sa construction beaucoup plus simple, plus rapide et plus facile.

La figure 157 représente un de ces éléments à sélénium en grandeur naturelle. 11 a été construit sous cette forme par MM. Mercadier et Humblot pour pouvoir être établi à peu de frais et remis rapidement en bon état s'il venait à se détériorer.

Pour construire cet élément, on prend deux rubans de laiton « et A d'un dixième de millimètre d'épaisseur environ et d'un centimètre de largeur. On les sépare par deux rubans de papier parchemin qui sert d'isolant et Ton enroule les quatre rubans en spirale, comme l'indique la figure ci-contre dans laquelle Tun des rubans de laiton est représenté par un trait plein, le second par un trait ponctué et le papier par l'intervalle blanc qui les sépare. Le bloc ainsi formé est pris entre deux lames de laiton c et rf, en contact respectivement avec les extrémités a' et b' des

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