PILES CONTINUES
Lorsqu'on demande aux piles un service de quelque durée, comme pour la galvanoplastie, l'éclairage électrique domestique, la charge des accumulateurs, etc., il faut qu'elles présentent des qualités spéciales assez difficiles à réunir dans le même appareil.
L'une des piles le plus anciennement connues est la pile de Daniel), tellement connue qu'il nous semble inutile de la décrire.
On l'emploie aujourd'hui de préférence sous une forme spéciale connue sous le nom de piie Cailaud, dans laquelle la solu-
tion (le sulfate de cuivre est séparée de la solution de sulfate de zlac en vertu de la différence de densité de ces deux solutions.
Plie Callaud. — Il existe un grand nombre de modèles de piles Callaud. Celui que nous représentons (fig. 6) offre une très grande simplicité, et par suite un bon marché en rapport avec cette simplicité. Le vase de verre n'a que 12 centimètres de haut et 7 de diamiïtrc. Le zinc est retenu par trois sailliesou plîs faits avec nue pince. Le cuivre est formé par une spiralede fil de cuivre plate qui se relève verticalement au milieu du vase ; cette partie verticale est protégée par un petit tube de verre. La liaison
Fie- 0. — Pile Callaud, modela Trouvé.
des éléments a lieu au moyen d'un petit boudin qui termine le iil de cuivre soudé au zinc et dans lequel s'engage le fii de cuivre qui constitue le rhéophore de l'élément suivant.
L'inconvénient des piles Daniell ou Callaud est de s'user en circuit ouvert.
Modification delà pile Callaud. — Cette modification présente l'avantage d'un entretien plus facile et d'une action locale moins grande. Elle fonctionne au service télégraphique des chemins de fer de l'Est, et peut être très utile aux électriciens amateurs pour les opérations galvanoplastiques et la charge lenle des petits accumulateurs.
Cette pile étudiée par M. Cabaret, contrôleur principal du télé-
LA PRODL'CTIOS OU COURANT ÊLECTRIOIIB. 21
graphe des cliemios de fer de l'Est et construite par M. Desruelles, diffère de la pile Callaud proprement dite par le remplacemeot de lëtectrode positive, c'esl-à-dire de ta plaque de cuivre, par UD tube de plomb ouvert à ses deux extrémités et plongeant dans le liquide de la pile, comme l'indique la figure. Le plomb. n*élantpasattaqué, peut senir indéfiniment: il se maintienidans sa position verticale, car il est muni à sa partie inférieure de pattes, obtenues en entaillant les parois à la cisaille et en recourbant les languettes ainsi formées; ces pattes ont encore pour fonction d'empéchcr le tube de plomb de venir toucher te zinc, puisqu'elles le maintiennent en équilibre.
Pour chaîner l'élément ainsi constitué, il suffit de remplir le tube de plomt»
avec descristaux de sulfate de cuivre et de verser de l'eau dans le vase de verre, jusqu'à ce que son niveau arrive à 1 cenlimêtre et demi du bord supérieur du zinc. Au bout d'une heure, les cristaux de sulfate de cuivre se sont suffisamment dissous pour que la pile entre en fonction.
L expérience a démontre que, quelle ^^dji^ c.b.rci.
f[ue soit la provision de sulfate qu'on ait
emmagasinée dans le tube de plomb, la dissolution saturée de ce sulfate n'atteint jamais le zinc, même à circuit ouvert.
tiette disposition nouvelle donnée à l'élément Gatlaud présente le grand avantage : 1' de permettre d'en confier l'entretien au premier venu, puisque cet entretien consiste simplement n introduire dans le tube central des cristaux de sulfate de cuivre, lorsqu'on s'aperçoit que la teinte bleue du liquide inférieur disparaît; 2' de proportionner la dépense au travail réellement produit.
PUes & oxyde de cuivre de MM. F. de Lalande et G. C3iaperon. — Les piles de Lalande réunissent à la fois les
22 L'ËLECTEtICITÉ DANS LA MAISON.
qualités de durée des piles Leclanché et la puissance de débit des piles au bichromate de potasse.
Elles varient de formes et de dimensions suivantlesapplicalioas auxquelles on les destine. En principe, elles comprennent toujours une lame ou un cylindre de zinc amalgamé comme métal actif, une solution de 30 ou 40 p. 100 de potasse caustique comme liquide excitateur, et de l'oxyde de cuivre en contact direct avec une lame de fer ou de cuivre comme dépolartsanl.
Grâce au choix des produits, la pile peut travailler sur un circuit ferme continu, pendant plusieurs jours, sans polarisation notable et presque jusqu'à complet épuisement des produits : la transformation de la potasse en zincate alcalin et la réduction progressive de l'ovyde de cuivre s'opèrent sans que les constantes varient sensiblement. La force électro-motrice initiale, quelques heures après le mon- *p^«te"i'*l'"d*n'i8i"ni.'*Ôr' l'i *^S*' ^'^ l'élément, est légèrement inloiyii» ds^punro loriqiie lapiic (it férlcure à 1 volt ; cu scrvIce couraol r.Fii.iecui.peref».i.ertduniui;eds contiou, cllc cst d'cnvIron 0,85 volt A. ca m traoem 1c miiicrcie pour ct sc maintient bicu à cette valeur.
former la p6Ic poiitir. — b. Spir.le , , . , ■ , - ■
d« linr amiLKamè (lupiKirièc pir une L«i rcsistancp mteneurc Varie avec bX'-F''!to^ni~dupS'e"néMtir- Ics dimeusious de l'élément; la durée V. ymb en ïtrrc. ^^ scrvice dépend à ta fois du débit et
delà quantité de matières actives, zinc, potasse caustique et oxyde de cuivre que renferme l'élément nu moment de son montage.
La figure 8 représente l'élément à spirale grand modèle destiné aux applications qui ne demandent qu'un courant peu intense ; télégraphie, téléphonie. Il a 18 centimètres de hauteur et 10 centimètres de diamètre et peut fournir 200000 coulombs ou 55 ampères-heure avec un débit qui, pour ce type d'élément, ne doit pas dépasser un demi-ampère.
Les êlémeots à grand débit {Gg. 9) présentent la Tonne d'une auge rectangulaire en (ôle de fer qui sert à la fois de récipient et de pâle. Le fond de l'auge est recouvert de biosydc de cuivre, et la lame de zinc amalgamé est disposé horizontalement au-dessus du biosyde à l'aide de quatre supports en ciment disposés aux quatre angles . Une couche de pétrole lourd placée au-dessus de la solution assure la fermeture de l'élément et soustrait la potasse à l'action de l'air.
Le petit modèle a 25 centimètres de longueur, 14 centimètres de largeur et 10 centimètres de hauteur. 11 peut débiter 6 ampères et fournir environ 800000 coulombs, ce qui correspond à un
Fig. 0.
- Élément J
1 auge (Unguour, 0-,40;.
kBKr ea lALr de tet. — B. Co 1 pâle potinr K niinl oinlFc uurf. - L. SoppoMi itdaleui
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de ruiirc Kcouirjnt lô Toad du I'iukc citrc I»rl6» p=r l-.ggf , - D, PItqu* da lioe. — H. ftiTH du pùle ntfmUI.
dépôt de 250 grammes de cuivre. Le grand modèle a 40 centimètres de longueur, 20 centimètres de largeur et 10 centimètres de hauteur. Son débit atteint lo à 18 ninj>èrcs et la quantité d'électricité qu'il peut fournir est de 1 800000 coulombs, soit oOO ampères-heure. Ce modèle à grand débit peut fournir à volonté I ampère pendant 500 heures, 10 ampères pendant 50 heures ou 15 ampères pendant 33 licures.
Les éléments â grand débit conviennent dans toutes les applications où l'on emploie la pile Bunsen, à la condition de remplacer chaque élément Bunsen de 20 centimètres par deux éléments à l'oxyde de cuivre en tension pour avoir la même force électromotrice. Ils peuvent être utilises à l'éclairage électrique par l'arc ou l'incandesceace, les grosses bobines d'induction, la galvano-
plastic, la charge des accumulateurs, etc. Ils préseatentsur les éléments Bunsen l'avantage de ne ilégagcr ni vapeurs nuisibles ni odeur désagréable; la pile fonctionne sans entretien ni nettoyage jusqu'à épuisement, et surtout, qualitéesscotîelle, ne consomme pratiquement rien en circuit ouvert. On n'est donc astreint à aucune manœuvre pour la faire passer de la période de travail ùla période de repos, elc'est bi sa supériorité surles piles au bichromate de potnsse. La seule critique qu'on puisse lui adresser est de faire usage d'une solution caustique comme la potasse; il faut avoir soin de reléguer la pile en un endroit où le renversement accidentel d'un élément ne puisse avoir de graves inconvénients.
Éléments hermétiques en fonte. — Ces nouveaux modèles ont l'avantage d'ôtre hermétiquement clos, d'être assez facilement transportables et de posséder une <;raude solidité, caractère des plus importants pour des éléments renfurmant un liquide caustique.
Dans le modèle de 9 centimètres ou à petit débit {fig. 10), le vase extérieur en fonte a l'aspect d'un obus.
Il constitue le pôle positif de l'élément : un tenon A, veau de fonte, sert h fixer la lame conductrice AG destinée aux jonctions. L'extérieur du vase est paraffiné à chaud, de façon à le rendre inoxydable et à empêcher les dérivations. Le zinc Dest formé par un cylindre de 0°',02 dediamètrc soudé à une tige de laiton K. fixée au bouchon de caoutchouc G, et portant la borne F. Le bouchon est, en outre, traversé par un tube métallique termine par une soupape II formée par un tube de caoutchouc fendu. Ces éléments sont généralement livrés rempHs de ta solution de potasse, de sorte que, pour les monter, il suffit d'y verser la
Fig 10 — f tcniLiit liirmcliqiii fonte — Modèle à peiit àibi
L\ PBODUCTION DU COURANT ÉLECTRIQUE. iS
dose convenable d'oxyde de cuivre qui se répartit sur le fond, en B, et de fenner l'élément au moyeu du bouchon de caoutchouc portant le zinc.
Cette disposition est particulièrement convenable pour le service intérieur des appartements {téléphones, sonneries). Ce modèle peut donner un débit allant jusqu'à 2 ampères. Un plu.t petitmodèle de Scentimètres de diamètre suffit amplement pour uQ service de plusieurs années sur une sonnerie d'appartement.
rîg.ir.
>, ^ ModClc hermétique à grande «orraco.
La figure 11 représente un autre type d'élément hermétique h grand débit (0",22 de diamètre) pouvant fournir jusqu'à 8ampères, ce qui permet de l'employer aux mêmes usages que les piles Bunsen, au bichromate, etc. (charges des accumulateurs, éclairage domestique, galvanoplastie, nickelagc, bobines d'induction, analyse spectrale, etc.). La disposition de cet élément ressemble d'ailleurs beaucoupùcelle du précédent. L'oxyde de cuivre B est également réparti sur le fond du vase; le zinc D, constitué par une longue lame enroulée sous forme de spirale, pour présenter une grande surface, est suspendu à un couvercle d'ébo-
nitc G, fixé sur l'ouverlure du vase a* noyen d'une bride évidée en fer et de trois ccrous : une rondeit de caoutchouc souple assure l'étanchcité du joint.
Ces éléments de grand modèle r* 'erment la même charge que les grands éléments h auge (2 kilogrammes de potasse et 0**,900 d'oxyde de cui Te) et peuvent les remplacer dans toutes les applications. Ils peuvent donner un travail considérable. Par exemple, une batterie d'éléments à auge a pu fournir plus de deux cents heures d'éclairage sur une lampe Edison de 5 bougies. En employant 6 cléff Is on a pu, pendant près de deux mois, faire un trava-l rie nikelage, à raison de sept heures par jour, qui nécessitait l'emploi de 3 éléments Bunsen :
ceux-ci devaient être remontés tous les deux jours et étaient loin de donner un courant aussi constant, ce qui causait des difficultés nopibreuses.
Ces modèles en fonte présentent la propriété remarquable de pouvoir donner sans polarisation un débitplus considérable que des éléments correspondauts non métalliques dont la surface couductrice en conlactavec f oxyde de cuivre serait aussi grande. Comme il ne se dégage pas d'liy(' ogène sur la fonte, MM. de Lalande et Chaperon pensent que grande surface doit néanmoins se charger d'hydrogène oc lus qui se transporte progressivement jusqu'à l'ozyde de cuivre et concourt aussi d'une façon continue à l'action dépolarisantc.
Signe conventionnel des FUes. — Une notion commode, et dont l'usage tend à se généraliser, consisie k représenter les piles par le signe conventionnel représenté figure 12. Le trait gros indique le pôle positif, le trait mince le pôle négatif, et le nombre de traits, gros ou minces, le nombre des éléments. La figure 12, par exemple, représente une pile de cinq éléments, dont le pôle positif est à gauche et le pôle négatif à droite.
Fig. I'!. — Signa convontionnel des piles
Ik PRODUCTION DU COURANT ÉLECTRIQUE. 27
Conploge des piles.' '- Les amateurs et les praticiens euxmêmes se trouvent quelqi<. Ibis embarrassés poursavoir comment ils doivent coupler une pile d nt ils possèdent un nombre déterminé d'éléments, dans le but d'à' ,,jnir, sur un circuit de résistance donnée, la plus grande intensité de courant possible avec ce nombre déterminé d'éléments. Ce sont les méthodes riui permettent d'établir sûrement ce montage, dans chaque cas pailiculier, que nous allons exposer, en évitant les formules compliquées, et en donnant quelques exemples pratiques qui en facilitent l'usage aux électriciens, même les moins habitués aux opérations algébriques.
La détermination do meilleur mode de monlagc est liée à trois
■ — iii
ïî-assi
fm
Fig. 13. — Courbe des
de l'intensilfï dea
quantités qui doivent ôtrc rimées en unités électriques, volts, ohms, afin de pouvoir être infiiîduites dans les formules. Ces quantités sont :
l' La force électro-motrice d'un élément E, exprimée en volts (1).
2° La résistance intérieure de cet élément *-, exprimée en ohms.
Ces deux quantités, qui se nomment les conslanlrs de la pile, sont le plus souvent fournies par les constructeurs; elles varient avec la nature et les dimensions de chaque élément.
3* La résistance du circuit extérieur R, exprimée en ohms.
Cette résistance comprend d'ailleurs la résistance des conducteurs
(1) Nous supposons, ce qui est le c ployés sont idenliquet.
a général, que tous les éléments em-
et celle de rélectro-aimant si c'est une sonnerie ou un télégraphe, de la spirale de platine si c'est un allumoir électrique, etc.
Dans le cas le plus simple, où un seul élément se trouve placé dans le circuit, Tintensité I du courant exprimée en ampères est alors :
Lorsqu'on dispose de plusieurs éléments, on peut faire plusieurs montages dont voici les extrêmes :
1® Tous les éléments montés en quantité, en batterie^on en surface, c'est-à-dire les zincs reliés entre eux, de façon à former une pile dont la force électro-motrice est celle d'un seul élément, mais dont la résistance intérieure est d'autant plus petite que le nombre des éléments est plus grand ;
2° Tous les éléments montés en tension, c'est-à-dire le zinc du premier élément relié au charbon du second, le zinc du second au charbon du troisième et ainsi de suite. On multiplie ainsi à la fois la force électro-motrice et la résistance intérieure par le nombre des éléments.
Entre ces montages extrêmes s'en place un certain nombre d'intermédiaires que nous allons préciser par un exemple.
Supposons que nous disposions de vingt éléments; ces vingt éléments donneront lieu aux six combinaisons suivantes :
1° 20 éléments en quantité, 1 en tension. — IP 10 éléments en quantité, 2 en tension. — IIP 5 éléments en quantité, 4 en tension. — IV° 4 éléments en quantité, 5 en tension. — V** 2 éléments en quantité, 10 en tension. — VI® 1 élément en quantité, 20 en tension.
Il convient d'adopter l'un ou l'autre de ces montages, suivant la résistance du circuit extérieur. On peut représenter par une courbe la variation de l'intensité du courant lorsque l'on fait varier la résistance extérieure. La figure 13 représente ces courbes tracées en portant en abscisses les résistances du circuit extérieur en ohms, et en ordonnées les intensités correspondantes en ampères. Pour simplifier les calculs de ces courbes, nous avons supposé une pile type dont la force électro-motrice serait exactement de 1 volt et la résistance intérieure de 1 ohm. C'est l'élément voll-ohm. Dans la pratique, ce type correspondrait à très peu près à un élément Daniell de grandes dimensions.
En consultant les courbes, on voit, par exemple, que sur un circuit extérieur dont la résistance extérieure est de 5 ohms, c'est-à-dire
cinq fois celle d*un élément, Ton obtient l'intensité maximum en disposant iO éléments en tension et 2 en quantité ; elle est alors de 1 ampère. En disposant les 20 éléments en quantité, on aurait seulement 1 = 0,22, pas beaucoup plus que ne donnerait un seul élément. Ces courbes mettent donc bien en relief l'influence du montage des piles sur Tintensité du courant . Elles montrent déjà une loi générale, que nous formulerons tout à l'heure, et qu'on peut indiquer en disant que le montage en quantité convient aux faibles résistances et le montage en tension aux grandes résistances. En comparant la courbe pointillée qui correspond à un seul élément, à la courbe VI, on voit que sur un circuit sans résistance, 20 éléments en tension ne donnent pas plus d'intensité qu'un seul. La comparaison de la courbe pointillée et de la courbe I montre, d'autre part, que, pour les grandes résistances, un seul élément donne autant d'intensité que 20 éléments en quantité. Les points de croisement de ces courbes indiquent les résistances pour lesquelles il est indifl^érent d'adopter l'un ou l'autre des montages correspondant aux deux courbes qui se coupent.
Voici maintenant les formules qui permettent de déterminer le montage qui donne le travail extérieur maximum et la valeur de l'intensité correspondante :
Soit t le nombre des éléments disposés en tension, q le nombre des éléments disposés en quantité, fi le nombre total des éléments :
L'intensité du courant dans un circuit extérieur de résistance R sera, si E est la force électro-motrice d'un élément et r sa résistance intérieure :
tK (a)
En faisant varier ^ et ^ de telle sorte que le produit tq reste constant, on aura un maximum pour le travail extérieur lorsque
Le travail extérieur est maximum lorsque le nombre des éléments montés en tension est au nombre des éléments disposés en quantité (q) dans le même rapport que la résistance extérieure (R) est à la résistance de chaque élément (r).
Exemple numérique, — Quel est le meilleur montage d'une pile de 8 éléments Daniell (E= 1,07 volts, r =6 ohms) pour actionner une sonnerie électrique dont la résistance est de 10 ohms placée sur une ligne dont la résistance est de 4 ohms?
D'après les données du problème : R = 10 + ^ = 14 ohms. La formule (6) donne :
En pratique, il faut prendre pour ^ et ^ les nombres entiers qui se rapprochent le plus de ce rapport. Dans le cas particulier, c*esten prenant ^ = 4, 9 = 2, que l'équation sera le mieux satisfaite.
Dans ces conditions, l'intensité du courant, calculée par la formule (a), sera:
I=i:0,19 ampère.
En montant les 8 éléments en tension, t= 8, y =l,la formule (a) donne :
En montant les 8 éléments en quantité, ^=1,^=8, la formule (a) donne :
r=:-il£i.— 0,07 ampère.
On voit que ce dernier montage donnerait une intensité près de trois fois moins grande que celui qui correspond au maximum.
Les formules [a) et {b) permettent donc, lorsqu'on connaît les constantes des piles, le nombre d'éléments dont on dispose et la résistance du circuit extérieur, de déterminer le rapport entre ^ et 9 qui rend I maximum, et de calculer exactement la valeur de cette intensité correspondant à chaque montage particulier.
Nous donnerons en terminant quelques chiffres pratiques relatifs aux piles les plus employées dans les applications domestiques, et qui pourront servir de guide lorsqu'on voudra installer soi-même des sonneries électriques, des allumoirs, etc.
Les piles Leclanché à vase poreux ont une force électromotrice de 1,4 volts et une résistance intérieure de 5 ohms. Les nouveaux éléments Leclanché à plaques agglomérées ont la même force
électromotrice, mais la résistance intérieure n*est plus que de 1,2 ohm. Lorsqu'ils sont usés, la force électromotrice tombe à 1 volt et la résistance intérieure atteint 2,5 ohms.
Les éléments Daniell ont une force électromotrice de 1,07 volt. Leur résistance varie beaucoup avec leurs dimensions. Le grand modèle rond de 20 centimètres de hauteur a 3 ohms de résistance ; les modèles employés dans la télégraphie varient entre 5 et 20 ohms de résistance.
La pile Reynier a pour constantes E= 1,35, r= 0,08.
La pile Bunsen a pour force électro.- motrice 1,8 volt, le modèle rond de 20 centimètres de hauteur a pour résistance 0,25 ohm. Le modèle plat de RuhmkorfTn'a que 0,06 ohm de résistance intérieure.
L'élément au chlorure de chaux de M. Niaudet a pour constantes E=l,6, r=5.
La pile au bichromate de potasse a une force électro-motrice de 2 volts au commencement de sa charge, la pile-bouteille de un litre a une résistance d'environ 1 ohm.
Ces chiffres ne sont qu'approximatifs, du moins pour ceux qui se rapportent à la résistance intérieure, très variable avec la saturation des liquides, la surface des plaques, leur distance, etc. ; en tout cas, ils peuvent servir de guide dans les mesures et dans les applications, et permettent d'éviter des erreurs grossières.
L'intensité des courants est très variable, suivant la nature des applications. Pour nous en tenir aux applications domestiques et télégraphiques, nous citerons quelques chiffres, résultats d'expériences.
Les allumoirs à pile à bichromate de potasse fonctionnent avec des courants qui varient entre un ampère et un dixième d'ampère, suivant la grosseur de la spirale incandescente.
Les sonneries domestiques fonctionnent très bien avec deux éléments Leclanché à plaques agglomérées (E = l,4, r = i,2) montés en tension, la résistance des fils ne dépasse pas 2 ohms, celle de la sonnerie varie entre 5 et iO ohms.
Dans ces conditions moyennes l'intensité est donc :
^ X 1 4 I=^r--— TT-^— 77^= 0,53 ampère.
La polarisation des éléments, les mauvais contacts, etc., réduisent cette intensité à 0,20 ampère ou 200 milliampères. Les courants télégraphiques, dans les conditions ordinaires, n'ont pas plus de 10 milliampères d'intensité, soit vingt fois moins. L'attraction de l'armature est la même dans les deux cas. Cette différence tient à ce que, dans
les sonneries domestiques, le fil relalivementgros fait un petit nombre de tours sur Télectro-aimant, tandis que dans les appareils télégraphiques le nombre de tours du fil est beaucoup plus grand. La puissance attractive dépendant à la fois de ces deux facteurs, on gagne par l'intensité ce que Ton perd parle nombre de tours, et réciproquement, les électro-aimants des sonneries domestiques étant disposés pour des circuits courts, les électro-aimants télégraphiques étant, au contraire, établis pour des lignes très résistantes.
Il faudra donc, avant d'établir des éléments de pile sur un appareil donné, déterminer exactement sa résistance propre et l'intensité de courant nécessaire à son bon fonctionnement.
La formule (a) fera connaître alors le nombre d'éléments d'une pile dont les constantes E et r sont connues, nécessaire pour produire une intensité I dans le circuit de l'appareil, car en la combinant avec la formule (6), on aura un système de deux équations à deux inconnues toujours résoluble. En effet, les formules (a) et (b) donneront t eiq, la valeur de n sera le produit, à condition de prendre pour / et ^ les nombres entiers immédiatement supérieurs à la valeur exacte, les éléments de pile ne pouvant être fractionnés. Dans le cas où le nombre d'éléments n est déterminé à l'avance, la formule {b) fera connaître le montage qui donne l'intensité maximum, et la formule (a) donnera la valeur de cette intensité. On saura alors si elle est su périeure ou inférieure à celle qu'exige l'appareil pour bien fonctionner.
L'application la plus simple, la plus direcle et la plus pratique Tcrs laquelle Télcctricien amateur pourra diriger son activité et sur laquelle il pourra exercer avec fruit les premières connaissances électriques et en tirer rapidement des résultats tangibles... et bruyants, est sans contredit la pose des sonneries électriques destinées au service d'un appartement, d'un hôtel, d'une maison de campagne, etc. C'est donc par elles que nous commencerons notre revue des applications de l'amateur, en indiquant minutieusement tous les points nécessaires à connaître dans cette première et décisive manifestation électrique, la pose d'une sonnerie éiectriqtœ. Réduit à sa plus simple expression, le système comprendra toujours au moins quatre parties : le générateur électrique qui, ici, sera toujours une ptie ; la canalisation, formée de conducteurs convenablement isolés ; le contact y destiné à établir une communication électrique ou un circuit fermé entre la pile et la sonnerie, et enfin la soww^ie elle-même. Nous passerons ensuite en revue les montages les plus employés dans les cas ordinaires de la pratique.
Piles. — La pile qui convient le mieux aux sonneries électriques est la pile Leclanché. Les éléments à vase poreux suffisent lorsqu'on ne veut faire usage exclusivement que de sonneries; lorsqu'on veut installer en même temps des allumoirs, des avertisseurs d'incendie, des horloges électriques, etc., nous conseillons remploi de Vêlement disque à trois plaques agglomérées. Quatre éléments disque en tension suffisent dans la plupart des cas.
Hospitalier. — L'électricité dans la maison. 3
Le petit modèle des piles de Lalande et Chaperon convient également bien pour les sonneries; il suffît aussi de trois à quatre éléments en tension pour actionner une sonnerie dans un appartement, la place occupée par la pile est alors excessivement restreinte. Nous renvoyons à ce que nous avons dit précédemment sur ces piles pour leur montage, leur mode d'emploi, leur durée, etc.
Pose des conducteurs. — Les conducteurs placés à Tintérieur des maisons sont presque exclusivement en cuivre rouge. On les enduit d'un mélange de poix, de bitume et de gomme laque ; on les garnit encore d'une gaine de gutla-percha plus ou moins épaisse pour les isoler.
On peut aussi se servir, pour des installations de peu de longueur et dans des endroits bien secs, de fil simplement recouvert de soie ou de coton, ou même de fil de cuivre nu, dont le prix est moins élevé, mais l'installation des fils demande alors des précautions toutes particulières pour l'isolement, et l'on préfère en général le fil recouvert de gutta et de coton, qui est le meilleur et le plus facile à installer. En France, on désigne les fils par un numéro. C'est là un système que nous n'adopterons pas, pour deux raisons. Le numéro d'un fil n'indique rien à l'esprit relativement à son diamètre, surtout pour les amateurs qui n'ont pas souvent occasion d'en faire usage; d'autre part il existe, en France seulement, deux jauges différentes, la jauge décimale et ia jauge carcasse, et si on n'a pas soin de bien spécifier le nom de la jauge, il en résulte des confusions.
Nous désignerons donc les fils par leur diamètre en dixièmes ou en centièmes de millimètre, ce diamètre se rapportant au fil de cuivre nu, sans sa gaine de gutta, de soie ou de coton. Nous ne saurions trop engager les amateurs à faire leurs commandes de fil en ne désignant la grosseur que par le diamètre, pour faire perdre aux fabricants la déplorable habitude du numérotage, qui n'a de raison d'être que l'empirisme et la routine.
Les grosseurs des fils à employer dans les installations varien* avec la longueur du circuit, la nature des appareils dessertis et
le nombre des éléments dont on dispose. Nous «donnerons quelques chiffres qu'on peut considérer comme des moyennes dans la pratique.
Prenons pour exemple une installation, assez fréquente à présent, et qui consiste à placer une pile de trois ou quatre éléments dans le sous-sol ou dans la loge du concierge d'une maison pour actionner toutes les sonneries de porte d'entrée et des intérieurs de différents étages.
Dans ces conditions, on fera usage de trois grosseurs de fils :
1* Entre la pile placée dans le sous-sol et Tescalier on mettra du fil de onze dixièmes (sous-entendu de millimètre) ;
2* Dans les escaliers, comme colonne montante, du fil de dix dixièmes ou d'un millimètre ;
3* Pour les communications à l'intérieur des appartements, le fil de neuf dixièmes sera très suffisant.
En principe, sauf la réserve relative au prix d achat du fil, il ne faut pas craindre d'employer du fil trop gros.
Dans le cas où nous nous sommes placés, on peut, dans les grandes villes, d'ailleurs économiser la moitié de ce fil en reliant le négatif àe la pile aux tuyaux d'eau et de gaz ainsi que tous les branchements qui aboutissent à ce pôle négatif; les tuyaux d'eau et de gaz jouent ainsi parfaitement le rôle de fil de retour et simplifient Tinstallation.
Les fils recouverts de soie et de coton de toutes nuances s'assortissent très facilement aux papiers et aux tentures. On doit les poser en les tendant sur les murs en évitant autant que possible qu'ils les touchent, surtout dans les parties saillantes qui finiraient par couper l'isolant ; on les dissimule dans les moulures, les corniches, les coins, et quelquefois dans des baguettes creuses, pour les installations de luxe.
Pour maintenir les fils en place, on se sert pour les parties droites d'isolateurs en os (fig. 14, n** 1) maintenus sur le mur à l'aide de clous, et on y arrête le fil en lui faisant faire un tour sur lui-même ; pour les angles rentrants on se sert de crochets émaillés (fig. 14, n"" 2) de grosseur convenable. On s'est servi aussi de
clous recourbés en U ou cavaliers (fig. 14, n* 3) dont la pose est des plus simples et le prix très.modique, mais on y renonce parce qu'ils coupent Tisolant et quelquefois même le conducteur. Cependant ils peuvent rendre de réels services, surtout dans les installations provisoires, ou lorsqu'on sait les poser avec soin et discernement.
Lorsque les fils traversent les murs, il est important de les préserver de Thumidité ; on les recouvre alors d'un tube en caoutchouc d'un diamètre convenable et dépassant de deux ou trois centimètres de chaque côté du mur, pour préserver les fils du contact des arêtes vives du percement.
he^ jonctions des fils entre eux se font en dénudant les deux extrémités à jonctionner sur une longueur de 4 à 5 centimètres, on les nettoie avec du papier de verre et on corde les deux bouts en enroulant le fil n* 1 cinq ou six fois sur le n** 2 et réciproquement.
On recouvre ensuite la jonction d'une feuille mince de gutta ramollie en la roulant entre les doigts, et ensuite avec une garniture de coton analogue à l'enveloppe des fils reliés. Lorsque le fil est double, il est prudent de ne pas faire les jonctions à la même hauteur, on les espace alors de 5 à 6 centimètres, juste assez pour qu'elles ne soient plus en regard, une fois le fil tendu. L'on doit éviter avec soin que ces jonctions se trouvent à l'intérieur des percements.
11 est souvent commode d'employer deux fils recouverts de gutta enfermés dans la même gaine de coton ou de soie.
Il est facile d'utiliser ces fils doubles, sans augmentation sensible de prix, comme avertisseurs automatiques d'incendie en les établissant comme le fait M. Charpentier. Les deux conducteurs parallèles sont séparés par un fil mince d'alliage fusible. Ga cas
Fig. 14. — Pose des conducteurs.
1. Clou et isoloir en os. — 2. Clou à crochet émaillé. — 3. Cavalier.
LES SO.NMERtBS ftLBCTHlQUES. 37
d'inceadie, l'isolant brûle, l'alliage fusible fond rapidement et établit une communication électrique permanente entre les deux
conducteurs. La sonnerie correspondante fonctionne alors d'une
manière continue et avertit de l'accident.
La liaison des fils avec les paillettes des contacts ou les bornes
de sonnerie ne présente aucune difficulté. Bien que les Gis de
cuivre recouverts de gutta soient généralement employés dans les installations domestiques, on se sert quelquefois de câbles ou de fils galvanisés tendus sur poteaux lorsque les distances sont un peu grandes; mais ces installations se font surtout pour la pose
Fig. 15. — BouLoii ordiuaire k deiu paillottes.
des communications téléphoniques, et nous en pnrlerons à propos des (éléphones.
Contacts. — On désigne sous le nom général de contact tout appareil qui, par un simple mouvement mécanique, permet d'établir une communication électrique, de fermer un circuit sur un appareil ou une série d'appareils déterminés.
La disposition la plus simple du contact est lebouton ordinaire ù deux paillettes (Sg. 15). Il est assez connu pour que nous nous dispensions de le décrire : il varie de forme, de grandeur, de nature, etc., avec les besoins. On le fait en bois, on ébonile, en porcelaine, en bronze, en cuivre, en ivoire, en celluloïd, etc. Le modèle le plus simple coûte 50 centimes. On le fixe simplement contre un mur, un panneau, etc., à l'aide de deux visu bois, en ayant soin de tamponner préalablement, si le bouton est fixé contre un mur. Pour les portes extérieures on emploie des boutons dont le contact ne se fait pas à l'aide de paillettes, mais
à l'aide de pièces mélaUiquesglissanit ie forme conique(fi^. On emploie aussi dai ~ le même but"ùcs coulisseaux.
Ces contacts extérît s sont plus solides, plus rustiques, n facilement démontables que les boutons ordinaires; ils sont
rig. 16.
porte d'entrée.
moins exposés à ^e déranger par l'oxydation, carie contact s par glissement et frottement, ce qui produit un décapage pe nent des surfaces.
Dans les bureaux, les administrations, les hôtels, etc., oi a besoin d'appeler plusieurs personnes différentes, on em
Fig. IT. — Conlicts malliples pour hureaui.
des contacts multiples, dont la figure 17 indique quelques dis lions. La main constitue un système à contacts multiples pr papier. On fait les appels en appuyant sur Tune ou l'autn pierresdu bracelet. Un fil souple à plusieurs conducteurs é) les communications nécessaires.
LES SO 'lES KLKCTRIOIKS. 3»
rll est quelquefois plus imode et plus pratique d'avoir ua itact mobile; oole plac< :lors à retlivi<;'^té d'un conducteur
Fig. IS. — Can lacis mobiles-
souple. La figure 18 r emplovées. Le n° 4 dei <
■ quelques-unes des dispositions . 18 donne le lypc d'un système à
Fig. 10. " Tirages de cM et en deasaui.
tirage. Le contact électrique est placé à la partie supérieure, dissimulé le mieux possible près des corniches du plafond, et le contact s'obtient en exerçant une traction sur un cordon plus ou moins ornementé. Le cordon de tirage offre l'avantage d'être plus
40 L'ËLECTRIClTfi DANS LA HAI50M.
facile à trouver et à manœuvrer, il est très utile dans une anticliambre, par exemple, lorsqu'en rentrant le soir on veut se procurer facilement et rapidement de la lumière à l'aide d'allumoîn électriques dont nous décrirons quelques types. Les dlspositioDS intérieures de ces tirages sont très variées; la figure 19 en montre quelques-uns ; a et c sont des tirages de côté; b est un tirage m fffssous, qui permet de mieux dissimuler la boite qui le contient à l'aide d'une rosace faite avec le cordon lui-même, ou d'une garniture de passementerie fixée à la partie supérieure.
Contact à soulèvement de M. Charpentier. — Nous devons signaler, à propos des contacts, une disposition asseï ingénieuse duc à M. Charpentier, dans laquelle le bouton de tirage ou plutôt le bouton de soulèvement, comme nous allons le voir, sert à la fois de contact ordinaire |et d'avertisseur d'incendie. A cet effet, le cordon, assez léger et combustible, est suspendu en C (fig. 20); il supporte un poids assez grand pour que la bague métallique D soitabaissée au-dessous des deux points A el 11. Oa établit le contact en soulevant le poids suspendu en C, car sous l'action d'un ressort, la bague D remonte et établit la communication métallique comme le montre la figure. L'avantage de celte disposition consiste en ce que, si le fil qui supporte le poids vient à brûler, le poids tombe, la rondelle D remonte et établit le contact dune façon continue el fait fonctionner la sonnerie en sonnerie d'alarme.
A propos des avertisseurs d'incendie, nous décrirons d'autres contacts combinés pour jouer à la fois les deux rôles.
Pour terminer, nous signalerons encore deux dispositions de
flg. îO. — Conwct à BOulèTement de H. Charpentier.
LES SONNERIES ËLECTR1QUB5. 41
pédales de parquet pour bureaux el salle à mauger (fig. 21 }, dont on devine sans peine le ronctionnement, el les contacts de portes (fig. 22) destinés à faire fonctionner automatiquement une sonnerie lorsqu'on ouvre ou que l'on ferme une porte.
Le contact de feuillure (fig. 22] rompt le circuit lorsque la porte est fermée et le fait fonctionner tout le temps que la porte reste ouverte, ce qui est quelquefois un inconvénient auquel on re-
Fig. îl. — Podaloï do parquet.
niédie en intercalant un commutateur à main quelque part dans le circuit entre le contact et la sonnerie ou la pile. Le contact de porte ne fonctionne qu'un instant chaque fois que la porte est
;. !!. — Contacta aatoniKtiqucs.
ouverte ou fermée. La disposition représentée qui fournit un coniacl par froliemenl donne beaucoup de sûreté.
Lorsque la sonnerie ne doit fonctionner qu'en ouvrant la porte, et non pas en la fermant, on emploie une disposition spéciale dile pied-de-biche, qm supprime le contact électrique au moment de la fermeture.
Tels sont les principaux contacts employés dans la pratique; leurs dispositions peuvent varier à l'inlini suivant les applications qu'on a en vue: ce que nous en avons dit suffit pour ré-
soudre tous les cas que rencontrera l'amateur voulant établir luimême ses sonneries électriques.
Sonneries. — L'on emploie le plus souvent les sonnerief trembleuses, dont la figure 23 représente une forme des plus simples et d'un prix très modique. Elle se compose d'une pièce en fonte malléable en forme il'éqiierre, qui constitue, en
Fig. Ï3. — Sonnerie Irenablouse, modèle simple.
quelque sorte, la carcasse du systcmc, car elle supporte à la fois le timbre, l'clectro-aimant, le ressort antagoniste, l'annature etie marteau. L'interrupteur avec sa vis de réglage est fixé sur une petite plancbetic en chône sur laquelle vient se fixer la boite qui protège le système de la poussière. La sonnerie se fixe sur le mur à l'aide de deux clous à crochet et de deux agrafes.
Dans des dispositions plus soignées, mais plus chères, le sup-
LES SONNERIES ËLEGTRIQCES. 43
port de la tîs de réglage du contact est placé sur le même support métallique que I electro-aimantet le timbre; on a ainsi un système presque indéréglable, surtout lorsque la vis de réglage est maintenue fortement serrée par un contre-écrou.
On construit sur ce dernier modèle des sonneries de toutes dimensions, arec des timbres dont le diamètre varie entre 5 et 30 centimètres. Pour distinguer les sonnettes entre elles, et suivant le goût des clients, on construit ces timbres en bronze
Flg. U. — Sonnerie systimc de Dcdoii.
Sons forme de timbres, de clochettes, de grelots, en bois de gaïac, qui donne un son mat tout spécial, ou même en cristal. .Nous n'avons pas à décrire ici le mode de fonctionnement des sonneries trembleuses qui est bien connu; la tendance aduelle est de les construire entièrement sur plaque métallique pour éviter le déréglage.
Lorsqu'on n'emploie pas de tableaux indicateurs, on munît quelquefois la sonnerie d'un index ou lapin qui se déclanche et tombe lorsque la sonnerie a fonctionne, indiquant ainsi l'appel par un signal permanent lorsque la personne à laquelle l'appel
s'adresse s'est absentée un instant. On efface le signal en renclanchantle lapin.
La sonnerie de M. de Redon a été combinée dans le but de marcher dans toutes les positions, posée à plat sur une table, accrochée contre un mur, ou placée sur un véhicule soumis à des trépidations. Tout le mécanisme (fig. 24) est disposé dans une petite boite ronde dont le couvercle hémisphérique est constitué par le timbre : on obtient ainsi un appareil très portatif, peu encombrant, et qui, par ses formes symétriques, peut se prêter à un certain effet décoratif.
L'électro-aimant est placé sur le fond de la boite et agit siEt une armature fixée à un ressort replié en demi-cercle.
IIP
Fig. 35. — Montage simple d'une sonnerie et d'un bouton.
Une petite languette découpée sur ce ressort sert d'interrupteur vibrant et une petite boule de laiton diamétralement opposée constitue le marteau.
Chaque fois que Tarraature est attirée, le ressort s'infléchit, et le marteau est lancé contre le timbre : lorsque le courant cesse, le ressort reprend sa forme primitive et ramène le marteau en arrière.
Montages. — La figure 25 représente le diagramme du montage le plus simple qu'on puisse imaginer : une pile P, un bouton de contact 1 et une sonnerie S.
La figure 26 montre le montage d'une pile unique alimentant plusieurs sonneries distinctes actionnées par plusieurs boutons distincts.
La figure 27 représente le montage d'une pile P faisant fonc-
lionne r une sonnerie S actionnée par trois boutons distincts 1, 2, 3. Si le gaz est installé dans Tappartement, le fil représenté
— ~^. / rw m
Hll|lp
Fig. 26. — lasUllation d'une pile dans le sous-sol pour alimenter les
différents étages d*unc maison.
par une ligne ponctuée sur la figure peut être facilement supprimé; il suffit de relier la borne de gauche de la sonnerie S et le pôle négatif de la pile aux tuyaux de gaz.
Hl
Fig. 27. ~ Montage d'une sonnerie unique actionnée par plusieurs
boutons distincts.
A Taide de trois fils et d'une seule pile il est possible d'établir deux boutons et deux sonneries réciproques, c'est-à-dire qu'en
appuyant sur le boutoa 1 (rig.28),Ia soanerie S, fooctioaneseule, et que le bouton i n'actionne que la sonnerie S^. Le diagramme suffît pour indiquer le montage.
Fig. Ï8. — MonUgc de dcui sonneries réciproques
Dans certains cas où l'on dispose d'une sonnerie et où l'on
Fig. Ï9. — MonUgo d'uu appel ï trois directions distinctes.
besoin de faire trois appels distincts, A, B et C (fig. 29), il est facile d'utiliser cette sonnerie unique, som tableau (Tappei, four
distinguer facilemeiit quel est le bouton A, B ou C qui a appelé. Pour cela, il suffit de prendre une sonnerie ordinaire {fig. 30) et de lui ajouter une borne 2 reliée électriquement au support de l'armature. On établit le montage comme l'indique la figure 29 on ayant soin d'intercaler une résistance K de longueur convenable entre la borne 3 de la sonnerie et le bouton C. On aura alors trois appels distincts et bien caractérisés:
1' En appuyant sur A, le son sera celui d'une trembteme ordinaire puissante ;
â* En appuyant sur B, l'armature sera attirée une seule fois et frappera un coup unique, on aura ainsi une sonnerie à mi coup;
3° En appuyant sur C, la trembleuse donnera un son afTaibli parla résistance R, et qu'il sera impossible de confondre avec celui de A.
Il sera pratique d'établir le contact B comme timbre à la porte d'entrée, le contact à trembleuse ordinaire pour le salon ou la chambre à coucher, et le contact afTaibli dans la salle à manger, parce qu'à l'heure où l'on en fait usage, la personne à qui l'appel s'adresse se trouve toujours, par la nature de sun service, à proximité de la sonnerie et n'a pas besoin par conséquent d'un appel bruyant. On évite ainsi la dépense d'un tableau indicateur à trois numéros pour les petites installations, ce qui constitue une certaine économie.
La sonnerie à trois bornes, mais un peu modifiée dans son réglage et son montage (fig. 31), permet de réaliser une sonnerie cofttinue. Chaque fois qu'on appuie sur le contact, quelle que soil la durée de ce contact, la sonnerie continue Toactionne jus-
Fi); 30 — Sonner e doul c coup et IremVleuse
qu'à ce qu'on soit venu arrêter son fonctionnemeni par une manœuvre spéciale, ce qui constitue, dans bien des cas, une sécurité ou un contrôle.
Il suffit de jeter un coup d'œil sur la figure 31 pour compreodre le montage. En temps ordinaire, le commutateur T intercalé entre la borne 1 de la sonnerie et le pôle positif de la pile ferme le circuit, mais il n'y a pas contact entre le grain de l'armature et celui du ressort relié à la borne 3, la sonnerie ne fonctionoe donc pas. En appuyaol sur le contact B, le courant de la pile passe par Set 1, l'armature est attirée et reste appliquée contre l'électro-aimant ; lorsqu'on cesse d'appuyer, elle s'éloigne en vertu de l'élasticité du ressort auquel elle est fixée, mais, par suite de la vitesse acquise, elle dépasse la position primitive, les deux grains se touchent, il passe alors un courant dans l'électro par 3 et 1, l'armature est attirée, le contact se rompt, l'armature recule, rétablit le contact, est attirée de nouveau, et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'on ait interrompu pendant un instant le circuit en T et que l'armature ait repris sa position de repos.
Voici un cas où ce montage est fort utile. Lorsqu'une maison de campagne est un peu éloignée de la grille d'entrée, les domestiques laissent souvent le visiteur sonner sans répondre. Avec la sonnerie continue, si l'on a la précaution de placer l'interrupteur près de la grille, il faudra forcément que l'on aille k la porte pour faire cesser la sonnerie continue.
La disposition est aussi à recommander pour une boite aux
Fig. 31.
LES SONNERIES ELECTRIQUES. 40
lettres; chique fois que le facteur apportera des papiers, il soulèvera la petite porte oblongue qui ferme Tenlrée de la boîte ; on peut utiliser ce contact pour faire fonctionner la sonnerie continue... jusqu'à ce que le domestique soit venu recueillir les lettres.
Comme il est à craindre que le domestique oublie sciemment de rétablir le contact en T^ il est facile de forcer sa bonne volonté en disposant ce contact de telle sorte qu'il soit obligé de le rompre pour ouvrir la grille ou la porte de la boîte aux lettres et qu'il soit obligé de le rétablir pour refermer la grille ou la boite.
On voit par ces quelques exemples que le montage des sonneries électriques peut varier à Tinfini et ne présente pas de difficultés bien sérieuses. Il suffit d'un peu de soin et d'attention pour la pose des fils.
Les indications générales ci-dessus s'appliquent également bien aux tableaux indicateurs dont la pose est aussi faciletque celle des sonneries simples.
Hospitalier. — L'électricité dans la maison.
A côté des appareils de sonnerie et d'indication se placent tout naturellement les avertisseurs automatiques destinés, comme leur nom l'indique, à indiquer automatiquement et à prévenir les intéressés de la production d'un phénomène ou d'un accident quelconque.
Leur nombre et leurs dispositions varient à l'infini, nous nous conéenterons d'en indiquer quelques-uns, à titre d'exemplei car l'électricité est un champ fécond en ressources de ce côté: les inventeurs l'ont exploité avec passion, et un volume entier ne suffirait pas à passer en revue les systèmes mis au jour avec plu ou moins de succès.
Indicateurs thermométriques. — Concevons une tige e platine pouvant glisser à l'intérieur du tube d'un thermomètre dont l'extrémité inférieure peut être arrêtée en regard d'un degr quelconque. On comprend que dès que la température atteindr ce degré, le mercure viendra en contact avec la tige et qu'o pourra utiliser ce contact métallique à fermer le circuit sur un sonnerie d'alarme, un électro commandant un robinet de gaz o tout autre appareil convenable.
Avertisseurs d'incendie. — La plupart des avertisseui:*» d'incendie sont fondés sur le même principe que les indicateui^s thermométriques.
L'avertisseur de MM. Gaulne et Mildé présente l'avantage de servir en même temps d'appel ordinaire pour le service domestique, il ne demande donc pas d'installation spéciale.
L'avertisseur de M. G. Dupré se trouve dans le même cas. Pour transformer les contacts ordinaires eo appareils avertisseurs,)!. Dupré adapte, au-dessus delà lame de contact inférieure du bouton, une petite pièce de butée munie d'un morceau d'alliage fusible, assez épais pour empêcher, en temps ordinaire, le . contact des deu\ ressorts de l'interrupteur. Dans ces conditions, le bouton de sonnerie fonctionne comme un bouton ordinaire, maïs quand le morceau d'alliage fusible vient k fondre à la tempéralurejugée convenable qui est environ 37* c, le ressort inférieur, dégagé de l'obstacle qui l'empêchait de se soulever, se relève et se met en contact continu avec le ressort supérieur, et la son-
nerie tinte d'une manière continue, prévenant ainsi qu'un ecbauffement atteignant 37° s'est produit près du boulon.
Dans la Ggure 32, A représente le ressort supérieur, B la lame inférieure qui est recourbée en forme de V pour faire rcssorl et qui. abandonnée à elle-même, viendrait se mettre en contact atec A. Le morceau d'alliage fusible est en C el se trouve maintenu appliqué sur le ressort par une vis qui traverse la lame B. Dans la figure 33, ledispositif est à peu près le même. Le ressort inférieur est en B, le morceau d'alliage fusible en C, et le ressort supérieur A recourbé en S subit les effets de la traction exercée sur le cordon de sonnerie par l'intermédiaire d'un doigt toge dans la partie creuse du ressort. Quand le cordon est abaissé, le
doigt frotte sur la partie boinbée. du ressort, rabaisse contre l< ressort inférieur, et le contact étant produit, la sonnerie correspondante retentit. Au contraire, quand le cordon restant Sjne Talliage fusible disparaît, le ressort B vient toucher le ressort A d'une manière continue et prévient de l'accroissement subit de la température.
Pyroménites de M. Porgeot. — Ces appareils avertisseu rs
Fig. 34. — Pyroménite Forgeot.