Circuit ouvert. — 2. Cas d'incendie, circuit fermé
du feu sont aussi fondés sur Télévationde température produite par l'incendie en un point donné.
Fig. 35. — Pyroménites.
A,Ai,A.2.-.- disposés en série. — S. Sonnerie. — P. Pilr.
Une tige cylindrique en porcelaine, ivoire, ou tout autre matière isolante, de 2 centimètres environ de longueur, de 3 à 4 millimètres de diamètre, porte h ses deux extrémités deux montures métalliques munies de crochets A et B, où viennent s'attacher les rhéophores de la pile qui met en action une sonnerie électrique. Que les deux montures A et B viennent à être mises en communication métallique et aussitôt, le circuit étant fermé, la çonnerie fonctionne.
AVERTISSEURS AUTOMATIQUfc'S. oS
N'^oici maintenant dans quelles circonstances et par cfuel procédé se fait la communication électrique :
Un ressort métallique à boudin r entoure la tige isolante et sappuie d'un côté sur la monture B, de Tautre sur une petite goupille e en métal fusible, insérée dans un trou qui traverse la lige à 2 ou 3 millimètres de la monture A. Quand le ressort est ainsi tendu, le circuit est ouvert; mais dès que la température de fusion de ralliage(55'')est dépassée, la goupille fond, le ressort se détend et va loucher la monture A : le circuit est fermé et la sonnerie se rtiet en branle.
On comprendra maintenant aisément la disposition à donner à lappareil pour qu'il s'acquitte de son rôle d'avertisseur du feu. Quand, dans un appartement quelconque, on fixe une série de ces appareils minuscules, tous reliés ensemble et à la pile de la sonnerie par des fils communs, fils que leur enveloppe de soie permet d'enchevêtrerpour diminuer autant que possible l'espace qu'ils occupent, Ton peut être assuré qu\iussitôt qu'une température anormale, provoquée par un commencement d'incendie, se fera sentir en un point de cette ligne de vedettes, la sonnerie donnera instantanément le signal du danger.
Le point de fusion de la goupille est oo*"; mais on peut faire varier ce point en modifiant la composition de lalliage fusible; on sait, par exemple, que l'alliage Darcet ne fond qu'à 94**. Une haute température pourrait détruire Télaslicité du ressort, mais le contact électrique serait établi bien avant qu'une telle limite fût atteinte.
Un point important, c'est d'assurer l'intimité de ce contact entre les spires extrêmes du ressort et les montures qui reçoivent les rhéophores. Dans ce but, ces montures et le ressort lui-même sont dorés ou nickelés et préservés ainsi de l'oxydation. Mais le contact peut encore être empêché par les poussières, les toiles d'araignée qui, à moins d'un nettoyage fréquent et assujettissant, ne manqueront pas de se déposer entre l'extrémité du ressort tendu par la goupille et la monture voisine. Pour obvier à cet inconvénient, chaque appareil peut être enveloppé d'une bau-
druche très fine tendue de manière h ne gêner en rien le mouv"^' ment du ressort, comme l'indique la figure 36. M. Jules Forgeot fait de son appareil, par un simple change*
ment dans la substance qui compose I^ goupille (en employant une matière soli^^ He, au lieu d'une matière fusible), ur»
, . avertisseur des voies d eau, pour les caves-
Fig. 36. - Pyromémte . '' J^
préservé des poussières par Ics cales des navires, etc. Le pyromenite une enveloppe en baudru- devient alors un hydroménite.
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Avertisseur d'incendie E. H. —
Tous les appareils décrits jusqu'ici comme avertisseurs d'incendie sont plutôt des avertisseurs de température. Ils risquent, si le réglage n'est pas convenable, de ne pas fonctionner l'hiver ou de fonctionner trop tard, et Tété de donner de fausses alarmes. Uu anonyme d'Amiens nous a envoyé à V Électricien^ en janvier 1882, la description d'un avertisseur dont nous lui laisserons développer lui-même le principe .
« Ce qui frappe le plus dans un incendie, dit M. E. H. d'Amiens.
Fig. 37. — Avertisseur d'incendie de M. E. H. d'Amiens.
c'est la rapidité avec laquelle il se déclare; ce n'est donc pas sur l'élévation de température, maissurlarapiditédecette élévation de température dans les incendies que doit se baser tout avertisseur. « C'est en me basant sur ce principe que j'ai construit le petit appareil suivant :
« Cet appareil, d'une simplicité remarquable, et qui serait d'un prix très modique, se compose de deux couples thermoscopiques distiDcts. Ce sont deux lames métalliques en forme d'U ; chacune de ces lames est composée d'une lame de cuivre et d'une lame de zinc soudées ensemble. Les couples zinc et platine sont les plus sensibles, mais le platine coûte plus cher que le cuivre, et il est difficile de trouver une soudure dont le coefficient de dilatalion soit moyenne proportionnelle entre S.Zm et $.P/.
1 Zinc 0,000029
Coefficienls de dilatalion. . . Laiton 0,000018
l Platine 0,000008
« L'un des couples est très épais, et l'autre excessivement
mince ; dans Tappareil qui m'a servi à faire mes expériences,
lun des couples a un cinquième de millimètre d'épaisseur, et
l'autre un millimètre et demi; il est aussi plus large. Us sont
d'ailleurs de longueurs rigoureusement égales ; les deux lames
de zinc sont à l'intérieur de cette sorte d'U ou de lyre.
« Dès que la température s'élève, les lames s'échauffent et se dilatent; se dilatant inégalement, les deux branches de l'U tendent à s'écarter; mais comme l'une est fixe, tout l'effort est porté sur la seconde des branches, qui tend à s'écarter du point fixe. Mais la lame B, dont le volume est plus petit, se met pluspromptement en équilibre de température avec l'air ambiant, de sorte que si l'élévation est brusque et suffisamment forte, comme il arrive toujours dans les commencements d'incendie, elle arri-r vera au contact de la lame A, et le courant électrique sera transmis à la sonnerie. Si, au contraire, l'air s'échauffe par des causes ordinaires, réchauffement étant toujours plus lent, la lame A aura le temps de se dilater et les deux contacts CC'ne se toucheront pas. Ces contacts sont formés par des laines d'argent ou de platine recourbées, pour que le contact puisse avoir lieu dans toutes les positions des lames. La construction des lames et la détermination de la distance CG^ sont les seules difficultés que présepte la construction de l'appareil. Ses avantages sont : sa
simplicité, sa sensibilité, son bas prix et son réglage automatiq^tJ^ qui permet d'éviter les erreurs et les fausses alertes. »
Un indicateur proposé récemment par M. Giuseppe Ravagfs^ est fondé sur le même principe, mais les deux lames d'inégal^ capacité calorifique sont remplacées par deux ampoules J^ verre remplies d'air, dont Tune est à nu et Tautre recouvert^ d'une substance mauvaise conductrice de la chaleur, comme 1 drap blanc. Ces deux ampoules sont reliées par un tube de ver horizontal renfermant du mercure. Si réchauffement est lent^ Tair se dilatera en même temps dans les deux ampoules et 1^ mercure restera immobile; si réchauffement est rapide^ Tair de Tampoule à nii s'échauffera plus vite et chassera le mercure qui servira à établir un contact électrique.
Avertisseur de caisse, système Breguet. — L'idée d'utiliser un contact électrique pour prévenir automatiquement qui de droit de l'ouverture insolite d'une porte d'appartement ou de coffre-fort n'est certes pas nouvelle.
Mais si les systèmes sont déjà nombreux, il en est fort peu d'efficaces, et l'on peut dire que les voleurs, nés malins par état, ou devenus tels par profession, connaissent la plupartde ces mécanismes et s'en souciaient fort peu jusqu'ici. Un fil adroitement coupé et la sonnerie gênante était aussitôt réduite au silence.
Avec Tavertisseur Breguet, cette dernière ressource est enlevée à messieurs lescrochetcurs de caisse; le fil coupé trahira aussitôt leur présence, en faisant résonner la sonnerie d'alarme, et si le fil n'est pas coupé, le premier mouvement de la porte produira exactement le même effet. Grâce à la combinaison nouvelle, la caisse devient donc un objet de respect forcé, une idole à laquelle on ne peut toucher sans que son gardien en soit aussitôt averti.
L'idée fondamentale et nouvelle du système est aussi simple qu'ingénieuse : c'est Tapplication du courant continu et l'utilisation de la rupture du circuit dans lequel circule ce courant continu à la production de l'avertissement. Une sonnerie ordinaire, une pile à courant continu, une pile Leclanché ordinaire et des
contacts intérieurs qui se rompent lorsque la caisse est entrouverte, constituent tous les éléments du système. La pile à courant continu est placée soit dans la caisse, soit dans tout autre eudroit convenable; elle constitue la source électrique d'un circuit complété par les bobines de Télectro-aimant de la sonnerie ordinaire, les fils qui arrivent à la caisse et le contact ouïes contacts dont la rupture doit produire Tavertissement.
La sonnerie est, d'autrepart, en relation avec une pile Leclanché, à la manière ordinaire, mais sans bouton intercalé dans le circuit. Le courant continu qui circule dans Télectro de la sonnerie maintient Tarmature du marteau collée contre cet électro, et, par suite, maintient ouvert le circuit de la pile Leclanché puisque le ressort du trembleur et sa vis de butée ne sont pas en conlacl. Mais si, pour une cause quelconque, le circuit du courant continu se trouve rompu, l'armature retombe, il se produit un contactautrembleuretla sonnerie fonctionne énergiquemuni jusqu à ce que le courant continu soit rétabli. Rien n'empêche de multiplier les sonneries et les appels en les répartissant sur plusieurs points. Il suffira que le circuit du courant continu soit interrompu en un point quelconque pour faire tinter aussitôt toutes les sonneries établies sur ce circuit.
L'emploidu courant continu sert aussi à vérifiera chaque instant les bonnes conditions d'établissement du système, car si, par négligence, on laisse épuiser la pile continue, le tintement de la sonnerie d'alarme avertira aussitôt qui de droit.
Cette pile continue peut d'ailleurs fonctionner longtemps sans entrelien : la maison Breguet a adopté pour cette application la pile humide de M. Trouvé dont le débit, eu égard à la résistance totale du circuit, est insignifiant ; son rôle se réduit, en efl*et, à maintenir une armature d'électro-aimant au contact, et l'on sait qu'il suffit d'un courant très faible pour obtenir ce résultat.
Grâce à ce système, les honnêtes gens sont assurés contre les voleurs, et nous ne croyons pas ces derniers en possession d'une science électrique assez profonde pour déjouer la combinaison nouvelle dont nous venons d'exposer le principe.
Coffires-forts photographes. — Les coffres-forts de New- York avec sonnerie électrique sont dépassés. Avis aus, banquiers et commerçanls. Un mécanicien allemand, lisons-nous dans la Revue chronométrique, vient d'inventer une espèce de sa/iî qui non seulement produit une sonnerie dès qu'on y touche, mais encore projette un jet de lumière électrique, à l'aide duquel un appareil photographique prend instantanément les traits du voleur. [Pourextrait conforme d'un journal américain I)
Avertisseur â. ébranlement. — L'on peut aussi utiliser ^ l'avertissement de l'ouverture insolite d'un coffre-fort le conlac* à mercure à ébranlement construit par M. Morse pour les ch?" mins de fer [fîg. 38). Il suffit de fixer le petit appareil coatre \B porte h protéger pour que le moindre ébraDiement communi-
FIg. 38. — Contact II Ébrai
que au mercure renfermé en C un mouvement qui le met en contact avec B et ferme le circuit d'une pile sur une sonnerie. La vis D sert à régler le niveau du mercure elà rendre l'appareil plus ou moins sensible.
Appel magnéto-électrique de M. Abdank-Abakano- 'wlcz. — On a souvent intérêt, dans bon nombre d'applications, à supprimer les piles qui actionnent les sonneries, annonciateurs, etc., et à les remplacer par un système magnéto-électrique danslequclle travail nécessaire ùla mise en action du signal est emprunté h. l'énergie musealaire de l'opérateur. Dans une communication téléphonique i\ transmetteur magnétique, par exemple, on simplifiera beaucoup, l'installation en faisant usage d'un appareil magnétique pour actionner la sonnerie d'avertissement
Poiirla lêléphonie à grande distance, la mise en action d'une sonnerie demande un nombre d'éléments qui augmente proportionnellement à la distance, tandis qu'un appel magnétique d'un prix donné fonctionne à de très grandes distances ; il y a donc économie à en faire usage i'i partir d'une distance donnée, radine ïonjoiDlementateoiin traiisnirltriirinicrnplionique,puisquepour
;VWiL,
Fig. m.
niceptriir.
- Appel m>gnéto-éIectrif|ue de M. Abdank-Abakinov
^ L'appareil combiné par M. Abdank-Abakanowicz remplit parfaitement les conditions imposées par les applications que nous venons de signaler et bien d'autres qu'il est facile de concevoir, La figure 39 représente le transmoltcur et la sonnerie récepicequi l'actionne.
I Le transmetteur se compose d'un aimant en U entre les branlies duquel se déplace une bobine garnie en son milieu d'un
novau de fer et fixée à Textrémité d'un ressort dont l'autre e:^-" Irémitc est solidement assujettie au support de l'appareil. O '^ écarte la bobine de sa position d'équilibre entre les branches ri ^ Tainiantcn U, en poussant un bouton en forme de manette di^' posé à la partie inférieure de la bobine et on l'abandonne ^ elle-même; sous l'action du ressort, la bobine oscille rapidemem * comme un pendule entre les branches de l'aimant et le fil qu ^ la compose se trouve alors traversé par une série de courants al — ternatifs ondulatov^es; ces courants durent quelques secondes^ jusqu a ce que la bobine soit revenue à sa position de repos.
Les courants ondulatoires ainsi développés arrivent dans le récepteur formé d'une seconde bobine roulée sur une feuille de tôle taillée en forme de double T et se mouvant dans un champ magnétique constitué par deux aimants permanents. Cette pièce en double T portant la bobine est fixée sur un ressort qui permet de régler ses vibrations et de les rendre sensiblement synchroniqucs avec celles du transmetteur, ce qui augmente la sensibilité deTappareil. L'autre extrémité est munie d'une petite boule de laiton qui vieut frapper alternativement les deux timbres lorsque la bobine est traversée par les courants ondulatoires fournis par le transmetteur.
L'appel ainsi constitué est très simple de maniement et de fonctionnement, il fonctionne dans toutes les positions et ne demande aucun entretien. Il suffit de fixer solidement le transmetteur sur une table ou contre un mur et de le relier au récepteur qu'il doit desservir. Pour le manœuvrer, on écarte la manette de sa position jusqu'à ce qu'elle vienne presque toucher le buttoir qui limite sa course, et on l'abandonne à elle-même : les courants ondulatoires développés par ce système présentent le grand avantage de ne produire aucun bruit d'induction sur les lignes voisines, à cause même de leur nature et de la durée de leur phase de vibration qui dépasse f. de seconde, limite inférieure des sons perceptibles. C'est là une qualité précieuse qui en recommande l'emploi pour le service des communications téléphoniques.
Quoique d'invention récente, le téléphone est une des appli- <^ations de l'électricité qui a reçu jusqu'ici le développement le plus considérable et à laquelle est réservé peut-être le plus grand avenir. Les réseaux téléphoniques couvrent déjà les grandes villes, et de récentes découvertes qui permettent d'établir une communication téléphonique et une communication télégraphique simultanément par un seul et même fil vont rendre bientôt son emploi universel.
C'est dans une sphère d'action beaucoup plus modeste que nous nous proposons d'étudier ici les téléphones, en les considérant comme un utile et précieux auxiliaire des autres appareils d'électricité domestique que nous avons déjà examinés.
Nous irons, comme toujours, du simple au composé, et nous supposerons tout d'abord que les communications se font dans l'intérieur des habitations mêmes, entre les différentes pièces d'un bureau, d'un atelier, d'une usine, ou les différenls^étages d'une maison.
La première question qui se pose est le choix d'un système. .\uquel donner la préférence ? A notre avis, lorsque les distances ne sont pas très grandes, au-dessous de 100 mètres, par exemple, pour fixer les idées, il est préférable d'employer les téléphones magnétiques, dont l'appareil de M. Graham Bell est le type. On y trouve à la fois simplicité, économie de prix d'achat et facilité d'installation. Les téléphones à pile produisent certainement
des effets plus intenses, mais ils coûtent plus cher et demandent plus de soin et de surveillance.