PILES A GAZ
La pile de Grove, que représente la figure 59, se compose de plusieurs cloches eu verre en parlic remplies d'hydrogène et <1 oxygène, plongées dans de l'eau légèrement acidulée avec de l'acide sulfurique. Chaque élément comprend deux de ces cloches, l une d'hydrogène, l'autre d'oxygène, et, dans chacune d'elles, il y a une feuille de platine platiné qui occupe presque toute sa hauteur. Dans le système représenté dans la figure 59, ces feuilles sortent par la parlic supérieure des cloches, où elles sont her-
métiquemcnt scellées. Dans d'autres systèmes, Grove introduit les feuilles de platine jusqu'à la partie supérieure des cloches, là il les plie, et les replie de nouveau à la partie inférieure pour, de
là, les faire sortir du liquide; la pile se monte en faisant communiquer le platine de l'hydrogène du premier vase avec celui de l'oxygène du second, le platine de l'hydrogène de celui-ci avec le platinr de l'oxygène du suivant, et ainsi de suite, de sorte que les deux feuilles Fjg w de platine des extrémités appartien-
nent à des gaz différents ; celle de l'oxygène forme le pôle positif de la pile, et celle de l'hydrogène le pôle négatif.
Quand on fait communiquer les deux pôles, il se produit un courant d'une notable énergie, qui donne des commotions assez violentes, des étincelles très-vives, et possède une force décomposante de quelque intensité.
Plie hydrodynamique de CaroMlo. — NOUS n'affecterons pas à
celte pile les pages nombreuses que semblait exiger l'intérêt . avec lequel a été débattue la question de savoir si le docteur O rosio, en se promettant d'immenses résultats avec sa pile hydrodynamique, était tout simplement un visionnaire, ou s'il devai! justifier la comparaison qu'on faisait de lui avec son compatriote Colomb. L'expérience semble avoir déjà décidé la question, et, comme malheureusement le succès n'a pas répondu aux magnifiques espérances qu'on avait conçues, nous nous bornerons, ce qui suffit pour l'histoire de la science, à indiquer le principe sur lequel est fondée cette pile, et à donner la description de l'appareil construit sous les ordres de M. Carosio lui-même par MM. Deleuil père et fils.
L'appareil électro -magnétique que le docteur Carosio nomme pile électro-dynamique est fondé sur la théorie des équivalent ôleclro-chimiques et sur la loi de Faraday qui établit que le oou-
rant électrique est en raison directe de l'action chimique, et, par •onséquent, que la quantité d'électricité qui sert à décomposer un gramme d'eau en ses deux éléments, oxygène et hydrogène, est égale à celle qui résulte de la combinaison de ces deux mêmes ?az quand ils s'unissent pour former un autre gramme d'eau; et [ inventeur invoquait à son appui la pile de Grove et l'opinion de M. Pouillet, qui a démontré ce principe dans son Traité de physique.
Dans un rapport fait par lui, le célèbre ingénieur prussien y\. Siemens non-seulement se montre favorable à l'idée du docteur Carosio ; mais, se fondant sur les résultats des travaux de Grove, Thompson et autres physiciens, qui prouvent que la chaleur, l'électricité, la lumière, le son, l'affinité chimique et la force dynamique ne sont que les différentes manifestations d'une grande cause universelle, le mouvement, il conclut en disant que la réalisation finale du principe contenu dans l'invention du docteur Carosio est pour lui chose certaine. Malheureusement, nous le répétons, on n'a point encore obtenu ce résultat définitif, qui n allait à rien moins qu'à produire, au moyen du courant électrique développé par la composition et la recomposition de l'eau, un mouvement mécanique capable de remplacer celui des machines à vapeur ordinaires. Mais passons à la description de 1 appareil construit par M. Deieuil.
Il consiste en deux grands cylindres formant l'un la pile et 1 autre le voltamètre. Les parois du premier cylindre sont en guth-percha parfaitement moulée, et il est divisé en deux compartiments par un diaphragme de terre poreuse. Dans toute la longueur de chaque compartiment il y a un cylindre de charbon, auquel pendent 120 plaques rectangulaires, de charbon aussi, lui constituent les éléments positifs de la pile à gaz. Cette pile a donc 240 éléments, et se remplit jusqu'à moitié d'eau acidulée par l'acide sulfurique.
Le voltamètre a ses parois en verre ; il est divisé aussi en deux compartiments par un diaphragme en porcelaine poreuse, et dans toute la longueur de chacun d'eux il y a trois tubes recouvris de feuilles de platine. Les feuilles de platine d un des com-
m L'ÉLECTRICITÉ ET LES CUBMINS DE FER.
partiments communiquent avec le pôle négatif, celles de l'autre avec le pùle positif; une moitié du premier compartiment se remplit d'eau acidulée, l'autre moitié de gaz oxygène, et le second compartiment avec parties égales d'eau acidulée et d'hydrogène. Celte pile, une fois armée, devait produire les mèrveilles que nous avons diles plus haut, c'est-à-dire une immense quantité de gaz, qui, à son tour, devait mettre en mouvement les pistons d'une puissante machine.
Il paraît qu'un autre Italien, H. Frascara, ne se laissant pas rebuter par le résultat des essais du docteur Carosio, s'occupe de résoudre le problème de la môme manière.