APPLICATIONS PHYSIOLOGIQUES
Bien que nous voyions déjà, avant la découverte d'Oersted, l'électricité appliquée à la guérison de certaines maladies, ai/ moyen des commotions des machines électriques ordinaires, la
médecine n'a lire vraiment parti de cet agent que depuis que la connaissance des phénomènes de l'induction a permis de construire les appareils de MM. Breton, Duchenne, Piiihmkorflf et autres, décrits dans notre chapitre cinquième. M. Pulvermacher, avec ses piles à chaînes, a été l'un de ceux qui ont appliqué avec le plus de bonheur l'électricité à la thérapeutique.
11 n'y a pas longtemps MM. Vergnes et Poey, de la Havane, ont prétendu extraire du corps humain les particules métalliques absorbées, soit par les pores, soit par le conduit digestif. Ils font entrer le patient dans un liquide acidulé contenu dans une baignoire métallique isolée du sol, et le maintiennent assis sur un banc de bois, isolé de la baignoire, avec laquelle le malade ne doit point être en contact. Ce dernier prend dans ses mains le pôle positif de la pile, tandis que le pôle négatif communique avec la baignoire ou avec une plaque métallique plongée dans le liquide.
Si les faits exposés par les auteurs à l'appréciation de l'Académie des sciences sont exacts, les résultats sont on ne peut plus merveilleux. Le célèbre chimiste ttaspail réclame, avec raison, parait-il, la priorité de cette invention.
Dans VHistoire de l'électricité médicale de M. Guilard, et dans l'excellent Traité des applications de l'électricité dernièrement publié par M. du Moncel (auquel nous devons en grande partie te matériaux qui ont servi à la rédaction de ce chapitre), on peut voiries diverses et nombreuses manières d'appliquer l'électricité à la médecine : au moyen des machines ordinaires, en forme de bains, en se submergeant dans une atmosphère électrique positive ou négative, en recevant l'action des pointes ou des étincelles, en subissant des commotions, en se frictionnant avec des brosses métalliques isolées et mises en communication avec les machines.
Le galvanisme permet aussi d'administrer l'électricité en forme de bains, comme nous l'avons vu dans l'invention de MM. ftaspail, Poey et Vergnes; en se soumettant à l'action des courants, par des commotions, par des moxas galvaniques, par 'a cautérisation et par diverses applications, comme les cataplasmes, les tissus, les mixtures, et les chaînes galvaniques : ces dernières ont été décrites dans le deuxième chapitre.
Quant à l'éleclrisation par induction, les moyens de la produire sont innombrables : on peut se servir des courants de premier ordre, de ceux du second, de l'extra-courant, et s'appliquer des ventouses, des éponges, et même des sacs électriques, que nous n'avons pas à décrire ici.
Les effets physiologiques- de l'électricité, dout M. Duchennea tiré un si grand parti pour reproduire les expressions diverse* de la physionomie humaine, en contraclant certains muscles, n'ont pas été exclusivement appliqués à la médecine, mais aussi à l'industrie et même à la sécurité domestique. Comme exemple d'application à l'industrie, nous citerons l'appareil électro-magnétique construit par 31. Jacobi, célèbre physicien de Saint- Pétersbourg, et destiné à la pêche de la baleine. C'est une véritable machine d'induction, qui, au moindre mouvement, produit des commotions sensibles et doit, par conséquent, étourdir la baleine quand on lui a lancé le harpon qui communique avec la machine. Quant à l'application à la sécurité domestique, il suffît de mettre l'un des pôles dè l'appareil de Huhmkorffen communication avec une grille en fer, un verrou, ou une serrure quelconque, et l'autre avec une plaque métallique, placée par terre devant la porte : au moment où quelqu'un chercherait à ouvrir en touchant la serrure, il recevrait une série dé commotions irrésistibles; il est vrai qu'un voleur instruit ouvrirait sans difficulté impunément; mais nous n'en indiquerons pas le moyen, bien que sa simplicité paraisse rendre futile cette précaution.