‹ L'électricité et les chemins de ferChapitre 35 sur 51 · TÉLÉGRAPHE DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS · texte numérisé non relu

TÉLÉGRAPHE DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS

Ce télégraphe, qui, par la nature des signaux qu'il transmet, pourrait être rangé parmi ceux à aiguille; mais qui, par son mécanisme, correspond plutôt aux télégraphes à cadran, raison pour laquelle nous ne l'avons compris ni dans l'une ni dans l'autre classe, fut imaginé par M. Foy et construit par M. Breguet pour conserver les signaux du télégraphe optique de Chappe, et l'administration des télégraphes du gouvernement français l'adopta pour maintenir le personnel des lignes télégraphiques déjà établies.

Le récepteur de ce télégraphe est une boite renfermant deux mouvements d'horlogerie qui, comme dans les télégraphes à cadran, tendent à faire tourner les aiguilles indicatrices montées

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sur les axes de deux roues à quatre dents, dont la marche est arrêtée par une ancre d'échappement portée par l'armature d'un électro-aimant. Ce mécanisme ne diffère donc de celui que nous avons expliqué pour le télégraphe à cadran qu'en ce qu'il est double, et que les roues n'ont pas plus de quatre dents, différence qui provient de ce que les signaux télégraphiques, au lieu d'être des lettres écrites sur un cadran et successivement indiquées par l'aiguille, consistent seulement dans les positions que prennent deux aiguilles par rapport à une barre fixe horizontale qui joint leurs centres (fig. 186).

Fig. 186.

Ces positions peuvent être au nombre de huit pour chaque aiguille, et, combinées entre elles et avec la barre horizontale, elles donnent soixante-quatre signaux semblables à ceux du télégraphe optique; ce qui permet, dit-on, une transmission plus rapide qu'avec le télégraphe à cadran des chemins de fer.

Le manipulateur ressemble à celui que nous avons décrit dans le télégraphe à cadran de M. Breguet. Il ne diffère qu'en ce qu'il est double, et que le disque qui servait sous le cadran pour établir et interrompre la communication du récepteur avec la pile se trouve ici placé verticalement sur une colonne, dans chaque moitié du transmetteur, dont l'une est représentée par la ligure 187. D'un autre côté, la roue à échappement ne devant faire que huit pas pour compléter un tour, il suffit d'interrompre quatre fois le circuit et de l'établir quatre autres fois : pour cela, au lieu d'avoir un disque avec autant de sinuosités qu'il se trou-

vait de lettres dans le cadran, la roue R de ce transmetteur a tout simplement une gorge ou canal carré avec les angles arrondis,

dans lequel roule le galet r qui termine le levier articulé L', et, à chaque tour complet de la manivelle 3/, le courant passe quatre fois dans un sens et quatre fois dans l'autre au moyen du commutateur L ÙV à l'axe CC, de manière qu'il suit les mouvements du levier L , attaché au galet r. Les huit échancrures que porte le disque D, et dans lesquelles on peut arrêter la manivelle 3f, correspondent aux huit positions de l'aiguille, et il suffit de placer la manivelle dans chacune de ces échancrures pour i». que l'aiguille du récepteur se place

sous le même angle à l'autre station.

Ce télégraphe, comme on a pu l'observer, nécessite deux fils et deux piles, et l'employé doit agir des deux mains à la fois, ayant à partager ses soins entre les deux manipulateurs ; c'est pourquoi ce système nous semble entaché des mêmes défauts que les deux que nous avons déjà expliqués. Non-seulement, en effet, ce télégraphe a toute la complication des télégraphes à cadran mus par une manivelle, ce qui est doublement incommode et incertain, puisqu'il y a deux manipulateurs et deux mouvements d'horlogerie, mais il présente encore l'inconvénient d'exiger deux conducteurs et deux piles, comme les télégraphes à aiguilles, dont il n'a pas la simplicité. Les signaux y sont fugitifs, comme dans les deux systèmes susmentionnés ; mais, sans être beaucoup plus clairs que ceux produits par les aiguilles, ils ont le même défaut que ceux du télégraphe à cadran, c'est-à-dire que la non-correspondance entre un signe du communicateur et du récepteur entraine la confusion de tous ceux qui suivent jusqu'à ce qu'on ait réglé les appareils.

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Nous ne sommes donc pas surpris de la sévérité du jugement émis par 31. l'abbé Moigno sur cet appareil dans son Traité de télégraphie électrique, et nous ne croyons pas que son emploi puisse être avantageux même avec les modifications de M. Gloesener, qui propose la suppression des ressorts de rappel ou antagonistes, et leur remplacement par la palette et les deux électroaimants qu'il a si avantageusement introduits dans les télégraphes ' à aiguilles et à cadran.

En raison de ce qui précède, il nous semble inutile de donner la description d'un télégraphe de cette espèce imaginé par M. Breguet, et qui n'est qu'une modification de celui qui porte son nom et celui de M. Foy ; il voulait faire en sorte que la barre horizon-' taie pût se mouvoir aussi et prendre exactement toutes les positions du télégraphe optique de Chape.

TÉLÉGRAPHES ÉCIUVANTS.

Télégraphe de m. Morse. — En parcourant l'histoire de la télégraphie, nous avons dit que MM. Morse et Wheatstone se disputaient la gloire d'avoir imaginé le premier télégraphe applicable aux grandes distances, gloire que revendique aussi M. Steinheil, de Munich. Mais, que ce soit ou non M. Morse qui ait eu la première idée de son télégraphe en 1832, ce qu'il y a de positif, c'est qu'aucun autre ne peut disputer à cet appareil le mérite de la simplicité, de la perfection et de la rapidité réunies. Aussi, appliqué d'abord sur presque toutes les lignes des Etals- Unis d'Amérique, il commence à s'introduire en Europe ; et, suivant l'exemple des gouvernements français et espagnol, qui ont pris le parti d'abandonner les télégraphes de Foy et Wheatstone, les autres pays ne tarderont pas à adopter aussi celui de M. Morse.

Ge télégraphe se compose, comme tous les appareils de ce genre, d'un manipulateur ou transmetteur et d'un récepteur; et ces deux parties sont on ne peut plus simples. 11 est vrai qu'on a ajouté au récepteur un mouvement d'horlogerie et un relais, pièces très-importantes, puisque sans elles on ne pourrait ni opé-

rcr à de grandes dislances, ni obtenir des signaux régulièrement marqués ; mais ce ne sont néanmoins que des appareils accessoires sans lesquels on peut parfaitement se rendre compte de la marche du télégraphe; nous ne les ferons donc connaître qu après avoir décrit les parties principales et la manière dont elles fonctionnent.

Le manipulateur ou clef (fig. 188) destiné uniquement à éta-

ng. 188.

blir et à interrompre le circuit, se compose d'une pièce métallique M que l'on tient séparée d une autre Y au moyen du ressort R. Le lil conducteur, car il n'en faut pas plus d'un, va de la pile d'une station au récepteur de l'autre, et se trouve interrompu par le manipulateur, de manière que l'une des extrémités de l'interruption communique avec la pièce M et l'autre avec la pièce Y; il suffit donc d'appuyer sur le manche Tpour réunir les deux pièces Y cl M et fermer le circuit; aussitôt qu'on cesse la pression, le ressort R lève la pièce 3/, et le circuit est interrompu. Si le contact ne dure qu'un instant, le courant ne durera pas davantage, cl, au contraire, il continuera à passer pendant un intervalle de temps sensible, si on maintient la main appuyée sur le manche 7'.

Le récepteur consiste en un électro-aimant E (fîg. 189) dont l'armature C se trouve à l'extrémité d'un levier mobile autour d'un axe 00. A l'autre extrémité du levier est fixé un crayon ou

poinçon /i, destiné à tracer des signes sur une bande de papier, et le ressort R sert à maintenir l'armature à une certaine dislance des pôles de l'électro-aimant quand le courant n'y passe pas.

Une longue bande de papier TS, enroulée sur un cylindre que l'on ne voit pas dans la figure, passe par un autre cylindre D que fait tourner le mouvement d'horlogerie X, car il serait moins régulier et plus coûteux de le faire tourner à la main. La pointe ou crayon B n'appuie pas sur le papier du cylindre D dans les conditions ordinaires de l'appareil, c'est-à-dire quand l'armature est séparée de l'électro-aimant par l'action du ressort R; mais, au moment où l'on ferme le circuit et où le courant circule dans l'électro-aimant, celui-ci agit sur l'armature, et la pointe B appuie sur le cylindre D et fait sur le papier un signe plus ou moins long, selon le temps, pendant lequel on fait circuler le courant.

Si donc on établit une série de contacts très-courts avec le manipulateur, il en résultera sur le papier une succession de points; si les contacts sont prolongés, au lieu de points il en résultera des lignes. La combinaison de ces points et de ces lignes constitue les signes télégraphiques de cet appareil, dont voici l'alphabet :

s t u il v w x y z ch

On comprend combien il est facile d'obtenir ces signes, et la rapidité avec laquelle un employé ayant quelque habitude peut manœuvrer le manipulateur. On peut, et même on doit varier les signes selon la langue, afin d'obtenir la plus grande rapidité possible, en appliquant les plus courts aux lettres le plus fréquemment répétées.

Quand on commença à se servir de l'appareil de M. Morse entre deux stations très-éloignées, sans se servir des stations in-

termédiaires directement, on remarqua que le courant produit par la pile de la station de départ ne suffisait pas à attirer avec la régularité nécessaire l'armature attachée au levier, et M. Morse employa alors l'appareil qu'on nomme relais, dont la priorité d'invention est réclamée par lui et par M. Breguet, quoique ni l'un ni l'autre ne soient fondés dans cette prétention, car ce fut Wheatstone qui le premier imagina, en 1N37, de mettre en action une seconde pile au moyen du courant produit par la première, placée à une certaine distance.

iNous ne nous arrêterons pas à décrire les premiers relais qu'employa AYheatstone pour obtenir l'effet qu'il désirait; il suffit de dire que son premier essai était fondé sur une réaction chimique, et le second, qui lui réussit mieux, sur la déviation de l'aiguille d'un multiplicateur, qui, en se séparant de la verticale, introduisait l'une de ses extrémités, armée d'une fourche, dans deux verres qui contenaient du mercure; il y avait donc communication métallique entre Tun et l'autre.

Les relais aujourd'hui en usage sont fondés sur la propriété qu'ont les électro-aimants d'attirer une armature qui, en changeant de position, met en communication métallique ou interrompt le circuit d'une pile que l'on nomme locale. La forme et la disposition des relais peuvent varier à l'infini, comme on peut le voir dans l'ouvrage tant de fois mentionné de M. du Moncel, auquel nous emprunterons, pour en faire comprendre le mécanisme, la description d'un des relais les plussimples et les mieux appropriés aux usages de la télégraphie.

Que l'on se représente à la station où doit être installé le relais un électro- aimant AB (fig. 1<J0) dont l'armature CD soit en rapport avec l'une des branches du circuit de la pile locale ou supplémentaire, et dont le fil soit interposé dans le circuit de la ligne, dont la pile se trouve à une autre station; on comprendra que chaque fois que le circuit principal se fermera, l'ar-

mature CD sera attirée, et qu'il suffira de mettre en EF un ressort en communication avec le second pôle de la pile locale pour que le circuit de celle-ci se ferme presque en même temps que le principal, car l'armature métallique établit la communication des deux pôles. 1/e ressort r sert à séparer l'armature et à ouvrir, par conséquent, le circuit local au moment même où le courant cesse de passer par le principal.

Le télégraphe de M. Morse, que nous venons de faire connaître, a l'incomparable avantage de donner éciits sur un papier les signaux que les télégraphes à aiguilles et à cadran ne font qu'indiquer, avantage qui non-seulement offre un moyen sur de conserver fidèlement la dépêche écrite, mais qui permet aussi à l'employé du télégraphe de s'occuper d'autre chose pendant que Ton transmet une longue dépêche, pourvu que le cylindre sur lequel se trouve enroulé le papier en contienne une quantité suffisante.

Il suffit de remarquer la manière dont les signes se transmettent au moyen du communicateur pour comprendre la rapidité avec laquelle un employé déjà habitué peut transmettre une dépêche, rapidité qui se doit aussi à l'indépendance des signaux les uns par rapport aux autres, de sorte que, comme dans les télégraphes à aiguilles, on ne court pas le risque, ainsi qu'il arrive dans ceux à cadran, de voir la confusion s'introduire par suite du manque d'accord entre les signaux du récepteur et du transmetteur des deux stations. Un employé habile peut transmettre de quinze à dix-sept mois par minute, c'est-à-dire autant qu'en peut écrire à la plume un homme habitué à la manier.

Si on ajoute à cela que le mécanisme du télégraphe de 31. Morse est excessivement simple et qu'il n'a besoin que d'un fil conducteur, on pourra se convaincre qu'aux avantages qui lui sont spéciaux il réunit ceux de tous les autres télégraphes examinés jusqu'à présent.

ModMIcatlon* apportées aa télégraphe de M. Morse par M.

•ener. — Ce savant* physicien a fait au télégraphe de M. Morse quelques modifications intéressantes et avantageuses, parmi les-

quelles la principale est sans contredit la suppression du ressort de rappel, fondée sur les mêmes raisons et par remploi des marnes moyens que ceux que nous avons fait connaître en parlant des modifications que M. Gloesener a introduites aussi dans les télégraphes à aiguilles et à cadran. Le communicateur de cet habile inventeur est, par conséquent, disposé de manière à changer la direction du courant, au lieu de l'interrompre, au moyen de deux contacts, en produisant deux signaux à chaque oscillation au lieu d'un seul, ce qui contribue, ainsi que la suppression du ressort de rappel, à augmenter la rapidité de b transmission.

Avec une autre disposition, on peut donner à ce même communicateur un mouvement de rotation et de va-et-vient, de sorte que, sans augmenter la force de la pile, on peut transmettre à la fois la même dépêche à deux stations différentes; ou bien garder une copie et transmettre en même temps la dépêche à l'autre station.

Ne pouvant entrer dans le détail des modifications proposées par M. Gloesener, nous renvoyons à la lecture de ses Recherches sur la télégraphie électrique, où elles sont minutieusement décrites. Nous ne terminerons pas cependant ce paragraphe sans dire qu'une de ces modifications porte sur le poinçon ou style avec lequel on grave, pour ainsi dire, les caractères sur le papier. Après de longs essais, M. Gloesener s'est décidé à substituer au style un petit cône creux en cuir, qui absorbe l'encre dans un vase où plonge la pointe opposée à celle qui sert à marquer. Nous avons vu fonctionner l'appareil, qui marchait parfaitement; mais nous ne savons pas s'il y aurait avantage à adopter cette modification, car M. Morse avait commencé par se servir d'encre et de crayon, mais il se vit contraint d'y renoncer, parce que le crayon s'usait, et que, quand l'appareil restait quelque temps sans fonctionner, l'encre laissait, en s'évaporant, un sédiment sur la plume. M. de Lafollye est parvenu aussi à supprimer le ressort antagoniste, mais non pas comme M. Gloesener par le renversement des courants, mais en se servant d'un électroaimant boiteux dont l'une des branches, entourée de la bobine

magnétisante, est mobile à l'intérieur du canon de cette bobine, et se trouve articulée sur la culasse, de manière à pouvoir osciller entre la branche sans bobine et un aimant fixe placé en regard de celle-ci.

Parmi les différents télégraphes construits sur le modèle de celui de M. Morse, mérite d'être cité celui de M. Palmieri, dans lequel le communicateur est formé par un cylindre sur la partie antérieure duquel se trouvent tracées les lettres et les chiffres, comme dans les télégraphes à cadran, et qui remplace la clef du télégraphe ordinaire.

M. Paul damier a présenté à l'Exposition universelle qui a eu lieu à Paris en 1855, une modification du cylindre de M. Palmieri ; c'est, d'après quelques personnes compétentes, le meilleur des manipulateurs proposés pour faire fonctionner le télégraphe de Morse.

Outre le cylindre manipulateur de M. Garnier, nous devons citer ceux de MM. Rcgnard, Joly, Marqfoy et Mouilleron, qui, suivant l'idée de M. Palmieri, se sont proposé de substituer à la clef un cylindre composteur qui porte la dépèche préparée d'avance ou qui, au moyen de touches abaissées convenablement, produise les signes d'un seul trait, comme dans les télégraphes imprimeurs; mais l'avantage de toutes ces modifications est encore très-contestable. 11 en est de môme avec le porte-crayon manipulateur de M. Ailhaud, qui permet de transmettre une dépêche à mesure qu'on l'écrit; avec le collage de M. Breguet, la gorge sinueuse de M. Rizct et la machine de M. Humaston, qui exige l'emploi des pieds et des mains pour la faire fonctionner.

M. Mouilleron a introduit aussi d'autres modifications, parmi lesquelles nous devons citer celle#dcs cylindres qui font courir la bande de papier.

Avec le système de M. Mouilleron, il n'est pas indispensable que la bande soit découpée très-régulièrement, et on peut l'enlever et l'introduire facilement, grâce à la forme qu'il a donnée aux cylindres. Il propose aussi de substituer un électro-aimant au mouvement d'horlogerie qui fait marcher ces cylindres.

Mais ce n'est pas tout; cet habile constructeur a introduit postérieurement d'autres modifications qui ont fait prendre à ses appareils le nom de télégraphe à tire-ligne de Mouilleron, quoique leur disposition mécanique soit à peu près la môme que celle des télégraphes Morse. Au lieu du style de ces derniers, il adapte un tire-ligne qui plonge à l'état normal dans un réservoir d'encre; mais aussitôt que l'électro-aimant agit sur l'armature, le levier attaché à celle-ci fait appuyer une fourchette sur la queue du tire-ligne, dont la pointe imprégnée d'encre va rencontrer la bande de papier qui se déroule un peu au-dessus sur un cylindre : il va sans dire que ce tire-ligne est à bascule, mais il est bon d'ajouter que l'effet de la fourchette sur la queue est favorisé par un contrepoids. Le niveau de l'encre se maintient constant au moyen d'un ' bouton préposé à cela. M. Mouilleron a ajouté à ce télégraphe un timbre qui répète les mouvements de l'électro-aimant, de manière que, comme dans le télégraphe de Steinheil, il suffit d'entendre pour lire la dépêche; résultat que, du reste, l'habitude fait obtenir aux télégraphistes avec le télégraphe ordinaire de Morse.

Un des principaux avantages que présente le nouveau télégraphe de M. Mouilleron consiste en ce qu'il ne déchire pas la bande de papier, le tire-ligne exerçant la pression sous l'effort d'un ressort.

M. Stôhrer, habile mécanicien de Leipzig, a tenté de perfectionner le télégraphe Morse en remplaçant la pointe unique par un système de pointes doubles, qui fonctionnent alternativement et donnent deux séries de points ou de lignes situées sur deux files horizontales superposées comme dans le télégraphe de M. Steinheil. Le relais qu'il emploie se compose de deux aimants, de deux armatures de fer et d'un électro-aimant; il met en mouvement les deux styles ou poinçons au moyen de deux électro-aimants et de deux clefs ou manipulateurs, de manière que l'employé opère à volonté avec l'un ou l'autre, mais jamais avec les deux à la fois.

fie système, bien qu'un peu compliqué, offre cet avantage, qu'on peut employer deux fois le même signe avec une valeur

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différente, selon la ligne où il se trouve; on abrège ainsi, par conséquent, les signes de l'alphabet Morse, mais on ne transmet pas aussi rapidement avec le manipulateur. Ce système est employé sur quelques lignes de Saxe.

Télégraphe écrivant de M. Froment. — M. Froment a construit aussi un télégraphe basé sur le même principe que celui de M. Morse; il n'en diffère essentiellement qu'en ce que l'électroaimant agit sur une armature qui tourne autour d'un axe vertical, et en ce que les signaux présentent des traits horizontaux et parallèles à la direction du mouvement de l'armature.

M. Froment conserve dans son appareil le crayon, auquel a renoncé M. Morse; mais il le place de manière qu'il puisse se tailler sans cesse et se conserver toujours en état de servir sans l'intervention d'aucun employé. « Le crayon, disait M. Pouillet, dans son rapport à l'Académie des sciences, est mû d'une manière directe et sans intermédiaire par l'armature de l'électroaimant, et peut exécuter jusqu'à trois ou quatre mille vibrations simples par minute. »

Pour transmettre la dépêche, M. Froment la compose d'avance en signes télégraphiques, découpés sur une bande de papier à l'aide d une machine spéciale à clavier, et il introduit cette bande de papier ainsi préparée dans le communicateur. Celui-ci, qui consiste simplement en un ressort en rapport avec l'une des branches du courant et en un cylindre métallique en rapport avec l'autre branche, est disposé de telle façon, qu'il ne laisse subsister l'action électrique que quand le ressort, se trouvant engagé dans les trous de la bande, est en contact métallique avec la roue, sur laquelle il glisse, par les trous de la bande de papier. Il suffit donc de faire mouvoir celte bande avec une vitesse proportionnée à celle du tambour récepteur de la station opposée pour obtenir le nombre d'interruptions nécessaires à l'impression de la dépêche.

Télégraphe écrivant de H. Dajardln. — Ce télégraphe Se compose essentiellement de trois appareils. Le premier, qui sert à

produire le courant, est la machine électro-magnétique que nous avons fait connaître au chapitre cinquième. Le second est le télégraphe proprement dit, qui a une grande analogie avec celui de M. Morse, sauf que le papier s'enroule sur un cylindre d'une manière particulière, et qu'une plume, d'une forme spéciale aussi, trace sur ce papier des lignes et des points quand le courant passe, comme nous l'avons déjà vu. Le troisième appareil dont se compose le télégraphe de M. Dujardin est destiné à attirer l'attention des employés et à produire un son sur un timbre de cristal chaque fois qu'on interrompt ou qu'on établit le courant, comme cela avait lieu dans le télégraphe graphique et phonétique de M. Steinheil, dont il n'est en réalité qu'une modification perfectionnée, bien qu'à notre avis sa complication le rende moins pratique que l'appareil de M. Morse.

Télégraphe* écrivant» de M. ftejraard — M. Regnard, appliquant le principe des armatures aimantées aux télégraphes écrivants, a imaginé un appareil avec lequel il croit pouvoir éviter deux inconvénients du télégraphe de M. Morse : la nécessité d'employer une pile locale, et la confusion et la lenteur qu'occasionne, dit-il, la formation des signaux. Dans le télégraphe de M. Regnard, que nous ne pouvons nous arrêter à décrire, on produit les signaux, comme dans celui de M. Steinheil, au moyen de deux plumes ou crayons. Ces deux crayons, dit l'auteur, unissent leurs traits au temps de repos des courants électriques ; l'un s'écarte à droite sous 1 influence du courant positif, l'autre s'écarte à gauche sous celle du courant négatif. Le trait écarté qu'ils forment se soutient pendant tout le temps de l'activité du courant qui l'a produit. Si le courant est animé et rompu, aussitôt, par un mouvement rapide, le crayon correspondant trace un petit trait transversal et revient aussitôt. L'alphabet de signaux

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-ru; 2 u . xr un — uiru ~u~ t . — u — wv rv mnm — m — u— uu — m — imur

Fig. 191.

écrits formé par M. Regnard est représenté dans la figure 11) î :

les traits verticaux ont seuls une valeur, et la combinaison de ceux de la ligne supérieure avec ceux de la ligne inférieure forme les lettres.

Dernièrement, M. Uegnard parait être revenu sur certaines idées émises dans son premier mémoire, car il propose un télégraphe écrivant dont le récepteur est muni d'un relais agissant sur deux électro-aimants, l'un par le courant positif et l'autre par le courant négatif; deux leviers juxtaposés et terminés par des pointes d'acier frappent sur une bande de papier mobile, et tracent les signes dont voici l'alphabet :

u .— u . . flC f/ • — ___ s — •__ w __— .

ch

Les mêmes signes peuvent se produire, d'après M. Regnard, avec un récepteur sans relais qu'il propose, mis en mouvement par un mécanisme d'horlogerie.

Le manipulateur de ce télégraphe est un commutateur à renversement de pôles semblable à ceux qu'on emploie dans la télégraphie depuis longtemps.

Fondé toujours sur le môme principe et sans changer dans la construction de l'appareil rien autre chose que la manière de recevoir les signaux, M. Regnard propose un télégraphe sonnant. « Il suffirait, dit-il, de substituer aux deux leviers qui conduisent les crayons deux lames flexibles avec deux petits marteaux fixés à leur extrémité. » Rien, en effet, n'est plus facile à exécuter, et ce qui le prouve, c'est que M. Steinheil l'avait déjà fait pour son télégraphe en 1837, avec cette seule différence qu'il obtenait l'écriture et les sons avec le même appareil et en parfaite correspondance, de manière qu'une chose contrôlait l'autre.

Télégraphe de 191. Tremeschlnl. — Ce télégraphe, que IÎOUS nC

connaissons que par les notices dont nous allons donner des extraits, aurait été acheté, dit-on, par M. Breguet, qui se proposait de l'employer sur les nouvelles lignes de chemin de fer qu'on le chargerait d'organiser; si ce fait est vrai, il suffît pour prouver que ce télégraphe réunit réellement les avantages qu'on lui attribue. •

D'après M. Govi, ce télégraphe est extrêmement simple et d'un maniement très-facile; il donne à volonté, soit des signaux fugitifs sur un cadran, soit des impressions permanentes à sec sur une bande de papier qui se déroule, c'est-à-dire qu il réunit en lui les systèmes de Wheatstone et de Morse. Il offre, en outre, l'avantage d indiquer, ù la lecture des dépèches, les fautes qui pourraient s'y être glissées, et cela à l'aide de points de repère que l'instrument marque spontanément de treize en treize signaux transmis.

Ce télégraphe n'a pas besoin, pour fonclionner, d'une force électro-motrice plus grande que le télégraphe à cadran ordinaire, et il n'exige ni relais ni piles locales, comme celui de M. Morse. Son alphabet est beaucoup plus facile à apprendre et à lire que celui de ce dernier système, et les signes qui le représentent se marquent d'une manière beaucoup plus claire. Enfin le prix de revient d'un télégraphe de M. Trcmeschini n'atteint pas le tiers du prix d'un appareil de Wheatstone, et son volume peut être réduit de manière qu'il serve de télégraphe portatif à une armée en campagne, ou pour des expéditions scientifiques.

Les appareils de Morse, ajoute le Cosmos, auquel nous empruntons ces renseignements, peuvent être transformés à peu de frais en télégraphes du nouveau système. En effet, dans la description détaillée que nous avons eue plus tjird sous les yeux, nous voyons ^ne le télégraphe contrôleur de M. Tremeschini (c'est ainsi qu'on le nomme) se compose : 1° d'un mécanisme à échappement pour faire tourner l'aiguille indicatrice des signaux autour d'un cadran; 2° d'un mécanisme pointeur avec ses accessoires pour l'en-, hainement de la bande de papier qui doit recevoir l'écriture ; 3° d'un mécanisme transmetteur pour transformer un télégraphe en un autre. Tous ces mécanismes sont commandes par un seul électro-aimant et un mouvement d'horlogerie.

Le mécanisme destiné à faire tourner l'aiguille indicatrice cM disposé de telle façon, que le mouvement saccadé de l'aiguille s'obtient sans entraver la marche du mécanisme moteur qui fait défiler le papier, quoiqu'ils soient dans la même boite et reliés •ensemble; à cet effet, la roue sur laquelle est fixée l'aiguille montée sur l'axe du deuxième mobile du mécanisme d'horlogerie tourne librement sur cet axe et ne participe à son mouvement que quand un fort ressort à boudin exerce une pression sur elle : une bascule sur laquelle réagit le levier de l'électro-aimant, et qui, à son tour, commande une roue d'échappement à chevilles en rapport avec la première roue, complète ce mécanisme ; l'électro-aimant communique naturellement avec le fil de ligne qui vient du manipulateur, et le reste de l'appareil, qui sert à obtenir les effets d'un télégraphe à cadran, ne diffère pas des télégraphes de ce dernier genre.

Le mécanisme destiné à produire les effets du télégraphe Morse, c'est-à-dire le pointage, se compose d'un petit cylindre lixé sur l'axe même de la roue d'échappement, et sur lequel se trouvent trois petites roues à dents pointues, l'une, celle du milieu, avec treize dents, cl les deux autres avec trois cl quatre dehls respectivement. A côté de ce cylindre s'en trouve un autre qui porte trois cannelures juste en face des trois petites roues, de manière que, quand un levier dont il est muni fonctionne opportunément, il s'approche desdites roues, entraînant la bande de papier qui défilait entre elles, et sur laquelle le développement de la circonférence où sont les dents pointues imprimerait ces dernières sous la forme suivante si le cylindre qui les porte faisait un tour complet :

a b c tl e f y h ij k l m n o p q r s t u v z

On comprend qu'il suffit pour cela de les distancer convenablement, et, la bande de papier se mouvant comme dans les autres appareils écrivants, si l'on arrête quelques instants dans

une position quelconque, au moyen d'un manipulateur à cadran, le cylindre qui porte les signes, au lieu de points il se produira des lignes, cl les espaces blancs seront plus ou moins longs, à volonté. Or c'est la prolongation de ces points et des espaces de la ligne du milieu qui constituent les lettres transmises dans la dépêche, dont voici un échantillon :

Les trois points ne correspondent à aucun signe et indiquent le commencement de l'alphabet, dont les autres points hors de la ligne de la dépêche peuvent servir de points de repère faciles à distinguer de six en six lettres. Ainsi, dans l'exemple susindiqué, les espaces et points prolongés correspondent aux lettres A,B,R, Î/,Z,E.

Si I on veut se servir du télégraphe à cadran seul, il est facile de faire en sorte que le papier n'appuie pas sur le cylindre ; de môme, quand au lieu d'un manipulateur à cadran on veut se servir de l'interrupteur de Morse, les signes de cet alphabet se produisent comme dans le récepteur ordinaire.

le télégraphe écrivant de Morse ayant été adopté pour le service de l'État, les inventeurs se sont mis à l'œuvre dans le but de le perfectionner ou de le remplacer par d'autres du môme genre. Depuis la publication de la première édition de ce livre, le nombre de ces modifications a atteint un chiffre si considérable, que M. du Moncel, en les décrivant sommairement, n'en remplit pas moins de cinquante pages; nous nous bornons à les mentionner.

Télégraphe de M. Thomas John. — M. Thomas John emploie

»n système dans lequel le relais n'est plus nécessaire, car 1 électro-aimant n'a d'autre effet à produire que d'approcher, au moyen d'un levier coudé, une molette à encre de la bande de papier qui se déroule en appuyant contre un point fixe situé à un demi-millimètre seulement de la molette; celle-ci trempe toujours dans un réservoir contenant de l'encre de Chine dé-

layée, et tourne au moyen d'un système de poulies qui reçoit son mouvement du glissement de la bande de papier.

Télégraphe de 1HJI. Beaudotn et Digne? . — Ces messieurs OlH

fait au télégraphe de M. Th. John quelques modifications qui, d'après M. du Monccl, rendent cet appareil plus simple dans sa construction, moins délicat dans sa manœuvre et plus sûr dans ses effets. Au lieu que la roue à encrer soit mobile et s'approche du papier, c'est la bande de papier qui s'approche de la roue, laquelle continue de tourner sur un axe; seulement cet axe est fixe. Pour cela, ils placent la roue traçante de manière qu'elle reçoive, directement son mouvement du mécanisme d'horlogerie qui fait marcher la bande de papier; ils font frotter contre celle roue un rouleau imprégné d'encre grasse; ils terminent le levier que met en mouvement l' électro-aimant par un couteau placé exactement au-dessous de la roue, et la bande de papier passe pardessus le couteau. 11 est facile de concevoir sans plus d'explications de quelle manière se fait 1 impression des signes. Ce système n'est donc que celui de M. Thomas John renversé.

Télégraphe de m. Theyier. — Dans le but aussi de faire inarcher sans relais le télégraphe Morse, M. Theyier a rendu le style de son appareil complètement indépendant de l'action électromagnétique, qui n'intervient que pour déclencher la partie du mouvement d'horlogerie dont l'action produit le pointage. Ce môme mouvement, auquel on a ajouté un troisième mobile, fait dérouler la bande de papier. On peut dire que M. Theyier a fait pour le télégraphe Morse ce que M. Breguel avait fait pour le télégraphe à cadran de Whealstone.

Télégraphe de m. Hipp. — Avant l'invention de ces télégraphes, M. Hipp avait déjà réussi à supprimer le relais dans l'appareil écrivant de Morse par la simple modification du mécanisme d'horlogerie qui entraine la bande de papier. En établissant les deux dernières roues de manière à leur donner la même vitesse et en y ajoutant plusieurs autres pièces, il est parvenu à faire

réagir le style sans l'emploi des piles locales, tout en produisant un mouvement régulier indépendant de l'adresse du transmetteur et avec une vitesse réglée d'avance.

M. Achard a tenté aussi de supprimer le relais du télégraphe Morse, en appliquant le principe de son embrayeur à hélice, que nous décrirons dans le chapitre quatorzième ; mais, d'après M. du Moncel, les résultats obtenus ne sont pas très-satisfaisants, quoique M. Achard prétende que, les attractions ayant lieu au contact et non à dislance, on profile davantage de la force électromotrice.

Télégraphe de MM. Pradlne» et Tondeur. — Voulant obtenir

les traces à l'encre, tout en conservant la disposition ordinaire du télégraphe de Morse, MM. Pradines et Tondeur se sont contentés d'enrouler avec la bande de papier blanc une autre bande de papier ou de toile recouverte d une encre d'imprimerie ayant la consistance du savon, de manière que la bande de papier blanc ne reçoit jl'impresssion que quand le style appuie dessus, comme dans les tracés avec le pantographe à pointe sèche.

Télégraphe écrivant de MM. Siemens et Halske. — Ce télégraphe est surtout remarquable en ce qu'il a résolu un problème présentant de grandes difficultés, celui d'employer pour les télégraphes écrivants les courants d'induction déjà appliqués aux télégraphes à aiguilles et à cadran; mais, ces courants étant instantanés, et l'alphabet des télégraphes écrivants se composant de signes dont la forme dépend de la durée plus ou moins longue de l'action électrique, on avait renoncé aux avantages que présente la tension plus grande de ces courants. MM. Siemens et Halske sont parvenus à éviter les inconvénients résultant de cette instantanéité, en donnant une disposition particulière au relais ; c'est avec la pile locale de ce relais que Ton fait fonctionner le récepteur et que l'on produit les courants induits destinés à réagir sur les circuits de la ligne, car M. Siemens se sert des machines d'induction que nous avons appelées électromagnétiques. Le manipulateur de ce télégraphe est la clef même

de M. Morse, interposée dans le fil inducteur de l'appareil d'induction, qui est dans le genre de celui de M. Huhinkorlf.

Télégraphe de ni. Carapon. — « M. Garapon a cherché à simplifier l'alphabet Morse au point de vue des mouvements nécessaires à la production des signaux, et pour cela il a cherché à introduire dans l'élément traçant un mouvement particulier qui permit d'utiliser les positions différentes des traits à l'égard d'une ligne horizontale, de manière à exprimer des signaux différents, sans nécessiter pour cela des fermetures multipliées (lu . courant.

« Pour obtenir ce résultat, il suffit, comme on le comprend aisément, de donner au style traçant un mouvement perpendiculaire au mouvement de translation de la bande de papier; car de la combinaison de ces deux mouvements résultent des traits inclinés en deux sens différents, comme des jambages qui, étant pris conjointement ou séparément dans un sens ou dans l'autre, à moitié ou dans toute leur longueur, peuvent fournir un grand nombre de combinaisons simples ne nécessitant pas une manipulation compliquée. x

« M. Garapon a pu s'assurer, en effet, qu'avec six points seulement, répartis blancs ou noirs à volonté, sur un espace représentant en temps une fraction proportionnelle à la valeur du temps employé à produire flp,(>7, il a été possible d'établir 04 combinaisons ne représentant chacune que 0",52 comme valeur du temps nécessaire à leur émission (les six points représentant 5 ouvertures et o fermetures de courant). M en résulte que l'accélération dans la transmission télégraphique se trouve augmentée, avec ce système, de 43 pour 100, et cette accélération est due :

« 1° A un moindre temps pour l'émission des lettres (0*,ôk2 au lieu de 0",51);

« c2° A la suppression des entre-lettres, représentées dans l'ancien système par des ouvertures de courant, et qui peuvent être indiquées dans le système nouveau par la forme même des signaux ;

TÉLÉGRAPHIE ÉLECIRIQUE. 535

« 5° A l'avantage résultant de la possibilité de représenter 21) assemblages de doubles ou triples lettres par un seul signal. Voici du reste l'alphabet de M. Garapon tel qu'il est reproduit avec son appareil'.

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« Le moyen d'obtenir de la part du style ce mouvement perpendiculaire à la marche de la bande qui reçoit la dépêche est Irès simple en lui-même. II suffit en, effet pour cela de placer le style sur une pièce dépendante du mécanisme d'horlogerie, et accomplissant d'une manière continue un mouvement de-va-et vient par suite de la réaction d'un excentrique sur un levier articulé. L'armature de l'électro-aimant agit alors sur ce style en lui présentant la bande de papier, comme dans le télégraphe Digney. Seulement, en raison du mouvement de ce style, la partie du levier qui soulève cette bande de papier doit présenter une surface à peu près plane. Maintenant, pour que Ton puisse se servir comme moyen de combinaisons alphabétiques de la position des traits aux extrémités supérieure et inférieure de ce mouvement, il faut que le manipulateur et le récepteur se trouvent mis en rapport de vitesse, et par conséquent que le déclenchage du récepteur, s'effectue sous l'influence môme de l'émission de la dépêche.

« Après y avoir réfléchi longtemps, M. Garapon s'est demandé si, dans le système des télégraphes écrivants, un synchronisme parfait était aussi nécessaire que dans les télégraphes imprimeurs

1 Ce n'est qu'au moment de mettre sous presse que nous nous apercevons que noire graveur a reproduit la gravure de l'alphabet à rebours, telle qu elle a éle publiée dans I ouvrage de M. du Monccl, auquel nous avons emprunté celte description.

et autographiques. II put aisément s'assurer que non, car avec deux mouvements d'horlogerie convenablement réglés, mais établis sans aucune précision, le défaut de synchronisme ne se manifeste pas brusquement; ce n'est qu'au bout de quelques instants que les différences s'observent. En employant donc de simples mouvements d'horlogerie dans les appareils Morse combinés ainsi que nous l'avons dit précédemment, les signaux ne se déformeraient que successivement, mais alors celui qui recevrait la dépêche en serait averti, car les traits, au lieu d'être droits, se déformeraient aux angles des jambages et n'auraient plus la disposition voulue. Or, pour rétablir le synchronisme, il suffirait d'une vis régulatrice adaptée au mécanisme moteur du style que l'employé chargé de recevoir la dépêche manœuvrerait lui-même, suivant que besoin en serait, et au moyen de laquelle il modifierait la position du style lui-même. Tel a été le raisonnement sur lequel M. Garapon a fondé son système de synchronisme, système qu'on pourrait appeler synchronisme par correction . Nous n'insisterons pas sur les détails mécaniques de l'appareil de M. Garapon, qui ne sont pas encore définitifs; nous dirons seulement que, pour donner plus de régularité aux mouvements de ses appareils, M. Garapon a substitué aux volants à ailettes les pendules coniques appliqués par Huygens à l'horlogerie. Celte substitution entraîne, il est vrai, un ralentissement dans la vitesse du moteur; mais, comme la série des signaux qui peuvent êlrc faits occupe sur le papier, avec le système dont nous avons parlé, une place beaucoup moins grande que dans le système ordinaire, la vitesse de déroulement de la bande de papier n'a pas besoin d'être aussi considérable.

« On sait que certaines substances, telles que les acides sulfurique et nitrique étendus d'eau, les chlorures et oxydes de cobalt, l'hydrochlorate d'or, le nitrate d'argent, le lait, le suc d'oignon même, donnent au papier qui en est imprégné la propriété de noircir sous l'influence de la chaleur ou du contact d'un corps chaud. De cette propriété résulte que, si, par un moyeu quelconque, on peut rendre le style des télégraphes Morse constamment chaud, les traces fournies par lui pourront être noires

par le seul fait de son conlacl avec la bande de papier. Or, pour obtenir un style dans ces conditions calorifiques, il suffît simplement de le composer d'un fil de platine replié sur lui-même et d'une assez mince section pour être chauffé presque jusqu'au rouge par le courant d'un élément de Bunsen. C'est alors la partie anguleuse de ce fil replié qui, en touchant le papier, fournit les marques absolument comme la lame de fer dans les télégraphes électro- chimiques. L'expérience n'a pas encore déirtonlré, dit M. du Monccl, si ce moyen est réellement pratique; mais, quoi qu'il en soit, il est très-ingénieux et peut être applique dans beaucoup de cas. »

Télégraphe écrivant de n. Wheatstone. — Ce télégraphe, que

le savant anglais a présenté à l'Académie des sciences le 2i janvier 1850, a produit une sensation telle dans le monde scientifique, que nous croyons devoir insérer ici la note même de M. VVheatstonc, quoiqu'elle soit un peu longue ; mais l'importance de sa nouvelle invention ne permet pas de nous contenter d'un extrait.

« J'ai T honneur de soumettre à l'Académie un nouveau télégraphe automatique imprimant, lequel, je le pense, présente des avantages que l'on n'a pas encore obtenus jusqu'ici. Avec l'ap- . pareil déposé actuellement sur le bureau, on peut imprimer cinq cents lettres par minute. Les bandes trouées de papier qui déterminent Tordre et Ja succession des courants électriques par un mécanisme analogue à celui des métiers à la Jacquard sont préparées de telle sorte, que les groupes de points qui constituent les différentes lettres sont distinctement séparés, ce qui rend impossible la confusion à laquelle donne lieu fréquemment aujourd'hui la succession continue des lettres adjacentes; en outre, l'impression de la dépêche en points tracés à l'encre d imprimerie n'ajoute rien au poids des organes de l'appareil, ou n'oppose aucune résistance à la puissance motrice des électro-aimants.

« Mon invention consiste essentiellement dans une nouvelle combinaison de mécanismes ou appareils ayant pour objet la transmission, à travers un circuit télégraphique, de messages

ou dépêches préparées à l'avance, et qu'il s'agit de signaler ou d'imprimer à une station éloignée. De longues bandes ou rubans de papier sont percées, par une machine construite à cet effet, d'ouvertures ou trous groupés de manière à représenter les lettres de l'alphabet ou d'autres caraclères conventionnels. La bande ainsi préparée est placée dans un appareil associé à un rhéomo teur ou source quelconque de puissance électrique, lequel appareil, mis en action, lait mouvoir longitudinalemcnt la bande de papier et la fait agir sur deux pointes, de telle manière que, si l'une des deux pointes est soulevée, le courant est transmis au circuit télégraphique dans une certaine direction, tandis que, si c'est l'autre pointe qui est soulevée, le courant est transmis dans la direction opposée. Les soulèvements et les abaissements des pointes sont gouvernés ou déterminés par les trous du papier et les intervalles pleins qui les séparent. Ces courants, qui se suivent ainsi, tantôt dans une direction, tantôt dans la direction opposée, agissent sur un appareil écrivant ou imprimant à la station distante, de manière à lui faire produire des marques correspondantes sur un ruban ou bande de papier mue par un mécanisme approprié.

« Je vais maintenant décrire plus en détail les divers organes ou appareils de ce système télégraphique, en faisant remarquer à l'avance que chacune de ces parties ou organes a son individualité et son originalité propres, et peut être appliquée aux appareils déjà existants.

« Le premier appareil, appelé perforateur, est destiné à percer de trous les bandes de papier dans l'ordre voulu pour former la dépêche. La bande de papier passe dans une rainure servant à la guider; sur le fond de la rainure on a ménagé une ouverture assez large pour permettre le mouvement de va-et-vient du bord supérieur d'un châssis portant trois emporte-pièces ou poinçons dont les extrémités sont placées sur une même ligne transversale ou perpendiculaire à la longueur de la bande. Chacun de ces poinçons peut séparément se soulever, par l'action du doigt, sur une touche qui lui correspond. La pression du doigt sur la louche, en outre du soulèvement du poinçon correspondant, soulèvement

qui a pour objet de percer le papier, produit successivement deux mouvements différents : premièrement, elle soulève une pince qui fixe le papier dans la position qu'il occupe; secondement, elle fait avancer le châssis qui porle les trois poinçons. Dans ce mouvement en avant, celui des poinçons qui a été soulevé entraîne la bande de papier de la quantité voulue. Pendant la réaction de la louche ou pendant sa chute, après que le doigt a cessé de la presser, la pince, d'abord, qui maintenait le papier en place, puis le châssis, retombent à leur tour et reviennent à leur position normale. Les deux touches et les deux poinçons extérieurs servent ù percer les trous qui, par leur arrangement, représentent les lettres ou autres caractères; la louche et le poinçon du milieu servent à faire les trous qui marquent les intervalles de séparation de deux lettres ou caractères consécutifs. Les perforations de la bande se dessinent donc de la manière suivante :

no oo oo o o

« Par une addition très-simple, on rend le perforateur apte à transmettre de nouveau à une station plus éloignée une dépêche qui vient d'être reçue imprimée, sans qu'il soit aucunement nécessaire de la traduire, sans même qu'on ait besoin de savoir ce qu'elle exprime ou signifie. On fait passer la bande imprimée qui vient d'être reçue entre deux rouleaux, dont l'un reçoit le mouvement d'une vis tournée ù la main, de manière à faire passer successivement les caractères de la dépêche sous les yeux de l'opérateur. On agit avec la main droite sur les touches du perforateur, tandis qu on fait tourner la vis de la main gauche; à mesure que les caractères se présentent successivement à la vue, on abaisse les touches correspondantes aux points dont les lettres sont composées : c'est une opération toute machinale, et qui n'exige presque aucun exercice de 1 intelligence.

« II n'y a en réalité rien de changé à l'alphabet actuellement en usage; on peut convenir en effet que les poinls d'un coté de la bande représenteront les points ou marques courtes, et les points de l'autre côté de la bande, les trails ou marques longues

5i0 L'ÉLECTRICITÉ ET LES CHEMINS DE FER.

de l'alphabet acluel, l'ordre de succession des marques restant d'ailleurs ce qu'il est; seulement, dans mon système, les lettres occupent un espace moins long, et sont par conséquent lues plus facilement.

« Le second appareil, appelé transmetteur, a pour fonction de recevoir les bandes de papier préalablement percées par le perforateur, et de transmettre les courants produits par une pile voltaïque ou tout autre rhéomoteur, dans l'ordre et la direction déterminés par les trous faits dans le papier. Celle transmission s'opère par un mécanisme assez semblable à celui par lequel le perforateur exerce ses fonctions. Un excentrique produit et règle la récurrence ou succession de trois mouvements : 1° le mouvement de va-et-vient d'un petit châssis qui contient une coulisse avec rainure destinée à reœvoir la bande de papier et à la faire avancer pendant le déplacement en avant du châssis; 2° le soulèvement et l'abaissement d'un ressort qui maintient la bande de papier fixe pendant le mouvement en arrière du châssis, et lui permet de le suivre dans son mouvement en avant; 5° l'élévation ou soulèvement simultané de trois tiges minces ou fils placés parallèlement les uns aux autres, reposant par l'une de leurs extrémités sur Taxe de l'excentrique, pénétrant par leur autre extrémité libre dans des trous percés dans la rainure de la coulisse. Ces trois fils ne sont pas fixés à l'axe de l'excentrique, mais chacun d eux est appuyé contre lui par un ressort poussant de bas en haut, de sorte que, si l'on exerce un léger effort sur l'extrémité libre de l'un quelconque des fils, le fil que l'on presse peut s'abaisser indépendamment des autres. Si la bande de papier n'est pas insérée ou mise en place, cl si on fait mouvoir l'excentrique, une pointe attachée à chacun des iils extérieurs passe, durant chaque mouvement en avant et en arrière du châssis, du contact avec un ressort au contact avec un autre ressort; et, par le moyen de contacts et d'isolements convenablement ménagés, tout est disposé de telle sorte, que, pendant qu'un des fils est abaissé, l'autre restant soulevé, le courant passe de la pile voltaïque dans le circuit télégraphique, suivant une certaine direction, tandis qu'il passe dans la direction contraire, si le fil d'abord soulevé

TÉLÉGRAPlilE ÉLECTRIQUE. 541

est maintenant abaissé, et réciproquement; le courant sera interrompu ou cessera de passer, si les deux fils sont à la fois soulevés ou abaissés. Si maintenant la bande de papier préparée est placée dans la rainure et entraînée en avant, quel que soit celui des deux iils qui entre dans un des trous de la rangée ou série qui lui correspond, le courant passe dans une direction, et, quand l'extrémité de l'autre fil entrera à son tour dans un des trous de la seconde rangée ou série, le courant passera dans la direction opposée. Par ce moyen, les courants sont amenés à se succéder l'un à l'autre automatiquement dans l'ordre et la direction voulus pour produire toute espèce de signaux. Le fil du milieu agit simplement comme guide du papier pendant la cessation des courants. La roue qui fait marcher l'excentrique peut être tournée par une force motrice quelconque.

« Au lieu de la \n\c voltaïque, on peut employer une machine magnéto-électrique ou électro-magnétique, comme source d'électricité. Dans ce cas, le transmetteur et la machine magnéto-électrique ou électro magnétique forment un appareil unique, mû par la môme puissance, et sont tellement adaptés l'un à l'autre, que les courants ou décharges sont produits au moment où les aiguilles du transmetteur entrent dans les trous du papier perforé. Lorsque le mouvement des transmetteurs sera effectué par des machines, un ou deux aides suftiront pour en surveiller un nombre quelconque et recevoir un nombre égal de dépêches.

« Le troisième appareil, appelé récepteur, produit à la station ^arrivée sur une bande de papier des marques ou points noirs correspondants dans leur arrangement régulier avec les trous du papier percé. Les plumes ou styles sont soulevées ou abaissées par leur liaison avec les parties mobiles ou armatures des électroaimants; elles sont entièrement indépendantes l'une de l'autre dans leur action et tellement disposées, que, si le courant passe à travers le fil inducteur de l'électro-aimant, dans une direction, une des plumes est abaissée; et que, lorsque le courant passe en sens contraire, c'est l'autre plume qui est abaissée. Lorsque le courant cesse, de légers ressorts ramènent les plumes à leur position ou à leur élévation normale. L'encre est fournie aux plumes

de la manière suivante : un réservoir de Irois millimètres environ de hauteur, d'une longueur et d'une largeur convenables, fait d'une pièce de mêlai, est doré à l'intérieur pour prévenir l'action corrosive de l'encre qu'on y verse; le fond de ce réservoir est percé de deux trous assez petits pour que l'action capillaire empêche l'encre de couler par ces ouvertures; les extrémités de ces plumes sont placées immédiatement au-dessus de ces petits trous, et elles y pénèlrent lorsque l'action de l'électro-aimant les abaisse, emportant avec elles une charge d'encre suffisante pour imprimer des marques ou points très-visibles à la surface du papier qui passe sous elles. Le mouvement ou la progression en avant du papier est produit et réglé par un mécanisme semblable à celui des récepteurs des autres télégraphes imprimants.

« Le quatrième appareil, appelé traducteur, a pour objet de traduire le signal télégraphique formé d'une succession ou ensemble de points ou de marques conventionnelles en caractères alphabétiques ordinaires.

« Dans le système que j'ai adopté, et qui limite à quatre le nombre des points entrant dans un signal, on dispose de trente caractères distincts. Le traducteur montre au dehors neuf louches, dont huit sont disposées sur deux rangées parallèles, quatre dans chaque rangée; la neuvième touche est placée séparément. La parlie principale du mécanisme est une roue portant:! sa circonférence trente types placés à des dislanccs égales, représentant les lettres et autres caractères de l'alphabet . Un second mécanisme est tellement disposé et uni au premier, que, si l'on abaisse les touches de la rangée supérieure, la roue s'avance de 1, 2, 4 ou S pas ou lettres; que, si l'on abaisse de la même manière les touches de la rangée inférieure, la roue avance respectivement de 2, 4, 8 ou 10 pas ou lettres. Par celle disposition, lorsque les touches sont abaissées successivement dans l'ordre dans lequel les points sont imprimés sur le papier, c'està-dire si l'on abaisse la première touche pour un point, la première et la seconde pour deux points, etc., et que Ton choisisse les touches de la rangée supérieure ou de la rangée inférieure, suivant que le point est sur la ligne supérieure ou sur la ligne in-

férieurc de la bande de papier imprimée, la roue à types ou lettres sera amenée dans la position convenable pour montrer la lettre correspondante à la succession ou ensemble de points tracés sur la bande. La neuvième touche, lorsqu'elle est abaissée, agit pour imprimer le type ou ia lettre sur la bande, pour la faire avancer de manière à offrir une place fraîche ou libre à la roue à types, et pour ramener la roue à types à sa position première.

« Je termine par quelques remarques sur les avantages que présente le nouveau système.

« Quelle que soit la dextérité pratique que puisse acquérir un opérateur agissant par sa volonté, le résultat obtenu par lui sera toujours très-inférieur à celui qui sera donné par un procédé automatique qui n'est limité que par la vitesse que l'on peut impri- # mer aux mouvements du transmetteur. Dans l étal actuel de construction de mon appareil, on peut transmettre à des distances moyennes cinq fois plus de signaux qu'on ne peut en envoyer aujourd'hui; pour des distances très-considérables, et dans des conducteurs soumis à des intluences inductrices, la vitesse de transmission est nécessairement limitée par la tendance que des courants très-courts ou qui se succèdent avec une grande rapidité ont à s'unir ou à se fondre l'un dans l'autre.

«Mais, alors même que le procédé automatique ne remporterait pas sur le mode d'expédition à la main au point de vue de la vitesse d'impression ou de transmission des dépêches, il n'en serait pas inoins vrai qu'il possède des avantages incontestables. Actuellement, pour que le travail d'une ligne télégraphique soit profitable, il faut que l'opérateur arrive à manipuler aussi rapidement que le permet l'exactitude de la transmission de la dépêche; il faut beaucoup d'intelligence ou d'adresse pour devenir mailrc dans ce genre de manipulations; il faut en outre que la langue dans laquelle la dépêche est écrite soit tout à fait familière à celui qui l'expédie ; car, s'il avait à envoyer une dépêche écrite dans une langue inconnue ou en chiffres, il serait forcé de procéder avec précaution et avec lenteur.

« Dans mon nouveau système, au contraire, les dépèches préparées sont transmises avec la même rapidité, dans quelque langue

alphabétique ou chiffrée qu'elle soit écrite, etncomme les bandes trouées peuvent être préparées à loisir, comme aussi elles peuvent être soumises û la révision d'un correcteur, on se trouve dans des conditions d'exactitude que le système de transmission volontaire à la main ne fournira jamais. S'il faut plusieurs aides pour préparer les dépêches que pourra expédier une seule li^riie télégraphique constamment en activité, leur temps, au point de vue économique, aura beaucoup moins de valeur ou coulera moins que le temps employé à transmettre un message à la main.

« Un autre avantage du nouveau système est que la même dépêche préparée peut être transmise par un nombre quelconque de lignes distinctes, sinon simultanément, du moins par une succession si rapide, qu'elle équivaut à la simultanéité; sans aucun travail additionnel, la même dépêchp peut être transmise une seconde fois si cela est nécessaire; et les dépêches relatives à un service courant, journalier ou périodique, peuvent être gardées pour servir à une transmission nouvelle quand le besoin s'en fera sentir.

« Si le système de transmission automatique était généralement adopté, il serait plus convenable que les dépêches fussent préparées dans le bureau même qui commande leur expédition, d'autant plus que les appareils à l'aide desquels on les préparc sont très -portatifs et très-peu coûteux. Les opérations dans le bureau télégraphique se borneraient dans ce cas à faire passer les bandes trouées à travers le transmetteur d'une station, et ;ï recevoir à l'autre station la dépêche imprimée. La traduction comme la préparation de la dépêche resteraient du ressort du bureau de l'administration qu'elle concerne.

« Dans le cas actuel, il ne s'agit pas de substituer à un genre d'habileté acquise un autre genre également difficile à acquérir; ce qui condamnerait l'universalité des employés à un travail long et pénible. La grande dextérité pratique exigée aujourd'hui ne sera plus nécessaire, puisque les principales et les plus laborieuses opérations sont entièrement automatiques ou mécaniques; il n'y a que fort peu de chose à apprendre, il y a plutôt quelque chose à oublier. »

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