‹ L'électricité et les chemins de ferChapitre 40 sur 51 · TÉLÉGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

TÉLÉGRAPHIQUES

Bêlai* rhéotomlque de M. du Moncel. — Depuis longtemps

Wheatstone avait cherché le moyen de résoudre ce problème, et avait imaginé un appareil fondé sur la persistance de la déviation du galvanomètre soumis à un courant interrompu à intervalles très- rapprochés; mais le parfait isochronisme qu'exigeaient ces appareils dans leur mouvement et la lenteur de la transmission les rendaient peu applicables à la pratique. M. du Moncel a cherché un autre moyen, et il a présenté à ce sujet à l'Académie des sciences une note dont voici la substance.

Qu'on suppose à la station centrale, distante de celle qui transmet, un mécanisme d'horlogerie dont le mouvement soit le plus accéléré possible, et dont l'effet mécanique soit de mettre en mouvement, circulaire ou rectiligne, un frotteur 5 piston appli-

qué sur une plaque fixe eu ivoire. On conçoit facilement que si la plaque d'ivoire porte dans toute la longueur de la course du piston autant de petites plaques métalliques qu'il faut mettre d'appareils en mouvement, le piston, à chaque course, pourra envoyer successivement un môme courant à différents appareils. Or, en admettant que le mouvement d'horlogerie soit subordonné à un électro-aimant interposé dans le circuit d'un relais ou dans celui môme de la ligne, et que chaque attraction de cet électro-aimant ait pour effet de permettre au frotteur à piston de fournir une course entière, il arrivera qu'à chaque fermeture du circuit du relais il y aura une série de circuits fermés successivement, circuits qui pourront s'établir avec une infinie rapidité, car, pour être ouverts de nouveau, ils n'ont pas besoin d'être en rapport avec les actions mécaniques produites.

Ce système de relais rhéotomique, que son auteur ne croit applicable qu'aux télégraphes à aiguilles, pourrait l'être d'une manière plus simple si la'transmission multiple devait être faite de la station môme d'où part la dépêche, car alors le communieateur agirait directement sur le mouvement d'horlogerie sans avoir besoin ni d'un relais ni d'un électro-aimant qui exerce son action sur le relais rhéotomique.

Appliquant le principe de la commutation de courants, M. Regnard a proposé un relais double pour transmettre une dépêche dans deux directions différentes ; ce relais était fondé sur l'emploi d'une paire d'électro-aimants doubles avec des doubles armatures aimantées, comme ceux que nous avons déjà mentionnés dans ce môme chapitre.

Dernièrement nous avons appris par M. Wheatstone lui-même qu'il est sur le point de résoudre le problème d'établir sur le fil conducteur d'une ligne télégraphique toutes les dérivations, môme au nombre de mille, s'il le fallait, dit-il, sans que le courant cesse d'être assez énergique pour mettre en mouvement un nombre égal d'appareils. Nous supposons que ce sera par le moyen d'autant de piles locales; mais, même ainsi, la solution du problème serait d'une importance extraordinaire et préférable à l'emploi d'un relais rhéotomique quelconque.

TÈLÊGRANIIE ÊLEIÎTRIQ FK.

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