‹ L'électricité et les chemins de ferChapitre 43 sur 51 · APPLICATION DE LA V APEC H A LA TRANSMISSION ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

APPLICATION DE LA V APEC H A LA TRANSMISSION ÉLECTRIQUE

L'Ami des Sciences du iô décembre 1857 a inséré l'article suivant, que nous transcrivons sans commentaires, car ils seraient complètement inutiles.

s'occupe beaucoup, en Angleterre, d'un nouveau, système de transmission électrique inventé par M. Boggs, et au moyen duquel il serait possible, suivant l'auteur, de transcrire douze colonnes du Times en moins d'une heure. L'inventeur a été amené à celte découverte, dit-il, par ses réflexions sur la lenteur de la télégraphie actuelle. Le mot de lenteur peut sembler paradoxal lorsqu'il s'agit d'une puissance capable de franchir 510 millions

de mètres par seconde *. Aussi n'est-ce pas à l'électricité que s'en prend M. Boggs, mais à l'association, maladroite selon lui, du travail qu'effectue lentement l'employé chargé de la transmission, avec l'instantanéité du fluide. C'est un excellent domestique, prompt comme la pensée, commandé par un maître d'une lenteur extrême, qui met mille fois plus de temps à formuler ses ordres que son serviteur à les exécuter. Le problème consisterait donc à établir une indépendance bien complète entre la transmission électrique proprement dite et le travail de l'employé chargé de traduire le langage usuel en signes conventionnels aptes à être reproduits par les intermittences d'aimantation qui constituent le point de départ de toute télégraphie magnétique. Voici la solution que propose M. Boggs, qui demande que l'on se serve de la vapeur comme auxiliaire de l'électricité :

« Disposons une série de bandes de gulta-percha, d'environ 6 pouces de largeur et de 3 lignes d'épaisseur, s'eïiroulant sur des roues ou des tambours construits ad hoc. Ces bandes sont garnies des deux côtés d'une série de trous à de faibles intervalles bien égaux. Lorsqu'un message destiné à la transmission se présente, l'employé prend une de ces bandes, et plante dans les trous des épingles de cuivre dont la succession une par une, deux par deux, avec un ou plusieurs trous d'intervalle sans épingle, peut offrir toutes les combinaisons désirables pour le plus sirpple comme pour le plus compliqué des alphabets télégraphiques. De cette façon, les dépêches sont pour ainsi dire composées d'après une typographie de convention, où des employés exercés peuvent arriver à une grande rapidité d'exécution. C'est absolument une imprimerie, où chaque compositeur a sa case devant lui, et fait isolément un travail auquel il ne manque plus que la rapide formalité du^ tirage pour lui donner vie, et le reproduire indéfiniment. Pendant tout le temps que les employés de la télégraphie consacreraient à cette composi

1 D'après les expériences de MM. Fizcnu et Gounellc, mentionnées dans le sixième chapitre, la vitesse de l'électricité est de 100 millions de mètres par seconde dans un fil de fer de 4 millimètres de diamètre, et de 180 millions dans un fil de cuivre de 2 millimètres et demi.

tion. le fil électrique offrirait l'inappréciable avantage d'être librt pour d'autivs expéditions. I nc fois les bandes de gutta -percha ornées de leurs épingles hiéroglyphiques, il ne reste plus que la seconde partie de l'opération, rapide celle-ci comme la pensée. On apporte les tambours, en ayant soin qu'il ne se produise aucun dérangement dans l'ordre des épingles, ce qui est facile à é\iler ; puis ces tambours sont mis en communication avec une machine à vapeur installée de manière à attirer régulièrement les bandes entre les pôles d une pile électrique disposée de telle sorte, qu'au moment où la tète de l'épingle louche le point sensible, la communication électrique soit instantanément établie et transmette le signal à Y extrémité du réseau, où l'électricité trace ses intermittences sur des bandes de papier qu'il est aisé de préparer dans ce but. La vitesse de la machine à vapeur déroulant les bandes de gutla-percha n'a d'autres limites que celles que l'expérience précisera. Dans tous les cas, il est un fait acquis par des épreuves bien antérieures £t fréquemment répétées, c'est qu'il suffit d'un contact de la deux centième partie d'une seconde avec le conducteur du fluide pour le sensibiliser et faire répercuter à l'autre ^extrémité du monde la secousse ou l'aimantation produite dans ce laps de temps infiniment petit. On voit avec quelle rapidité les communications peuvent avoir lieu par suite de cette ingénieuse idée, de séparer le travail de la composition de celui de l'expédition du même message. Dès que les bandes lie gutlapercha d'un tambour seraient déroulées, — et il faudrait peu de temps, — d'autres tambours viendraient s'emparer de la place libre, et celle succession de dépèches serail seulement limitée par la proportion numérique des employés chargés de fixer les épingles de cuivre selon les données de l'alphabet conventionnel adopté. »

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