RELAIS
Les pertes qu'éprouve un courant électrique, dans son parcours sur la ligne, sont généralement assez faibles et assez constantes; mais elles peuvent accidentellement augmenter tout à coup. Il pleut, par exemple, et Fair, très-humide, absorbe de grandes quantités d'électricité; les poteaux, qui soutiennent le
fil, deviennent également plus perméables, et les dérivations résultantes peuvent être considérables. Souvent aussi, les branches d'arbres viennent loucher le fil, et il se produit une saignée imprévue qui affaiblit notablement le courant principal. 11 peut donc arriver que Télectricité envoyée par le manipulateur ne parvienne plus en quantité suffisante au point de destination, et n ait plus assez de force pour accomplir le travail qu'on exige d'elle et faire mouvoir les appareils.
C'est pour remédiera cet inconvénient et parer à cette éventualité possible, qu'on a construit les relais. Ces nouveaux appareils, suffisamment définis par leur nom, ont pour but de relayer le courant extrême venant de la ligne, et de lui substituer un autre courant plus fort fourni par une pile locale. Celui-ci aura toujours assez de puissance pour faire mouvoir les appareils à signaux.
Le fil de la ligne communique encore avec un électro-aimant, dont l'armature très-légère est rendue d'autant plus mobile qu'elle ne fait mouvoir aucun appareil. Cette tige communique constamment avec un des pôles de la pile locale ; au repos, quand l'armature n'est pas attirée par l'électro-aimant, le circuit de celle-ci est interrompu; mais aussitôt que l'électricité de la ligne, si faible qu'elle soit, arrive dans l'électro-aimant, la tige est déplacée et vient toucher une pointe métallique posée devant elle. Cette pointe est reliée au second pôle de la pile locale, que l'armature met ainsi en communication avec le premier. Le circuit est alors formé, et dans ce courant local, se trouve le
réceplei
, Autant de fois l'électricité de la- ligne dé-
placera la tige, autant de fois la pile locale agira sur
l'appareilà signaux. On remplace donc un courant dont la puissance est inconnue, par un autre aussi fort qu'il est nécessaire, sans que les signaux en soient altérés. ,
Cdié de b ligne.
Flg. 10.
- Figiirt^ ihiotique des rclaii.
Les relais, qui donnent pour ainsi dire à l'électricité i
locale l'ordre d'agir, peuvent rendre de très-grands
' services : ils sont d'un usage d'autant plus commode
que la pile locale est nécessaire pour lesbesoins même
I^'STRlMENTS EMPLOYES EN TELEGRAPHIE. 3?
du poste. Celle-ci est distincte de la grande pile de la ligne ; le courant qu'elle fournit ne doit circuler que dans rintérieur du poste ; c'est elle qui fait marcher les relais, qui permet de régler les appareils et de vérifier à chaque instant leur^état.
Quand Morse vint en Angleterre, son système fut repoussé à. l'unanimité. Les Anglais étaient déjà en possession d'un autre télégraphe inventé par M. Wheatstone, plus compliqué mais plus parfait que celui de Morse. Ce dernier exigeait une grande force électrique, et ne pouvait agir qu'à de très-faibles distances. L'appareil américain, si admirablement simple aujourd'hui, allait donc être abandonné, lorsque l'inventeur eut connaissance des relais^appHqués dans le système anglais. Morse s'empara aussitôt de cette idée, et complétant son appareil, le rendit capable d'agir à toutes les distances.
Depuis cette époque, les relais ont été beaucoup simplifiés; maintenant ils sont adaptés à presque tous les appareils; celui qui vient d'être décrit a été construit par M. Froment, et adopté par l'administralion française.
TRANSLATEURS
Souvent le poste doit être traversé par une dépêche sans la recevoir, soit que le poste ait peu d'importance., soit que la dépêche ait besoin d'être tenue secrète. Dans ce cas, on avertit de fermer le poste et d'établir la communication directe entre les postes correspondants. Le relais sert alors de translateur; il lance l'électricité dans la ligne et non plus dans le récepteur ;
lorsqu'il en est ainsi, le relais ne marche plus par la pile locale, mais par la grande pile de correspondance, et c'est le courant de celle-ci qui est envoyé dans la ligne. ^
Un relais quelconque, celui de M. Froment comme un autre, peut servir de translateur. Au lieu de faire communiquer Tarmature avec le récepteur, on la met | en rapport avec la ligne, et le jeu de Tappareil reste le même. Le courant nouveau déterminé par le mouvement du relais n'agit plus sur Téleclro-aimant principal du poste, mais il va faire marcher le relais du poste éloigné. Ainsi, une dépêche envoyée directement de Paris à Marseille traversera tous les postes intermédiaires sans y être interceptée ; le relais d'un de ces postes fera mouvoir le relais voisin et ainsi de suite jusqu'au récepteur. A chaque appareil le courant change ; il devient celui de la pile du poste traversé, sans que les circonstances de la transmission soient changées.
Comme la dépêche doit pouvoir marcher dans les deux sens, afin que la réponse suive la question sans être arrêtée, il faut que le relais translateur soit double. Dans chaque poste intermédiaire, il doit y avoir deux relais, un correspondant à chaque côté de la ligne. L'électricité arrivant de la ligne de droite ira faire marcher le relais placé en tête de la ligne de gauche et inversement. Pour les communications directes, il ne faut naturellement qu'un seul relais; lequel agit sur le récepteur.
Ici encore le rôle du relais translateur est d'assurer le transport de la dépêche, en renouvelant sans cesse
le courant affaibli qui ne pourrait porter aussi loin les missives inconnues.