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SONNERIE

La personne chargée de recevoir la dépêche ne peut être continuellement devant le récepteur, attendant que le mouvement se produise; il est nécessaire de l'avertir lorsque la correspondance va commencer. A cet effet, on a employé, dès le principe, une sonnerie d'alarme. Il y avait déjà une sonnerie dans le premier système télégraphique, celui de M. Wheatstone, expérimenté en Angleterre en 1837. Dans ces expériences, le télégraphe marcha parfaitement, au grand saisissement des assistants, mais les sonneries fonctionnaient difficilement; c'est à cette occasion même que les relais furent inventés.

On compte autant de sonneries différentes que de systèmes de télégraphe ; chacun a voulu faire preuve d'imagination. Mais la sonnerie à trembleur est celle qui est le plus fréquemment usitée, surtout en France. Elle se compose d'un électro-aimant ordinaire, dont Tarmature terminée en marteau vient frapper un timbre dans ses oscillations successives. Cette armature est en communication continue avec la pile ; dans son état normal, elle s'appuie sur une tige métallique. Le courant de la pile passe de l'armature sur cette tige, et de là àTélectro-aimant de la sonnerie. Dès que Télectricité arrive, le marteau, attiré par le fer aimanté, vient frapper sur le timbre ; dans ce mouvement, il abandonne la tige, et le courant est interrompu ; mais alors le marteau, n'étant plus attiré, retombe et revient à sa position

normale. Le courant se rétablit, et ainsi de suite. Il se produit de celte manière une série d'attractions et de chutes très-rapides, mouvement qui ressemble assez à un tremblement. Pendant ce tenfps le limbre est choqué, et la sonnerie appelle jusqu'à ce qu'on vienne enlever le courant et le lancer dans le récepteur.

Fig. 11. — Soaiurie,

Toutes les fois que le télégraphiste s'éloigne de son appareil, il met la ligne en communication avec la sonnerie. Grâce à ce soin, dès qu'on fera les signaux préliminaires d'une dépêche, l'employé sera immédiatement averti ; il répondra aussitôt qu'il est prêt à recevoir le télégramme, et, enlevant la sonnerie, il mettra la ligne en relation avec le récepteur. Alors il recevra sa dépêche.

La foudre,' qui se manifeste à nous par l'éclair et le tonnerre, et dont les etTets sont si terribles, n'est autre chose qu'une décharge électrique. Des nuages orageux,

fortement électrisés, parcourent les airs et foudroient les objets. Les anciennes machines, dont on s amusait avant la découverte de la pile, produisent les mêmes effets que la foudre. Mais Pélectricité développée ainsi n'est pas de même nature que celle qui provient d'une pile. Les propriétés, les actions sont différentes. L'une fond et volatilise les fils métalliques qu'elle traverse ; c'est ainsi que lorsque la foudre atteint un édifice, elle détermine la fusion des cordons de sonnette, du tain des glaces, et des diverses pièces de métal qu'elle trouve sur son chemin; elle a de plus une tendance remarquableà passer par les objets pointus, et c'est par suite de l'observation de ce fait que Ton a construit les paratonnerres. L'électricité produite par la pile, au contraire, ne possède que très-faiblement ces propriétés ; à peine si elle échauffe les fils qui la conduisent, et encore faut-il qu'ils soient très-fins ; les pointes la laissent indifférente; mais elle peut parcourir de longues distances, ce quia permis de l'utiliser pour la télégraphie. C'est pour caractériser ces étals différents de l'électricité qu'on leur a donné deux noms particuliers, qui n^ont que le tort d'exprimer fort mal ce qu'ils ont l'intention de dire. L'électricité voyageuse de la pile s'appelle dynamique ; l'autre prend le nom de statique. Ces mots n'ont d'importance que sur les programmes d'enseignements officiels.

Quand le temps est à l'orage, Tatmosphère est pour ainsi dire entièrement imbibée d'électricité ; le courant qui parcourt les' fils télégraphiques au milieu de l'air, se trouve modifié. Il entraine avec lui une quantité parfois considérable d'électricité atmosphérique ;

celle-ci suit tant bien que mal le fil conducteur, et arrive jusque dans le poste. D'autres fois encore la foudre, en éclatant dans l'air, rencontre le fil télégraphique et le suit jusqu'au bout, comme elle suit la chaîne d'un paratonnerre.

Arrivée au poste, cette électricité atmosphérique peut occasionner les plus graves désastres. Les fils des électro-aimants sont fondus, les appareils sont saccagés, remployé peut être foudroyé, et ces accidents sont d'autant plus redoutables que le plus souvent Torage •est lointain, et que rien ne faisait prévoir un pareil sinistre. Sans cesse, les journaux et les bruits publics mentionnent les effets, aussi bizarres que terribles, produits par ces explosions inattendues. Des personnes renversées, des objets déplacés,, des salles entières bouleversées, et tant d'autres détails qui seraient comiques s'ils n'étaient épouvantables : voilà ce que vient faire la foudre dans un poste télégraphique. 11 est donc de toute nécessité de préserver ces maisons de la foudre, au risque même de ne pas recevoir la dépêche. Aussi, lorsqu'un orage un peu violent est signalé sur le trajet d'une ligne, tous les fils venant de cette ligne sont mis à la terre^ c'est-à-dire que l'électricité quelle qu'elle soit, apportée par ces fils, s'écoule dans le sol sans passer par les appareils. Si pourtant, il est absolument nécessaire de correspondre, il faut alors faire un détour, prendre une ligne qui n'est pas à l'orage, et -atteindre par elle le poste de destination.

Lorsque l'orage n'est pas très-violent, on se contente de mettre un parafoudre dans le circuit. C'est un instrument qui ne laisse passer que l'électricité de la

OSTRCSIENTS EMPLOÏÉS ES TÉLÉfiRAPHIE. *3 pile , et arrèlc entièrement l'électricité Toudroyante accompagnant la première : au besoin même, il peut interrompre toute communication de la ligne avec les appareils et mettre le fil à la terre.

Les parafoudres employés dans les chemins de fer sont très-simplement disposés; ils suffiront pour faire comprendre le principe des appareils plus compliqués.

Le fil, vemint de la ligne, communique d'abord avec une plaque de métal garnie de pointes nombreuses, ce qui la fait ressembler à une sorte de peigne ; vis-à-vis cette première plaque, il s'en trouve une autre toute semblable et reliée au sol. La foudre, entraînée par le courant de la pile, arrive sur la première de ces plaques, y rencontre les pointes et s'écoule par elles dans te sol; l'électricité dynamique, sur laquelle les pointes n'ont pas d'influence, continue son chemin; elle passe dans un fil de cuivre très-fin, enfermé dans un tube de verre, et de là elle arrive aux appareils de réception. Si la foudre était en trop grande quantité pour s'écouler entièrement par les pointes, elle serait arrêtée à ce fil très-6n, qui se fondrait immédiatement : le passage se trouverait alors intercepté, et aucune éleclricité n'arriverait aux appareils.

Dès que Ton voit une transmission irrégulière ou des signaux désordonnés, on présume qu'il y a un orage sur le parcours de la ligne, et on s'empresse de mettre le parafoudre dans le circuit. Si cette précaution est suffisante, on peut continuer la correspondance, en agissant toutefois avec la plu$ grande prudence. Mais si le fil de l'appareil est fondu, il faut immédiatement mettre la ligne à la terre, et établir cette communication avant même que les fils pénètrent dans le poste. Le parafoudre, en effet, est loin d'être aussi efficace qu'il le parait au premier abord, et il ne faut avoir en ce préservatif qu'une confiance très-limitée; carondoit songer, avant toutes choses, que la foudre est terrible et que ses effets ne sont soumis à aucune loi connue d'avance.

Grâce à ces précautions minutieuses, quand la foudre tombe sur un poste télégraphique, elle ne produit souvent aucun dégât. Sur la ligne au contraire, il arrive fréquemment que l'orage éclate entre les fils et les nuages ; plusieurs poteaux sont parfois foudroyés : ils sont traversés, fendus du haut en bas, sans qu'ils cessent, du reste, de continuer leur office. Que n'en est-il ainsi pour les hommes !

BOUSSOLES ET GALVANOMÈTRES

L'expérience d'Œrsted, qui a servi de point de départ à rélectro-magnétisme et par suite à la télégraphie, montre l'influence d'un courant sur une aiguille aimantée. Elle permet en même temps de reconnaître si \ un fîl métallique est traversé par un courant. L'action i du fîl sur une boussole voisine mettra le fait en évidence.

INSTRUMBKTS EHPLOYËS BN TÈLÊGRAPU{B. 45

D'après ce principe, on a construit un appareil, indispensable dans toutes les recherches sur l'électricité, et nommé galvanomètre. La sensibilité de cet instrument peut être rendue infinie; il accuse la présence des moindres courants, et cette qualité le rend eitrémement précieux pour Ië service télégraphique comme pour les recherches les plus élevées de la science.

F g IS i, d ca n J p qu

Une aiguille aimantée très-mobile, suspendue à un fil très-léger, est placée sur un cercle Tiorizontal. AQn de rendre la mobilité plus grande encore, et d'annuler presque entièrement l'action de la terre, on accouple à cette première une seconde aiguille qui lui est en tout

semblable, de même Torme et également aimantée. On dispose le système de façon que si l'une veut se diriger vers le nord, l'autre tende à aller au sud. C'est ce qu'on appelle un système asiatique. Ces deux aiguilles solidaires l'une de l'autre, sollicitées en sens inverse, forment un appareil presque compiétement soustrait au magnétisme terrestre ^illeseraît entièrement, siles aiguilles avaient exactement la même aimantation, ce <]u'on ne peut jamais obtenir.

Fig. 14.— Bouisole ordinaire.

De ces deux aiguilles, l'une est visible sur le cercle et en parcourt les divisions ; l'autre placée au-dessous est entourée d'un cadre en bois. Autour de ce dernier, s'enroule plusieurs fois, comme sur une bobine, un fil de cuivre recouvert de soie, afin que chaque tour soit isolé des tours voisins. C'est dans ce fil qu'il faut reconnaître la présence d'un courant, et pour cela on en réunit chaque extrémité à un bouton auquel s'attache le ûl à expérimenter.

Comme dans leséleclro-aimants, chaque tour agit isolément et déplace l'aiguille. Si faible que soit te courant, son action, multipliée par le nombre de fils, devient

perceptible ; et comme sur chaque aiguille les actions s'ajoutent, on voit que la sensibilite.de l'appareil n'a pas de limite. Dans les expériences ordinaires, on se contente de vingt-cinq à trente tours du fil autour du cadre ; mais pour les observations délicates qui exigent une grande précision, on ne se sert que d'appareils ayant ordinairement cent cinquante tours, et quelquefois dix-sept mille, ce qui représente une longueur de plusieurs kilomètres.

Plus le courant, qui est manifesté par le galvanomètre, sera fort, et plus la déviation de l'aiguille sera grande : on conçoit que par ce déplacement, il soit possible de mesurer la puissance d'un courant. Le cercle sur lequel se meut Taiguille est divisé, et la graduation indique souvent la force même du courant. Le galvanomètre devient alors une boussole, laquelle, par une seule lecture et quelques faciles manipulations, donne la mesure du courant électrique. Dans les postes télégraphiques, on emploie des boussoles qui diffèrent l^èrement. par la forme, et non par le principe, des galyanomètres ordinaires.

Tous les postes doivent être munis de boussoles et de galvanomètres. Généralement, un de ces appareils est Gxe, encastré dans la table, et couvert d'une cloche de ?erre ; on le consulte quand on cherche l'état de la ligne. On sait à peu près d'avance la déviation correspondant I une réception convenable : si la déviation obtenue est trop faible, cela veut dire qu'il se produit des pertes sur a ligne ; si la déviation est convenable, sans que la ré- «ption soit bonne, on en conclut qu'il y a un dérange- Dent entre le galvanomètre et l'appareil à signaux.

Outre ce galvanomètre, chaque poste est encore muni d'autres appareils du même genre, mobiles et pouvant servir à des expériences en divers endroits de la pièce. Il est nécessaire d^avoir tous ces instruments en double ; car, il faut bien le reconnaître, le principal écueil de la télégraphie provient de la sensibilité parfois extrême des appareils : le moindre accident les dérange et les rend impropres au service. Or il faut toujours avoir des appareils dont on soit sûr, et qui ne refusent pas leur office au moment même où il en est besoin.

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