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LION ES SOUTERRAINES

Le long des routes, à travers les campagnes, dans les bourgs ou les villages, les lignes aériennes sont faciles à surveiller, peu coûteuses à établir, et ne perdent ordinairement que très-peu d'électricité en traversant Tatmosphère; de plus, elles peuvent même, ajoute-t-on, donner aux passants la curiosité de la science. Il n'ea est pas de même dans les grandes villes. D*abord ces fils grêles et nombreux, semblables à de longs cordons de sonnette, déparent les plus beaux quartiers et nuisent à l'effet artistique de belles avenues longues et régulières que nous aimons tant aujourd'hui. De plus, le vent fait vibrer les fils, et ce bruit ne peut jamais être complètement évité., Si les fils ou les poteaux se rompent, des personnes courent risque d'être écrasées ou foudroyées. Ajoutons que les lignes aériennes sont exposées à être tout à coup brisées en certains jours tumultueux. C'est pourquoi, dès 1854, l'administration a jugé utile de cacher les nombreux fils télégraphiques qui, venanl aboutir aux Tuileries, déparaient, dit-on, Tharmonie de ce superbe palais, et a fait étudier le moyen d'établir

des lignes souterraines, en renfermant sous le sol tous les fils qui sillonnaient Paris.

Au début de la télégraphie, alors que les lignes aériennes paraissaient impossibles, on installait partout des réseaux souterrains. La Prusse el la Russie avaient organisé ainsi tout leur système télégraphique. Mais on s'aperçut bientôt que, dans le sol, les fils se rouillaient, les enveloppes protectrices se détruisaient rapidement, et Ton renonça aux câbles souterrains, partout où leur emploi n'était pas nécessaire.

Pour protéger le conducteur électrique de Faction destructive du sol, mille moyens ont été proposés, mais, jusqu'à ce jour, aucun avec succès bien constaté. On a recouvert les fils de gutta-percha, puis de bitume : la gutta-percha s'écaillait et tombait en poudre, le hilumc se fendait ou était attaqué par les fuites du gaz. L'em- |)loi d'un bitume particulier a été accueilli pendant quelque temps avec un certain engouement; des essais avaient parfaitement réussi sur le chemin de fer de Bouen ; mais, à Paris, les cables ne purent rester à côté des tuyaux de conduite du gaz.

On s'est enfin arrêté à un procédé qui paraît offrir de sérieuses garanties de sohdité, et qui est dû à M. Baron. Sept fils de cuivre assez fins sont tressés ensemble et recouverts de quatre couches de gutta-percha pure, alternant avec quatre couches de Chatterion^s composition^ substance fabriquée en Angleterre pour les câbles sous-marins. A l'extérieur, une épaisse couche de filons, goudronnée et très-serrée, recouvre toutes les couches successives. Ce câble souterrain est identique aux câbles que l'oH dépose au fond de la mer. Treize de ces

câbles, indépendants les uns des autres, et isolés par ces diverses enveloppes protectrices, sont introduits dans une large conduite de fonte dont les joints sont fermés au plomb. Les câbles se trouvent ainsi préservés du contact destructeur des terres avoisinantes. Pour vérifier l'état de ces diverses lignes et les réparer au besoin, on a ménagé des regards dans le tuyau de conduite, à cent mètres de distance les uns des autres ; à tous les cinquante pas, le tuyau est coupé et présente une fenêtre d'un demi-mètre. Un manchon long de 1 mètre glisse sur l'ouverture, et permet à volonté de couvrir ou découvrir l'orifice. On sonde de loin le câble qui doit être travaillé, et lorsqu'on Ta trouvé, en le tirant hors de son enveloppe protectrice, on peut exécuter les réparations nécessaires.

Le bureau central de l'administration télégraphique en France est situé à Paris, dans la rue de Grenelle- Saint-Germain. La ligne partant de ce point est complètement souterraine jusqu'à la rue Royale. Là elle descend dans le grand égout collecteur, et se ramifie dans les divers quartiers de la ville. La ligne principale, suspendue à la voûte, continue à suivre le grand égout, et vient sortir du sol à Asnières; elle y rejoint la ligne aérienne de ceinture qui distribue la communication aux différentes gares. En 1864, un second système, en tout pareil à ce premier, fut établi sur la rive gauche de la Seine. Les fils, au nombre de 70, se dirigent enfouis dans le sol, de la rue de Grenelle à la barrière du Maine ; en cet endroit ils quittent leur enveloppe de fonte et descendent dans les catacombes. Là, suspendus aux voûtes, ils se ramifient dans les divers bureaux

delà rive gauche, ou viennent sortir à Montrouge pour rejoindre la ligne aérienne.

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