INTRODUCTION
Il y a un siècle à peine, réiectricité n'était encore considérée que comme un sujet de curiosité el d'amusement. Lesfails nombreux que Ton connaissait déjà restaient isolés les uns des autres. La machine que Ton savait construire servait seulement à répéter des expériences qui paraissaient d'autant plus extraordinaires qu'elles étaient moins comprises. Les hommes du monde, comme les savants, soliicilaient la faveur d'être admis à ces sortes de spectacles. L'abbé Noblet, professeur des pages, Dufay, intendant du jardin royal, et beaucoup d'autres, qui, en variant continuellement la forme des expériences primitives, découvraient des faits nouveaux, rassemblaient parfois leurs amis. On se réunissait dans une grande chambre vide et à demi obscure. Des appareils étranges et ignorés attiraient les regards ; là, avec de minutieuses précautions, on . dissertait sur réiectricité. On apprenait que Àe \csv\^
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les objets, et du corps humain même, {)Ou\aient jaillir des étincelles de feu; l'assemblée entière recevait une secousse plus ou moins violente, que i Ton comparait aux formidables effels de la foudre. ; Lorsqu'on se retirait émerveillé de toutes ces choses? l'imagination surexcitée agrandissait tous ces phénomènes, l'esprit que rien n'arrêtait se donnait carrière sur ces notions vagues et confuses; et, en même temps, au dehors, dans la multitude, se répandaient des croyances supersiitieuses. I^es Mesmer, les diacre Paris, les Cagliostro, étonnaient de leurs miracles la ville et la cour.
Un jour, dans une de ces réunions d'amateurs d'expériences éleelriques, se passa un fait étrange et qui eut les plus grandes conséquences.
C'était en 1790, à Bologne, dans le laboratoire de Galvani, professeur d'anatomie à l'université de cette ville. Ce savant s'occupait en ce moment de l'étude des grenouilles; quelques-unes, déjà dépouillées, avaient été placées sur la table de la machine électrique. On tirait des étincelles, et un des spectateurs tenait à la main un scalpel, dont la pointe j se trouvait par hasard dirigée vers une des grenouil- ' les. Quel ne fut pas Tétonnement des spectateurs, lorsqu'on vit, à chaque étincelle, les muscles de l'animal mort et dépouillé agités de violentes convulsions ! Galvani se mit aussitôt à étudier ce fait et àrechercher lesconditions dans lesquelles seproduisaient ces secousses singulières.
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Un physicien, qui aurait été au courant des expériences de Franklin, et qui par suite imwni connu la théorie de la foudre, eût immédiatement expliqué ce fait et n'y eût plus pensé. Mais Galvani était surtout anatomiste, il ne connaissait pas l'explication du choc en retour, et cette ignorance servit la science et la postérité; elle fut cause qu'il poursuivit ses études.
11 voulut d'abord observer l'action de l'électricité de l'air sur l'organisme animal.
Un jour, le ciel étant nuageux, il suspendit à son balcon une grenouille dépouillée. Ce balcon était en fer, et Galvani s'élait servi d'un fil eacuivre. Quel ne fut pas encore sa surprise quand il vit les muscles de ce cadavre éprouver des contractions très-violentesj aussitôt qu'ils venaient toucher le fer du balcon ! Ainsi donc, sans production apparente d'électricité^ par cela seul que la grenouille, attachée avec un fil de cuivre, touchait le fer, les contractions musculaires étaient bien plus énergiques que lorsque la machine électrique agissait. A la nouvelle de cette expérience, toute l'Europe savante partagea l'étonnement et l'émotion du professeur de Bologne. On comprenait que de là devait sortir bientôt quelque grande découverte.
Les savants se mirent à l'oeuvre. Ils répétèrent Texpérience et en cherchèrent l'explication. Galvani prétendait que les muscles et les nerfs des animaux sont des réservoirs de fluides él^ç,VT\Rç\'ê^*