PETITES MACHINES
La bobine de M. RuhmkorfT a des dimensions assez considérables, et le prix en est souvent au-dessus de la portée de la plupart des bourses; de plus, par les puissants effets qu'elle donne, elle est dangereuse à manier, et ne saurait être mise dans toutes les mains. Aussi plusieurs constructeurs, et M. Ruhmkorff lui-même, ont eu Theureusc idée d'en faire un diminutif; c'est la même bobine, mais beaucoup plus petite, une sorte de jouet qu'on peut porter en tout lieu, et dont la place est aussi bien dans un salon que dans un laboratoire^
On a même confectionne des boites complètes, renfermant la bobine, les diverses pièces accessoires et différents tubes lumineux, pour qu'on puisse montrer commodément les curieux eff'ets de l'induction. Ces }Ouets scientifiques sont l'objet d'un commerce prospère. Les télégraphes, les machines électriques, les bobines de Ruhmkorfr, tous les appareils si laborieusement découverts par les hommes, sont aujourd'hui entre les mains des enfants.
Ce n'est pas tout encore. Il s'est trouvé, dit-on, des dames qui ont demandé à la science, grave et austère, les motifs de toilette, et qui ont donné l'électricien K>mme auxiliaire à leurs couturières et à leurs femmes. Au milieu des amas de gaze, entre les flots de lentelles et de soie, avaient été disposées avec un art [ifini quelques-unes de ces légères boules que l'élinelle d'induction sait remplir d'une douce et chatoyante
lumière. Un mince fil métallique montait invisible i travers les torsades des cheveux, longeait les coutures rampait sous les voiles, et atteignait enfin ces petit appareils lumineux : c'est là que l'électricité prenai ses couleurs les plus variées et les plus délicates, tandî que les diamants et les pierres précieuses ruisselaien en tous sens, sous, cette étrange lumière. Une petit bobine, avec une pile spéciale, était cachée dans un poche, et il suffisait de tourner un bouton pour fair resplendir aussitôt une couronne d'éclairs.