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BAINS ÉLECTRIQUES

Lorsque on veut entourer un membre, ou le corps tout entier, d'une sorte d'atmosphère électrique, lorsqu'on veut que chaque point de la partie malade reçoive la même dose d'électricité, on se sert d*un bain traversé par un courant d'induction. Les premiers bains électriques furent employés par M. A. Becquerel, qui en avait introduit l'usage dans son service à l'hôpital de la Pitié.

l^e patient se plaçait dans une grande baignoire d'eau légèrement salée, et portée à la température convenable ; un de ses bras sortait du bain et allait plonger, dans une petite cuve également pleine d'eau salée. Le premier conducteur de la machine, bobine d'induction, appareil de Clarke ou autre, était place dans cette cuve; et le second dans la baignoire. Aussitôt que l'action commence, le courant passe de la machine dans la baignoire ; là il entoure le corps tout entier et le pénètre en tous ses points à la fois ; il suit alors le bras jusque dans la cuve, et il revient à la machine. Le corps fait partie du circuit et se trouve naturellement électrisé.

Les mêmes dispositions avaient été appliquées pour des bains partiels. Ainsi on plongeait chaque bras dans une cuve, et, le corps étant libre, le courant ne suivait ' que les bras ; de même on agissait sur un bras ci une jambe, ou bien sur les deux jambes, et ainsi de suite; on pouvait varier l'application de ce système aussi souvent qu'il était nécessaire.

Depuis ces premiers bains électriques, un grand

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nombre de médecinsenontinTenté de nouveaux. Il n'est rien de plusfaclleqqede mettre de l'éleclricitc dans l'eau, selon l'expression de quelques inventeurs. On n'a qu'à faire entrer l'eau dans le circuit d'un courant d'induction, et elle s'élcctrise. Un docteur qui s'est fait une

BaJD électrique

certaine renommée, M. Scoutteten, à la suite de certains travaux intéressants, a arfîrmé que l'action des bains ordinaires, et surtout des bains sulfureux, était (lue à l'électricité, et que les eaus minérales ngrsscnt sur l'organisme de la même façon qu'un courant d'in- (iuciion. Natiircllemenl, M. Scoutteten en a conclu immédiatement un bain électrique artiHciel, et destiné à remplacer un bain quel qu'il soit'. Parmi les médecins.

les uns aftirment, les autres nient la vérité de ces conclusions, et il est inutile de s*arrêter ici davantage.

Enfin, je dois signaler un dernier mode d'action physiologique de Télectricité. Un courant a la propriété de rougir un mince fil métallique, et de le rougir d'autant plus vite et d'autant plus énergiquement, que l'intensité du courant est plus forte. Donc, lor:«qu'on veut brûler urï organe ou un tissu, on met quelquefois un mince fil de platine au-dessus de la partie affectée, et on lance un violent courant : le fil rougit aussitôt, et le tissu est cautérisé sans que le malade ait eu le temps de se récrier.

Quant à cette fâcheuse manie que possèdent certaines gens de vouloir expliquer toutes choses par Télectricilé, elle n'est que ridicule. Ce mot sert à désigner la cause de certains phénomènes ; mais si les phénomènes sont connus et peuvent être étudiés, on est loin d'en connaître la cause. Quelle est la nature de cette force étrange? Comment agit-elle? Quelle est sa relation avec la force vitale et toutes les autres forces de la nature? nous ne le savons pas encore; et, ce qui peut consoler les ignorants, c'est que, devant ces questions, les plus grands savants ont été obligés jusqu'ici de rester muets.

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