PROCÉDÉS ANCIENS
Avant la découverte de la galvanoplastie, on dorait les objets par trois procédés, qui étaient tout à la fois pénibles, incertains et coûteux.
La dorure par immersion est encore employée pour les bijoux plaqués et les petits objets. On trempe les pièces dans un bain aurifère. La préparation de ce bain est assez longue et pénible, et l'on ne peut tirer parti de tout l'or qui est dans le liquide, tandis qu'avec l'électricité on retire du bain jusqu'aux dernières particules de ce métal. Les opérations qui précèdent ou suivent la dorure, sont les mômes que celles (|ui ont déjà et j décrites. La couche d'or est seulement extrêmement
mince, et Ton ne peut augmenter le dépôt que par des moyens détournes ; il arrive même que la donirc est irrégulière; peu homogène, et qu'il faut souvent recommencer l'immersion.
La dorure au mercure n'est plus employée. Elle avait Tépouvantable inconvénient d'empoisonner les ouvriers. Après un certain temps de travail , ils étaient saisis d'un tremblement nerveux ; ils salivaient en abondance ; leurs dents tombaient, leurs os se ramollissaient , ils mouraient enfm sous les porniciouscs influences des vapeurs mercurielles. Ce procédé consistait à former un amalgame d'or. On dissolvait l'or dans le mercure, comme l'on dissout le sucre dans Peau bouillante, oh formait une pâte visqueuse., qui était placée avec le pinceau, sur les objets à dorer. On portait ensuite le tout dans un four. Le mercure se vaporisait et laissait Tor attaché au point où on Favait mis. Cette opération devait se refaire plusieurs fois, car Tor ne s'attache pas également à tous les points, et il est nécessaire de faire des reprises. On se servait enfin du brunissoir pour polir la couche d'or.
S'il fallait dorer du bois, ou du carton pâte, comme les cadres de glaces, on dorait à la feuille. On appliquait sur le cadre une sorte de vernis, et on le recouvrait d'une feuille d'or laminée et devenue d'une minceur extrême. La feuille était ensuite brunie avec une
pierre d'agate. Si Ton veut dorer ainsi les métaux, il faut, avant de brunir, passer la pièce au four, pour sécher le vernis, de là vient le nom de dorure au four.
On pratiquait de même une argenture à la feuille, au-
jourd*hui complètement délaissée, car la main-d'œuvre y est considérable, et les pertes sont très-grandes.
Le plaqué d'argent s'obtient en soudant sur un lingot de cuivre une feuille d'argent fin ; la soudure est faite avec un mélange de borax et d'azotate d'argent. Le lingot de cuivre, chauffé au rouge et recouvert de cette pâte liquide, est entouré de la feuille d'argent, puis passé au laminoir. On fabrique ainsi des plaques de cuivre plaquées d'argent, que l'on peut travailler au tour ou au moule, et qui sont d'autant plus riches que la couche de métal fin est plus épaisse.
On pratique enfin, en Angleterre surtout, pour les objets de minime valeur, un dernier moyen d'argenture. C'est Vargenture au trempe\ presque identique du reste à la dorure par immersion. On plonge les objets dans un bain argentifère bouillant, et le métal ee dépose en mince couche.
La plupart de ces anciens moyens sont à peu près abandonnés aujourd'hui, grâce aux procédés galvanoplastiques. Les nombreux inconvénients qu'ils présentaient sont maintenant évités ; les aVantages sont incalculables.