CONSERVATION OU OOUBLAGE 0E3 NAVIRES
Les navires, surtout lorsqu'ils naviguent vers l'embouchure des fleuves oii Teau douce se mélange à l'eau salée, sont rapidement attaqués par certains insectes, les tarots, qui percent la carène et font bientôt une foule de trous par où pénètre Teau de la mer. En outre, d'innombrables coquilles, s'attachant au lois du vaisseau, en augmentent considérablement le poids, et causent à la navigation les plus grands dommages, soit en relardant la marche, soit en diminuant le fre;t. Ces dépôts de coquilles sont tellement durs et adhérents, qu'il faut un temps très-long et une force très-considérable pour les détacher.
On s'est occupé de tout temps à préserver les carènes des vaisseaux de ces deux causes de destruction. Il y a environ un siècle, les Anglais essayèrent sur quelques vaisseaux isolés de doubler les carènes avec du cuivre. L'avantage fut immédiat ; et lors de la guerre de l'Indépendance, la marine anglaise put rendre de très-grands services et obtint une supériorité incontestable sur les autres flottes, parce qu'elle se composait de vaisseaux entièrement doublés en cuivre. Mais on remarqua bientôt que ce dernier métal s'usait rapidement, et que l'eau de mer était un puissant corrosif.
En 1814, les lords de Tamirauté engagèrent Tillustre Davy à s'occuper de cette question, et lui fournirent tous les moyens de la résoudre.
Après quelques expériences dans son laboratoire, Davy annonça à la Société royale de Londres, que le cuivre couvert de quelques morceaux de zinc et de fer convenablement répartis est entièrement préservé de la corrosion. L'explication que Davy donnait de ce fait n'est plus admise aujourd'hui, et on a reconnu que la préservation du cuivre par le zinc avait la même cause que celle du fer par le même métal. Les expériences que Ton avait si bien faites dans le cabinet, furent recommencées dans les ports deChatam et de Portsmouth. Quelques morceaux de zinc, de fer ou de fonte, furent répartis sur des plaques de cuivre exposées à l'action de la marée, pendant plusieurs semaines ; les plaques restèrent nettes et propres. Mais bientôt il se forma sur le cuivre un léger dépôt terreux ; et aussitôt, il se rassembla des quantités de plantes et de coquilles marines que les propriétés vénéneuses du cuivre tenaient éloignées. Un vaisseau ainsi protégé entraînait toute une forêt avec lui.
La proposition de Davy ne fut donc pas adoptée. Depuis lors, malgré bien des travaux, il ne paraît pas qu'on soit arrivé à des résultats pratiques nets et acceptablesr La seule modification qu'on ait apportée au doublage des navires est de les faire'maintenant en un bronze, alliage de cuivre et d'étain. Ce doublage est moins altéré par Teau salée que le cuivre, et on a remarqué qu'une carène, qui avait déjà subi dix ans de navigation, ne présentait aucune trace sensible de corrosion.
3i0 L'ELECTRICITE.