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DEPOT DE DIFFÉRENTS MÉTAUX

Beaucoup de métaux peuvent être déposés comme l'or, l'argent et le cuivre. Les précautions qu'il faut prendre sont encore les mêmes, ainsi que les appareils. Mais le but que Ton se propose est généralement diiférent. Avec les métaux précédents, on cherchait surtout Tornementation des objets, la reproduction de certains modèles. Les autres métaux, au contraire, sont déposés dans le but de conserver les supports. On sait en effet, que les métaux usuels, exposés à l'air et surtout à Tair humide, se couvrent d'une couche d'oxyde. Il arrive

APPLICATIONS DIVEUSES. 33'J

mime que, pour certains métaux, le fer entre autres, aussitôt qu'un des points de la surface est rouille , l'oxydation marche rapidement et l'objet tout entier est bientôt transformé en une éponge de rouille. C'est là un fait que Ton explique par les actions électriques. La rouille et le métal forment les deux corps hétérogènes nécessaires à la constitution du couple de Volta ; Tair humide est le liquide qui baigne ces corps, et l'électricité produite dépose l'air sur le pôle négatif qui est le métal; celui-ci s'oxyde alors très-rapidement.

C'est en tenant compte de cette explication que l'on cherche à réunir deux corps particuliers, choisis pour atteindre ce but : on fait en sorte que le métal le plus Tacile à la rouille soit justement le pôle positif du couple ainsi formé. Dès lors, le courant électrique qui se Tormera dans l'air humide, déposera l'air sur le métal rebelle à l'oxydation, et l'autre corps sera conservé beaucoup plus longtemps. Ainsi, on se sert très-fréquemment aujourd'hui du fer galvanisé, c'est-à-dire recouvert d'une mince couche de zinc. Dans le couple voltaïque formé par le fer, l'air humide et le zinc, ce dernier métal est le pôle positif; et comme il ne se rouille pas facilement, il y a peu de chose à craindre : le courant électrique formé refoulera l'air sur le zinc et Téloignera du fer, qui se opnservera ainsi beaucoup plus longtemps.

C'est dans cette vue de conservation que l'on dépose sur les métaux usuels de minces couches d'autres métaux rebelles à l'action de l'air humide.

Le platine se dépose facilement sur les métaux ordinaires ; on emploie un bain formé par la dissolution du

chlorure double de platine et de potassium, et pour que l'opération soit bien conduite, le bain est alcalinisé avec de la potasse. Les couches de platine se déposent (|uelquefois sur des points réserves des objets dorés : la couleur mate et blanche du platine ajoute alors à Fornementation. Mais le plus souvent, des couches excessivement minces de ce métal sont déposées sur le fer, l'acier, le cuivre, pour les préserver de l'oxydation. Ainsi on platine des armes, des ustensiles de laboratoire, des pièces d'horlogerie, pour les rendre entièrement inoxydables et par conséquent inusables ; le prix n'est pas plus élevé que si on faisait recouvrir ces objets d'une couche d'argent, à cause de la faible épaisseur du dépôt.

Le plomb se dépose assez facilement sur la fonte. On emploie un bain d'acétate de plomb, ou mieux encore une dissolution de litharge dans la potasse. On fait quelquefois usage de chaudières en tôle plombée pour remplacer les chaudières en tôle.

Le zincagc et l'étamage des métaux sont devenus des industries ordinaires et très-actives.

Quelquefois on dépose le fer sur du cuivre. Lorsqu'on se sert d'une planche de cuivre pour la gravure, on peut tirer un nombre assez considérable d'épreuves; mais à la fin du tirage, la finesse des traits est altérée, et il faut rejeter la plaque pour en faire une nouvelle, si Ton veut recommencer à prendre des épreuves. On a proposé de déposer sur la planche de cuivre une mince couche de fer qui résiste très-bien à la pression. Lorsque, par suite de l'usage, l'aciérage commence à disparaître, on peut le renouveler, et le dessin reste toujours

aussi fin qu'en sortant des mains du graveur. On ferre Ja plaque de cuivre en la plongeant directement dans un bain préparé : le dépôt se fait sans Temploi de l'électricité. Le bain s'obtient en plongeant une pla(|ue de fer dans un bain de clilorure d'ammoniaque : la plaque de fer est le pôle positif, et une lame de platine placée dans le liquide est le pôle négatif. L'éleclricité n'intervient ici que pour la formation du bain.

ZINCAGC

On vient d'expliquer la longue conservation du Icr galvanisé, c'est-à-dire du fer recouvert d'une couche de zinc, et de laisser pressentir les fréquents usages auxquels est employé ce produit industriel.

Pour galvaniser le fer, on le décape dans un bain d'eau seconde. En faisant longuement macérer des tourteaux de colza, l'eau se charge des acides qui ont ser>i à extraire l'huile, et elle devient propre à enlever la couche de rouille qui recouvre toujours le fer. Lorsque le métal est tiré de ce bain de décapage, il est plongé dans un creuset en tôle épaisse rempli de zinc fondu ; puis les pièces zinguées sont plongées dans un bain ammoniacal, où elles sont débarrassées de l'excès de zinc. Elles sont ensuite livrées au commerce.

Les fils du télégraphe, qui doivent tous être zingués, sont plongés en paquet dans un bain de décapage ; il sont ensuite enroulés sur un cylindre, et conduits dans le creuset de zinc ; le fil ne pénètre dans le métal fondu qu'en traversant une épaisse couche dégraisse, laquelle préserve le liquide métallique du contact de l'air. En

sorlant du creui^et, le fil passe dans un trou de filière qui exprime l'excès du zinc et en régularise l'application; puis il Ya s* enrouler sur des bobines en tôle.

Le zincage du fer augmente de 5 à 6 pour 100 le * poids primitif du métal. Cette industrie est en ce moment très-importante dans toute la France.

ETAHAGE

On dépose Tétain sur les objets pour les conserver inaltérables. Les ustensiles destinés à la cuisine, et dont la plupart sont en. cuivre, doivent être étamés avec grand soin pour éviter les accidents qu'occasionne roxvdation du cuivre : de même, les couverts en fer dont se servaient avant la découverte de la galvanoplastie tous ceux qui ne pouvaient avoir de l'argenterie massive, devaient encore être étamés soigneusement, pour être propres et reluisants.

Autrefois, après avoir bien décapé les objets, et les^ avoir chauffes au rouge, on versait directement sur eux de Tétain fondu. La couche d'étain était régularisée avec un tampon d'étoupe. Ce procédé très simple et très-élémentaire est encore souvent employé.

De même pour étamer la tôle, c'est-à-dire pour fabriquer du fer-blanc, après avoir bien décapé ces plaques, on les trempe, pendant un certain temps, dans un bain de suif qui les sèche complètement ; on les plonge ensuite dans Tétain fondu, où elles restent pendant une heure; on laisse cgoutter le métal en excès, et on coupe le bourrelet qui s'est formé inférieurement. Il ne reste plus qu'à laver le fer-blanc, à le réchauffer pour éga-

liser la couche d'étain et enfin à le brillantcr avec de l'étoupe et du blanc d'Espagne.

Aujourd'hui ces procédés ne sont plus usités que pour les objets de grandes dimensions ; pour les petites pièces, telles que clous, épingles, etc., on emploie un étamage électrique. On forme un bain, dont la composition a été donnée par M. Roseleur, et qui contient de l'hypophosphate de soude et du chlorure d'étain : ce bain, tout bouillant, est agité continuellement pour être rendu homogène. Puis les objets sont mis sur une plaque de zinc percée de trous. Celte sorte de crible est enfoncée dans le bain~. On agite fortement, on retourne les objets, et Tétain se dépose peu à peu.

Ce dépôt se fait par Taction électrique. Le métal formant le clou et le zinc formant le crible sont séparés par un liquide, comme il arrive dans la pile de Yolta ; le liquide est décomposé, le zinc se dissout et Tétain se dépose sur le fer ou le laiton.

Les bains en vieillissant deviennent pauvres en étainet restent chargés de chlorure de zinc. On laisse reposer le liquide, et bientôt on le voit se séparer en deux couches très-nettes .: l'une est claire et très-riche en sel de zinc; l'autre, trouble et chargée de toutes sortes d'impuretés, est rejetée; la première est décantée, mise dans des baquets de conservation où l'on vient placer les pièces àétamer pendant le temps qui s'écoule entre le décapage et Tétamage définitif. Dans ces baquets, il se produit un commencement d'action électrique; et c'est bien là l'explication de ce fait, car la couche d'élaiii a toutes les propriétés des dépôts galvaniques, elle adhère fortementau métal; si, le premier dépôt d'étain recueilli,

on laisse Taclion se continuer, *il se précipite bien encore de l'ctain métallique ; mais cette nouvelle couche '^ n'est (lue qu'à des actions chimiques, les conditions du couple voltaïque étant changées, et elle n*est plus adhérente au support.

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