TÉLÉGRAPHE A CADRAN DE BREGUET
Le télégraphe à cadran de Brcguet est d'une construction beaucoup plus compliquée que le télégraphe Morse ; mais sa manipulation est plus facile : on peut se servir du télégraphe à cadran sans apprentissage préalable, tandis qu'il faut une étude assez longue pour être en état de faire régulièrement les signaux de l'appareil Morse.
Manipulateur à cadran. — Le manipulateur à cadran (fig. 169) consiste en une boîte cylindrique en cuivre reposant sur un socle carré en bois. Cette boîte est recouverte d'un cadran horizontal sur lequel sont tracées, dans une première circonférence, les 2 5 lettres de l'alphabet plus une croix et, dans une seconde, les 2 5 premiers nombres. De plus, le bord extérieur du cadran porte 26 entailles en regard des lettres et de la croix.
Une manivelle, pivotant sur un axe central, porte à l'extrémité de son bras horizontal une saillie qui peut venir s'engager successivement dans toutes les entailles de la circonférence extérieure.
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Au-dessous du cadran et solidaire de tous les mouve- <- ments de la manivelle, se trouve un disque en cuivre creusé '- il sa face inférieure d'une rainure sinueuse circulaire, pré- ■ sentant 26 angles alternativement saillants et rentrants. Un ^ levier / /', coudé en 1, est articulé en o sur le socle et
s'engage sous k d sque par en e\trem t coudcc munie ■ d'un petit galet, il pénètre dans la rainure sinueuse; par
son autre extre'mite' /', terminée par une lame flexible, il . vient s'appuyer alternativement, quand le disque tourne, ' sur les contacts p et p'. Quand le galet se trouve dans une
sinuosité saillante de la rainure, la lame flexible l' du levier nt s'appuyer sur le contactp' qui communique avec la
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pile ; quand le galet arrive dans une sinuosité' rentrante, la lame / appuie sur le contact^, relié au récepteur. D'autre part la ligne aboutit à Taxe de la manivelle. Il en résulte que quand celle-ci tourne, la ligne est alternativement en communication avec la pile et avec le récepteur.
La manivelle au repos doit toujours être arrêtée sur la croix, qui correspond à une division paire du cadran (26«) et à un angle rentrant de la rainure sinueuse du disque. Par suite, toutes les fois que la manivelle, partant de la croix, passe sur une lettre de rang pair la ligne est mise en communication avec le récepteur par le contact^ ; toutes les fois qu'elle passe sur une lettre de rang impair, la ligne est en relation avec la pile par le contact^'.
Récepteur à cadran. — Le récepteur se compose (fig. 170) d'un électro-aimant EE et d'un mouvement d'horlogerie dont la platine postérieure PP laisse voir l'une des roues, dite A^ échappement, qui a i3 dents. Cette roue est commandée par une fourchette qui est elle-même mise en mouvement par les oscillations de l'armature de l'électro-aimant. Chaque fois que le courant passe dans l'électroaimant, l'armature A est attirée et la fourchette laissse avancer la roue d'échappement d'une demi-dent ; chaque fois que le courant cesse de passer, l'armature est ramenée à sa position de repos par un ressort de rappel R et la roue avance d'une autre demi-dent. La roue avançant toujours, sous l'action du mouvement d'horlogerie, fait donc un tour entier par treize attractions de l'armature.
Un cadran, sur lequel les 25 lettres de l'alphabet, les chiffres et la croix sont tracés dans le même ordre que sur le cadran du manipulateur, est fixé verticalement sur le devant de ce mécanisme, recouvert d'une boîte
vitrée (fig. i/\]. Au cemre de ce cadran ir rcïirJmité de l'axe de la roue d'tcha
porte une aiguille dont la pointe peut parcourir succesj t les 26 divisions de la circonférence.
Fonctionnement du télégraphe à. cadran.
guille du récepteur d'arrive'e ci la manivelle du manipulateur de départ étant place'es toutes deux sur la croix ou sur une même lettre, il est facile de comprendre que l'aiguille suivra la marche de la manivelle, quand on tournera celle-ci dans le sens où le mouvement d'horlogerie lend à faire tourner la roue d'échappement du recepteu;
TELEGRAPHIE LES TELLliRAPHES SIMPLES ÎOJ
a effet, si, au poste de depari, la manivelle du mani- I pulateur fait un tour entier, le courant envoyé sur la . ligne est i3 fois établi et i3 fois interrompu; par suite,
1 poste d'arrivée, l'armature de l'électro-aimant et la ' fourchette du rticepteur font 26 oscillations, la roue d'échappement fait un tour entier et l'aiguille parcourt les ' 26 divisions du cadran, en avançant d'un signal pour chaque oscillation. Si la manivelle, au lieu de faire un tour complet, s'arrête sur un signal quelconque, l'aiguille, ayant fait le même chemin, s'arrête également sur le signal correspondant.
La concordance parfaite des mouvements de la manivelle et de Taiguillc permet donc de transmettre successivement tous les signaux que l'on désire et de former ainsi des mots, des phrases et des nombres.
L'appareil récepteur comporte, d'ailleurs, des organes accessoires qui permettent de rétablir, quand cela est nécessaire, l'accord entre l'aiguille et la manivelle du
î l'éli;ctricité
manipulateur et de régler, suivant l'intensité du courant ' reçu, la tension du ressort de rappel de l'armature de l'électro-aimant.
Installation d'un poste télégraphique
Instruments accessoires. — En outre des appareils transmetteurs et récepteurs, qu'ils soient simples ou multiples, dont les bureaux télégraphiques sont pourvus, d'autres instruments accessoires sont encore m pour compléter l'installation, faciliter le service, ou pi téger le personnel et le matériel. Ce sont :
1° Les galvanomètres qui indiquent la direction et l'in-iM tensité des couranis ;
2" Les sonneries ou appels qui avertissent l'opérateur quand il s'éloigne ;
3° Les commutateurs qui permettent de diriger à volonté le courant de la ligne soit sur le récepteur, soit sur l'appareil avertisseur, suivant le besoin.
Il existe plusieurs formes de commutateurs. En général, il sont formés d'une pièce ou bloc métallique central P (fig. 172) autour duquel il en existe deux ou pi
'in^
res A, S, R, le tout
socle en bois. A c
■ TF.LECRAl'Hir, — LES TELtGHAPHIÎS SIMPLES 20']
■ blocs sont raiiacht's respcciivemeni le rt/cepieur, le parfleur ou la sonnerie, tandis qu'au premier vient abuuiir I la ligne.
P A l'aide d'une tige flexible / à manette M, formant ressort ►■ et pivotant sur le bloc central, on met la ligne L en com- . munication avec l'un ou l'autre des autres blocs et par
■ suite avec l'appareil ou instrument auquel il est relit!,
■ Dans d'autres commutateurs dits commtilaleurs A che- ^ville 'fig. i;:!), des blocs latéraux R, S, en communication
avec les appareils, sont très rapproches du bloc central L avec lequel ils sont mis en relation, quand il y a lieu, au moyen d'une cheville métallique [fig. i74)qu'c enfonce dans l'intervalle qui les sc'parc.
40 Enfin, les paratonnerres qui garantissent le personnel et le matériel des bureaux contre les décharges de ' l'électricité' atmosphérique pendant les orages.
Les paratonnerres télégraphiques sont basés, soit sur le principe du pouvoir des pointes, comme les paratonnerres destinés à la préservation des édifices, soit sur les effets
calorifiques du courant, soit encore sur \cs efl'ets méca-' niques de l'cleciricilé à haute tension.
Dans les paratonnerres basés sur \c pouvoir des pointes (fig. 1/5], deux plaques métalliques A B, A' B'. placées e
regard et isolées l'une de l'autre par des pièces en éfl iiite I r, sont garnies de pointes aiguës qui ne se touchi pas. L'une de ces plaques A B communique avec la lifl par la borne L et avec les appareils par la borne S ; l'a plaque A' B' communique avec le sol par l'interraédiJ du socle, des parois K K', delà boîte et des clous ouvisi servent à la fixer et à établir, en même temps, un coni parfait avec le fil de terre,
La borne de ligne L et la borne d'appareil S sont d'aU^ part isolées du couvercle de la boite en fonte par des roi délies en ébonite ; il s'ensuit que les courants n'ayant qu'une faible tension, traversent la plaque de ligi pour se rendre aux appareils; mais les courants atmosp] riques violents s'échappent par les pointes, s'écoulent il
^K terre avant d'atteindre les instruments et ne peuvent ainsi
^ftles détériorer ni causer d'accidents de personnes,
^M Le paratonnerre représente par ]a figure 175 et auquel
^K' s'applique la description précédente est connu sous le nom
^H de paratonnerre de Bertsch. Cet appareil peut être considéré
^P comme le type des paratonnerres à pointes, qui sont très
nombreux et ne diffèrent entre eux que par le nombre ou
la disposition des pointes qu'ils ofli-ent à l'écoulement de
l'électricité atmosphérique.
Dans les paratonnerres construits sur le principe des |-«j?e(i' calorifiques, un fil de fer très fin, nu ou isolé' I par de la soie, est intercalé dans le circuit de la ligne. I Le courant normal de la pile traverse ce fil fin sans I l'échauffer, mais le courant atmosphérique, s'il est d'une I violence dangereuse, brûle le fil ou la soie; le circuit se ï trouve alors totalement interrompu ou bien la ligne est nise automatiquement à la terre comme il va être dit. Le type de ce genre est \c paratonnerre à bobine ou à fil \ préservateur (1).
B Le paratonnerre proprement dit consiste en une bobine j. 176} formée de trois pièces métalliques N, N', N"
Tu:. 17Ô. - liobinc .lu parii'onnttre à Ë] pré=rrvalfur.
parées par deux rondelles isolantes I I ', sur laquelle est enroulé, dans une rainure hélicoïdale, un fil de fer très fin recouvert de soie. Ce fil, dénudé à ses extrémités et
K (1) La description de ce paratonnerre eat en entier empruntée i ^|
B l'ouvrage précédemment cité de MM. L. Michaut et M. Gillel : Leçons V ^^L iUmentairçs de Télégraphie électrique. ^|