TELEGRAPHIE LES TÉLÉGRAPHES SIMPLES I9I
tage au fil de retour. On supprimait ainsi la moitié de la •résistance de la ligne et on réalisait une économie considérable.
Aujourd'hui, au point de départ, on met l'un des pôles
I lit
Circuit m^<»lli^u^ ou^/ul c£^ 2.t^t^
^frre /
errr-
•' -Par f te t?te Ctfcut'â jrrmytlacè<yta-r?4r /r/yt»
FiG. 164. — Circuit complété par la terre.
de la pile à la terre ; l'autre est relié à la ligne par l'intermédiaire des appareils. Au point d'arrivée, le courant va également à la terre après avoir traversé l'appareil récepteur ou la sonnerie.
TÉLÉGRAPHE MORSE (l)
Récepteur Morse. — La forme la plus simple de télégraphe employée aujourd'hui est le télégraphe Morse (fig. i65).
Il se compose de deux parties pouvant être considérées séparément :
(i) Les renseignements donnés sous ce titre, ainsi que ceux se rapportant à l'installation d'un poste et les figures qui accompagnent, sont empruntés au traité de MM. L. Michaut et M. Gillet, Leçons élémentaires de Télégraphie électrique. Paris, Gauthier-Villars, éditeur.
TÉLÉGRAPHIE LES TÉLÉGRAPHES SLMPLES IqB
i» Une caisse en cuivre supporte'e par un socle en bois et renfermant un mécanisme d'horlogerie. Ce me'canisme met en mouvement deux cylindres entraîneurs c c\ entre lesquels se trouve pressée une bande de papier enroulée sur un rouet placé au sommet ou sur le côté de l'appareil. Cette bande, entraînée par les cylindres, est animée d'un mouvement uniforme et continu ; elle est dirigée par des guides g g' qui l'obligent à passer au-dessous et très près d'un petit disque ou mollette M, constamment humecté par un tampon T garni d'encre grasse. Le mécanisme d'horlogerie se remonte au moyen d'une clef O ; il est mis en marche ou arrêté à volonté par le déplacement d'un levier t placé sur le devant de l'appareil.
2*» Un électro-aimant E dont l'armature A est fixée à un levier coudé / /' qui oscille par son centre sur des pivots. Ce levier, entraîné par l'armature quand elle est attirée, a son jeu limité par deux vis de réglage vv' ; au repos, l'armature est maintenue à distance convenable des pôles de l'électro-aimant par un ressort à boudin muni d'un tendeur R ; par suite, l'autre extrémité du levier, qui se termine par un couteau G, placé sous la bande de papier, reste abaissée; mais, quand l'armature est attirée, le couteau vient presser légèrement la bande contre la molette M garnie d'encre.
L'électro-aimant et son armature sont la partie la plus importante du récepteur Morse, car, en supposant le mécanisme d'horlogerie et la bande de papier supprimés, l'électro-aimant seul, agissant sur son armature, constitue encore un instrument utilisable pour la réception des signaux, comme on le verra plus loin lorsqu'il sera question àvi parleur.
l'électricité \?S
[g4 Ln.rcTmcETE
Manipulateur Morse. — Le manipulateur Morse (fig. i66j est constitue par un levier de bronze 1 1' pivotant par son centre sur un support métallique. Ce dernier 'est fixé sur un socle en bois, vissé lui-même sur la table et portant latdralement trois bornes auxquelles v tacher, comme le montre la figure : i" à l'une, ) l'un des pôle de la pile ; 2° à la seconde, médiane, le fil de ligne; 3" à la troisième, postérieure, le ill de l'électroaimantdu re'cepleur. D'autre part ces mêmes bornes communiquent : la première à un contactai ', placé sous la partie antérieure du levier ; la deuxième au pivot du levier et la troisième à un second contact p, placé à la partie postérieure. Au repos, un ressort R maintient le levier soulevé et l'oblige à appuyer sur le contact^, par lavis V. Cette vis sert en même iL'mps à régler l'amplitude du levier qu4^^
étant abaissé, vicr antérieure, touchei
, par une point le contact^'.
; placée sous sa pa^
Fonctionnement du manipulateur. — La ligne se - Touve donc en communication avec l'éleciro-aimant du récepteur, par le pivot, le levier et la vis V, tant qu'on n'ap-
TÉLÉGRAPHIE LES TÉLÉGRAPHES SIMPLES IqS
puie pas sur la poignée du manipulateur; mais, des qu'on appuie, la communication de la ligne avec le récepteur est rompue et le circuit de la pile se trouve fermé par le contact p', le levier, la ligne et les appareils du poste correspondant, où le courant vient prendre terre. Aussitôt qu'on cesse d'appuyer, le ressort R ramène le levier à sa position de repos, le circuit de la pile est rompu et la ligne est de nouveau en communication avec le récepteur. On peut donc envoyer à volonté le courant sur la ligne, régler la durée de son passage à travers les bobines de l'élcctroaimant du poste correspondant, et par suite, produire dans celui-ci toutes les intermittences de courant qui concourent à la formation des signaux.
Fonctionnement du récepteur Morse. — Quand le courant est envoyé sur la ligne, à l'aide du manipulateur du poste de départ, il arrive dans le poste correspondant en traversant le manipulateur et le récepteur de ce poste ; Parmature de l'électro-aimant est attirée, elle entraine le levier auquel elle est fixée, le fait basculer et la bande de papier est pressée par le couteau contre la molette garnie d'encre. Le papier étant entraîné par les cylindres, une trace, dont la longueur dépend de la durée d'émission du courant, se trouve marquée sur la bande ; si le courant n'a qu'une très petite durée, il n'y a qu'un point sur le papier, car le ressort de rappel ramène l'armature au repos dès que le courant ne passe plus ; si, au contraire, le courant a une durée plus longue, il se produit un trait. On peut ainsi former les combinaisons de points et de traits imaginées par Morse et qui correspondent aux lettres de l'alphabet, aux chiffres et aux signes de ponctuation.
signaux Morse. — Les signaux du sysiè^O^^^ soni ifiiiiqUL-s dans le tableau suivant :
A ces lettres il faut en ajouter quelques autres ■ usage assez fréquent dans les langues étrangères :
allemands, espagnol.
Point {.)
ll>oint et virgule (;)
(Virgule (,1
lillcmels (avant et après
le passage) (« «)
KrDeux points (:)
T Point d'interrogation ou demande de répétition d'une transmission non
comprise (?)
point d'exclamation. . , (!)
ftpostroplie (']
Uinéa
ffrait d'union (-)
Parenthèse (avant et après
f les mots) ( ]
Souligné (avant et après les mois ou le membre de phrase)
F'Signal séparant le préambule des télégrammes des indications éventuelles, les indications éventuelles de l'adresse, l'adresse du texte et le texte de la signature. . . .
Appel [préliminaire de toute transmission)
iç)8 1
Compris ou réception.
Erreur
Fin de iransmissicm. .
Attente
Invitation à transmettre. ^^^ a ■ h h ^^h ■ Réception terminée. ... m wm^m m m bw m m ^^b m
Tous ces signaux, lettres et chiffres, pour être lus et compris, doivent être séparés par des intervalles réguliers. Ces intervalles sont :
1° D'un point pour séparer les éléments qui constituent une lettre, un chiffre ou un même signal ;
2° De trois points ou d'un trait entre chaque lettre ou chiffre d'un môme mot ou nombre ;
3° De cinq points pour la séparation des mots ou des nombres entre eux.
La longueur des points et des traits n'est pas déterminée; elle dépend en même temps de la rapidité avec laquelle l'opérateur transmet les signaux et de la vitesse de déroulement du papier. La dimension du point doit être exactement du tiers du trait, de même que celui-ci doit occuper l'espace de trois points.
Lecture au son. — Un opérateur exercé à l'appareil Morse peut lire, sans avoir besoin de regarder la bande de papier, les signaux conventionnels qui s'y inscrivent au fur et à mesure qu'elle se déroule. Son oreille s'habitue aux sons produits par les mouvement de l'armature. C'est ce qui a donné l'idée d'employer l'instrument appelé parleur, représenté dans la figure 167.
Parleur. — Le parleur n'est autre chose qu'un récep-
■que dans quelques cas paniculiers, lorsqu'il n'esi pas nécessaire de conserver une trace écrite des télégrammes et comme appareil avertisseur.
Il se compose d'un éleciro-aimant B, dit électro-aimant boiteux, comportant une culasse et deux noyaux dont l'un, N', dépourvu de bobine, sert de support au pivot F de l'armature A. A l'arrière de celle-ci est un ressort R, qui la maintient dans la position de repos et se règle au moyen de la vis V. Le pivot F est isolé du noyau N' h l'aide d'un manchon en éboniie m. L'armature, au repos, vient buter contre une vis isolée I' supportée par une pièce en cuivre p. Quand cette armature est attirée,
200 L^ÉLBCTRICITÉ
vient frapper sur le noyau N de la bobine; c'est le bruit qu'elle fait en frappant qui parle à l'oreille de Fopérateur et lui permet de lire les signaux. La sonorité de Tappareil est d'ailleurs augmentée par une planchette creuse sur laquelle sont fixés ces organes.
Un socle en bois plein, sur lequel repose la planchette ^ creuse, porte d'autre part cinq bornes M, 1, P, T, L, qui correspondent :
L au fil d'entrée de la bobine et à la ligne;
T au fil de sortie et à la terre ;
P à la culasse et au noyau de la bobine B de l'électroaimant et à la pile ;
1 à la vis isolée 1';
M à la pièce S qui maintient la vis V de tension du ressort R et, par suite, à l'armature A.
Ces communications permettent d'utiliser le parleur comme relai ou translateur (voir Relai)^ en même temps que comme appareil récepteur et avertisseur.
L'usage du parleur, comme appareil de réception, est très répandu en Angleterre et surtout en Amérique, où il prend le nom de sounder. Il remplace l'appareil Morse écrivant; les télégraphistes lisent les télégrammes au son.
Relai; translation. — Sur les lignes qui relient des points éloignés, il peut arriver que le courant s'afiFaiblisse : d'une part il doit vaincre la résistance d'une grande longueur de fil ; d'autre part il éprouve des pertes, car l'isolement de cette ligne n'est jamais absolument parfait. Dans ce cas, le récepteur d'arrivée ne fonctionne pas ou fonctionne difficilement. Pour remédier à cet inconvénient, on intercale dans le circuit, vers le milieu du parcours, un
TELEGRAPHIE LES TELEGRAPHES SIMPLES
instrument appelé relai^ dans le but de substituer un nouveau courant à celui qui est affaibli.
Dans le relai, c'est aussi un électro-aimant qui est actionné ; les mouvements de son armature ouvrent et ferment le circuit d'une nouvelle pile, dont le courant est alors assez puissant pour faire fonctionner convenablement le récepteur d'arrivée.
En principe, un relai se compose de deux électro-aimants verticaux (fig. i68), munis chacun d'une armature très légère supportée par un pivot et oscillant entre deux vis d'arrêt ou butoirs. Chaque butoir supérieur communique avec les bobines de l'électro-aimant opposé. Les butoirs inférieurs sont reliés à la pile, qui fournit le courant de relai. Enfin chaque section de ligne aboutit au pivot de l'une des armatures.
Soit une ligne A C, de 5oo kilom., dans laquelle il est
Fig. i68. — Diagramme de rinsta'lation d'un relai.
nécessaire d'intercaler un relai pour en assurer le bon fonc-
lionnement. Le rtlai st-ra place dans un bureau inierméeB, La section A B,de aookilom., aboutira àTélectro- , en passant par Tarmature et le butoir supérieur i section C B, de 3oo kilom., viendra à l'clectroaimant b', en traversant l'armature et le butoir supe'riei de b. La ligne fonctionnera comme H suit :
Lorsque A transmettra, il fera abaisser l'armature b qui viendra heurter le butoir inférieur relié à la pile du poste B. Un nouveau courant sera substitue' à celui du poste A pour franchir la section B C. L'armature b, obéissant £i toutes les émissions et interruptions produites par le manipulateur de A, tous les signaux envoyés de ce poste arri- ■eront exactement en C. i
Le miîme effet se produira de B en A quand C transmet^
3n comprend, d'ailleurs, que, pour obtenir un bon . fonctionnement, il faut proportionner la pile à la résistance ou longueur de la section de ligne à franchir. Ainsi on prendra un nombre d'éléments correspondant à la plus ■ longue des deux sections et, comme l'indique la figure 1 68, la pile toute eniitire servira pour la section de 3oo Ivilom., tandis qu'une partie seulement sera utilisée par la section de 200 kilom.
Si, au lieu d'un relai, appareil spécial, on voulait employer deux parleurs pour remplir le même office, on disposerait ces instruments l'un prés de l'autre et on établirait les communications suivantes :
A la borne M de chaque parleur on ferait aboutir la section de ligne correspondante ; la borne I de chaque parleur serait reliée à la borne L de l'autre ; la pile serait amenée à chacune des bornes P et les bornes T seraient rattache'es au fil de terre.
TÉLÉGRAPHIE LES TÉLÉGRAPHES. SIMPLES 2o3
Ces dispositions prises, il est facile de se rendre compte, en se reportant aux communications donne'es ci-dessus des bornes du parleur, que le fonctionnement des deux appareils ainsi installe's sera identique à celui du relai.
L'installation d'un relai, de même que celle de deux parleurs qui en tiennent lieu, prend le nom de translation.
Il ne s'agit ici que de lignes desservies par l'appareil Morse, mais il y a aussi des relais particuliers, combinés pour être utilise's sur les lignes où l'on emploie les télégraphes multiples.