‹ L'élément érotique dans la caricature; un document à l'histoire des meurs [sic] publiquesChapitre 13 sur 109 · Bronze phallique grotesque · texte numérisé non relu

Bronze phallique grotesque

trouvé en 1842 à Londres, à la place d’une antique colonie romaine.

sorte un bien public, et n’avait pas le droit de se dissimuler sous les plis d’une chaste tunique. L’aventure de Phryné, laquelle fut honorée d’un véritable culte en Grèce, est typique à cet égard. La culture hellénique, fidèle aux lo s ou pour mieux dire, à la religion de la beauté, a fait de tout, même de la volupté une matière d’art.

Lors de la décadence romaine, lorsque toute la vie puissante de Rome se dissolvait en un immense appétit de jouissance, les plaisirs de l’amour surtout inspirèrent les artistes. Qu’on se rappelle le conseil qu’ Ovide dans son célèbre ,,Ars amandi“ donne aux femmes.

,,Que chacune se connaisse exactement! Que la „manière“ résulte de l’harmonie du corps. Elle ne saurait être la même pour toutes; si le visage est beau qu’on se couche sur le dos, que celle qui se trouve un postérieur remarquable se fasse connaître de dos! au contraire. Mélanion leva jusqu’à ses épaules les cuisses d’Atalante! faites ainsi, si vous êtes de belle stature; qu’une femme petite chevauche l’homme. Mais jamais l’épouse thébaine étant la plus grande, ne monta sur le cheval d’Hector; que celle quia le buste long s’agenouille sur les coussins, et renverse la nuque en arrière. Si la poitrine est irréprochable et si les cuisses sont vigoureuses, que l’homme reste debout, que la femme s’installe sur un matelas heureusement disposé. Ne dédaigne pas, à l’exemple des femmes de Phylbé, de dénouer tes tresses et de renverser le cou, ta chevelure

flottant autour de la tête sans doute il y a mille manières! La plus simple et la moins fatigante consiste à

se coucher à moitié sur le dos, du côté droit

Le codex des voluptés n’ignorait aucun raffinement. Aux hommes, Ovide (vers 706 — 728) donnait les enseignements, plutôt cyniques.

,,Pour ne pas rester oisif au lit, tandis qu’on laisse la main gauche inoccupée, que les doigts de la droite s’activent â cette partie qu’une force secrète voue aux coups de l’Amour. Le valeureux Hector en fit, ainsi, jadis à Andromaque, et ce n’est pas seulement dans l’art de la guerre qu’il se montrait habile; de même le grand Achille, lorsque, fatigué de navrer l’ennemi, il reposait dans sa noble couche, faisait cela à la captive Lymesis... Que l’on m’en croie: Il ne faut pas précipiter le jeu des voluptés, en amour, mais au contraire les amener par une préparation patiente. Lorsque tu as découvert ces endroits que la femme aime à laisser titiller, ne va pas t’en priver, par fausse pudeur!... Tu verras alors ses yeux étinceler d’un éclat vacillant, comme on voit le soleil, réfracter ses rayons sur l’onde. Puis viendront les plaintes, un murmure tendre, de doux soupirs, des paroles de caresses Puis, hâtez-vous, l’un et l’autre vers le but. Alors seu-

lement la joie est complète, lorsque vaincus par l’amour, l’homme et la femme gisent côte à côte...“

Pas de posture d’accouplement qu’on n’ait imaginée et toutes, on les a chantées sur le mode dithyrambique. En ce qui concerne celle qu’affectionnait parait-il les femmes Spartiates, Pétrone fait dire par une belle à son amie:

,, Emportée par la volupté, je me jetai au cou de mon amant, je le pressai étroitement, et, ayant passé, mes jambes sur ses reins, je les y croisai de façon que je paraissais clouée avec lui. J’entrai, dans le même instant, dans un délire, et, hors de moi-même, par la vivacité du plaisir qui approchait je m’écriai avec transport: Ah, cher, ah cher amant, je me meurs je fonds, j’entre dans le ciel; le Temple du bonheur est devant moi! ! . . .“

Page 1