Vivan-Denon : Le Roi des Rois
Caricature phallique.
Du fier et fougueux despotisme.
Voulut porter le tiers état Et de son foutre scélérat Inonder le patriotisme;
Depuis que nos représentants Foutent partout bêtes et gens Depuis que la France est foutue Par ses incestueux enfants.
Et par la pine corrompue D’un étranger toujours bandant Qui malgré son éloignement La fout encore moralement On ne parle plus que de foutre Chacun le sème, et chacun outre La matière du sentiment Mais par bonheur, dit la satire Qu’il s’en perd plus, verbalement Que du canal vivifiant Par lequel tout ce qui respire Obtient la vie et le plaisir.
Auteurs qui ne savez que dire
Occupez donc votre loisir A disséquer chaque manière Ou, par devant et par derrière Le mortel le plus vigoureux S’épuise en épuisant ses feux Mais, convaincu plus que personne,
Que dans cet art charmant, la meilleure leçon C’est la natura qui la donne,
Je condamne mon Apollon.
A retracer dans le mystère Des faits récemment arrivés Tant à Sodome qu’à Cythére On en lira de controuvés Ceux qui criront à l’imposture Je leur dirai d’un ton gaillard,
Que leur siècle est assez paillard Pour offrir plus tôt que plus tard,
Ce qui fait naître leur murmure,
Et mes détracteurs conviendront Qu’on ne mérite point d’affront Pour anticiper l’aventure.
Que ces pamphlets ne paraissent pas revêtus de la mention avec privilège on s’en doute un peu! L’éditeur et le lieu d’édition en sont soigneusement dissimulés, et on lit sur les pages du titre ,,à Rome ou à Amsterdam**, ou encore, comme à l’ouvrage cité plus liant ,,Etrennes aux Fouteurs** à Sodome et à Cythère ... et on y a ajouté, dans certaines éditions ,,et se trouvent plus qu’ai Heurs dans la poche de ceux qui la condamnent. “ Du reste on pouvait se procurer, sans grande peine, tous ces ouvrages chez tous les libraires du ,, Palais Royal**, ou du ,, Palais Egalité** comme on l’appela plus tard, et souvent même on les vendait tout à fait ouvertement. On peut juger, par ce fait, des conceptions morales de ce temps, et surtout de l’impuissance absolue de la monarchie, alors qu’elle gardait encore les apparences de pouvoir.
La caricature présenta bientôt, dans tous ses manifestations, des mêmes caractères d’implacibilité et de cynisme; la haine accumulée par les siècles contre
Fuchs Ed.: L’élément érotique dans la caricature. 22