Vanitas vanitatum et omnia vanitas
Par Langlois.
du mariage, nous étions instantanément, inlassablement servis par le brave écuyer. Maudit serviteur, pourquoi es-tu maintenant endormi, et refuse tu à ton maître le plus grand bonheur. Mais Monsieur l’Etre a ses fantaisies; on ne peut lui commander, pas plus qu’on ne peut mépriser ses vœux, et voici que tout d’un coup il est là, et que tout doucement il se lève dans toute sa splendeur...
Qu’on lise dans les ,, Fables et récits" de Goldhold Ephraïm, ,,1’Ermite", ,,le Secret", ,,le Partage" et le plus délicieux de tous les morceaux, ,,ce qui est au-dessus de nous" . . . Partout l’Erotisme le plus hardi, le plus démonstratif. Sans doute les pamphlétaires et novateurs, dans leur élan, allaient parfois jusqu’aux monstruosités phalliques, pour lesquelles il n’y peut y avoir aucun droit de cité dans l’art. A ce genre d’œuvre appartiennent, par exemple les „Fantaisies“, en trois odes priapiques, composées à la suite d’un concours par B. V. et S. V. ce dernier ayant obtenu le prix. Les odes sont intitulées la première ,,Aux ennemis de Priape", la seconde ,,A Priape", la troisième „Choix de ma future femme et étude de ses qualités".
Les auteurs de cet ouvrage n’étaient autres que Burger, Voss et Stolberg, le chaste Stolberg qui entra plus tard dans les ordres. Ce fut lui qui atteignit le plus haut degré de fantaisie phallique, c’est pourquoi il obtint le prix. Ce n’est pas étonnant que le vertueux Philistin levât les mains au ciel lorsqu’on lui soumettait de parails ouvrages, ayant pour auteurs ces ,, novateurs"? Cependant c’était plutôt de l’hypocrisie et du parti-pris, car l’époque a vu paraître une foule de romans pornographiques qui bien que défendus, étaient très lus en Allemagne (voir fig. 159). Sans doute depuis 1788 les écrits licencieux étaient soumis à une censure, mais ce n’était pas parce que la chose était inscrite sur des édits, que le commerce pornographique se porta plus mal.
Voyons un peu ce qui se passait pour la caricature. On en trouve quantité de caricatures obscènes datant de l’époque, qui répondent très exactement à cette absence de tout goût artistique qui caractérise le niveau intellectuel d’alors, mais si l’on cherchait des documents caricaturaux, où se trouverait un esprit souverain, une puissance créatrice comme dans les œuvres de Goethe ou de Lessing que nous avons citées, on ne trouverait sans doute pas une seule caricature qui mériterait quelque considération, ou même un intérêt quelconque.
Supplément à » L’élément érotique dans la caricature^ pai Ed. Fuclis. Edition C. U' Stem, Vienne. Impression privé