La Vénus hottentote
Caricature allemande du début du XIXe siècle.
Elle s’était si délicieusement installée à l’endroit le plus commode; qu’elle était couchée dans le lit comme s’il lui avait appartenu à elle seule; et contre le mur, écrasé, comprimé, se trouvait presque évanoui celui à qui elle n’avait rien refusé. Ainsi le voyageur, mourant de soif meurt, auprès de la source, d’une morsure de serpent. Elle respirait doucement en un rêve chaste; il retient son souffle, pour ne point la troubler. Etonné d’une chose qui ne lui était encore jamais arrivé, il se dit: Il faut donc que tu apprennes pourquoi le fiancé se signe pour se garder des noueurs d’aiguillettes. Plutôt se trouver là où il pleut des hallebardes, que d’être en échec ici. Il n’en était pas ainsi jadis, lorsque ta maîtresse pour la première fois t’apparût dans une magnifique salle. Ton cœur, tes sens, s’enflammèrent alors, et toute ton humanité s’émerveilla. Tu l’enlevas dans une valse rapide, tandis que son sein batteit violemment, comme si tu voulais te la ravir à toi-même... Ainsi, continuellement, ton désir et ta passion croissaient, nous fûmes fiancés bientôt, au printemps, et elle était la plus belle fleur, le plus bel ornement de Mai, comme la puissance de volupté augmentait en l’un et l’autre, et lorsqu’cnfin je la conduisis à l’autel, j’avoue que devant le prêtre et l’autel, et même devant son image, o Christ, ma nature s’émouvait puissamment. Et vous, riches décors de la nuit de noces, coussins qui vous étendiez si largement, tapis qui couvriez de vos ailes de soie les élans de la volupté, oiseaux en cage qui appeliez à de nouveaux plaisirs par vos chants, vous nous avez vu enchantés de votre protection, elle bienveillante, et moi infatigué. Et aussi souvent que nous avons recommencé à pratiquer les droits sacrés
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