Gavarni: Après le Péché
plupart sont très délicatement coloriés, et s’intitulent également „Scènes de la vie“. Il n’y a là aucun symbolisme. L’esprit de Monnier s’apparente à celui de Gavarni.
Allemagne. L’époque correspondante, en Allemagne, abonde en productions de l’art érotique, principalement en caricatures. Toutefois il ne saurait être question qu’il s’agisse de caricatures politiques, sociales, ou érotique, d’un style propre à cette période.
La caricature érotique, fut, en ce temps, un jeu, un divertissement de dévergondés et de fêtards, c’était, pour ainsi dire, comme le délassament que certains prennent à la taverne, pour se ,, changer les idées*1, pour se reposer des devoirs de la famille, des obligations suscités par les exigeances de la morale. Et la spéculation pornographique s’efforçait dans la mesure du possible de développer et d’entretenir le goût des cochonneries parisiennes et viennoises, qui, en des formats réduits, et du reste sous les espèces de reproductions infidèles et
i73 ■ Caricature symbolique allemande. Frontispice d’un roman érotique.
grossières, abondèrent sur le marché. 11 va sans dire que le côté obscène en était soigneusement accentué, développé, et cela avec la lourdeur d’exécution et l’absence de goût qui caractérise les productions allemandes de ce genre. Au commencement de l’année 1840, par exemple, la mode fut aux cartes de souhaits du jour de l’an, obscènes. Cet article fut extrêmement demandé et fit l’objet d’un commerce des plus animés. 11 nous a été donné de voir des collections de cartes de ce genre, et d’en feuilleter des douzaines, toutes de sujets différents. Toutes ces œuvres révèlent, sans exception, une absence de goût notoire, une grande banalité, un parti pris de basse sensualité, et l’on se surprend à ne savoir que déplorer davantage, de la pauvre fantaisie des fabricants, ou de la grossièreté des consommateurs. Ce sont les scènes intitulées ,, Divertissements de la messe à Leipzig** qui 'constituent l’exemple le plus remarquable de la saleté pornographique et de la platitude de ces sortes de gravures. On les trouvait dans le commerce en nombreuses séries, comportant chacune sept feuillets, chacun ayant trait à l’un des jours de la semaine. Toute la cérémonie de la messe depuis l’entrée du fidèle à l’église, jusqu’à son retour au logis où l’attend l’épouse, s’y trouve grotesquement commenté.
Caricature obscène allemande. 1592.