‹ L'élément érotique dans la caricature; un document à l'histoire des meurs [sic] publiquesChapitre 89 sur 109 · Félicien Rops: L’organiste du diable, ou Sainte Cécile · texte numérisé non relu

Félicien Rops: L’organiste du diable, ou Sainte Cécile

qu’il portait, sous forme de petits paquets, dans sa poche. Cette industrie est, jusqu’aujourd’hui, demeurée florissante, malgré-toutes les pénalités qu’on a édictées contre elle. Au surplus, la police avait le bon esprit de ne se préoccuper que des choses qu’on lui mettait ostensiblement sous les yeux. On faisait volontiers cette gracieuseté à la police, de se montrer reconnaissant de ses prévenances, et de la

sorte il arrivait que toute les œuvres de caractère érotique, qui, dans le courant de l’année, étaient sorties du crayon des dessinateurs ou de la main des peintres, se trouvaient toutes dans le commerce, sauf de rares exceptions, sous forme de photographies.

Deux phénomènes caractérisent cette période de développement intellectuel; le niveau général de l’art érotique baissa considérablement, et la caricature se sépara très nettement de l’Erotisme pur. En tous cas, l’Erotisme pur, dénué de tendances satiriques ou caricaturales, prévalut plus que jamais.

Au point de vue du style artistique, la caricature érotique suivit les mêmes voies que l’art sérieux; elle se mit à copier comme celui-ci. L’art sérieux imita d’abord le Rococo, de préférence.

Comme la sensualité, le vice, exerçaient désormais une influence prédominante, la moralité publique s’attachait volontiers à ressembler à celle de l’Ancien Régime. On sympathisait avec cette période mieux qu’avec aucune autre; et c’est pourquoi on s’efforçait de transposer l’Art, qui la caractérisa, dans le temps présent. Du reste on se sentait également apparenté à ce régime au point de vue politique ; et dans le poing de la ,, Bande de décembre" le tout-puissant gourdin des policiers se chargeait d’affirmer ce cousinage. La remarque que l’ Impératrice Eugénie fit à l’un des plus éminents interprètes du Rococo dans l’ART (nous avons nommé Chaplin) est très caractéristique: ,, Monsieur Chaplin", dit-elle, ,,je vous admire; vos tableaux ne sont pas seulement inconvenants, ils sont quelque chose de plus!" Si l’on allait peut-être pas aussi loin que Lancret et Borel, le parfum moderne des cocodettes s’exhalait cependant de ces œuvres et les sens des hommes modernes réagissaient, là-dessus, très suffisamment. On sentait, sans pouvoir définir exactement la sensation, que l’indécence, sous une forme adoucie cependant, était plus âcre, et tout cela fleurait plutôt le bordel contemporain que la ,, petite maison".

Toute ce qui précède s’applique à la Caricature, qui, elle aussi, copia le Rococo, du moins dans la forme. On habillait le ,,lion" moderne de l’élégant

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