Félicien Rops: La Centauresse
étaient la plupart des rêves de café-concert ou de cirque. C’est sous le Second Empire, en effet, que le café-concert prit son développement et concurremment le cirque; c’est pourquoi on s’en servait volontiers pour y placer des scènes érotiques. Une collection comprenant plus de cent pièces, et que nous avons eue sous les yeux, présentait presque exclusivement des sujets de ce genre. Des belles filles nues, exécutant des rétablissements sur le ,,fier symbole de Priape“, des prouesses de danseuses de corde en déshabillé galant, et divers autres tours d’audace, en même temps d’érotisme, exécutés par des acrobates des deux sexes. On y voyait aussi, dans un Panopticum, une statue de géant, qui révélait aux parisiennes anvieuses la splendeur de sa virilité. L’entrée de ce cabinet était permise aux seules personnes du sexe faible, qui du reste, se pressaient en foule pour admirer les proportions de cet Hercule moderne. Ou bien, un cabinet de figures de cire montrait l’Eve moderne cueillant à l’arbre de la science, un beau phallus, au lieu de la pomme classique, le serpent était mué en Satan qu’Eve enlaçait, tandis qu’Adam sommeillait en toute tranquillité.