‹ L'élément érotique dans la caricature; un document à l'histoire des meurs [sic] publiquesChapitre 94 sur 109 · Félicien Rops: Louis XIV · texte numérisé non relu

Félicien Rops: Louis XIV

Fuchs Ed.: L’élément érotique dans la caricature.

La vie de château.

Par Caran d’Ache.

1. — „Allons, debout! ... le paresseux, venez vite faire le tour de propriétaire."

.'5. L’INVITÉ. — „Brr! ça pique, et moi qui ai oublié mes gants..."

cas, car la conscience publique n’accorderait aucune valeur à des procédés aussi élémentaires; mais le progrès (si on peut appeler cela progrès) est tout récent, et, sous le Second Empire, il y eut tels scandales privés, dont les péripéties furent soulignées, de part et d’autre, par la caricature érotique.

Le cas le plus célèbre et le plus intéressant, dans cet ordre d’idées, fut la querelle de Georges Sand et d’Alfred de Musset.

Dans le sang de la géniale Georges Sand bouillonnait ardemment l’ardeur sensuelle de son aïeule, qui n’était autre que Madame de Sévigné. Si cette ardeur a inspiré à Georges Sand de puissantes et hardies conceptions littéraires, elle en a fait aussi une femme d’un tempérament exceptionnellement voluptueux. Son amant Alfred de Musset ne dût répondre que très faiblement à ses exigences sensuelles. De là, sans doute leur mésentente et, finalement, leur ruptureet leurs querelles. Dans tous les cas la rumeur prétendit, et cela parvint aux oreilles de Musset, que son ancienne amante le tournait en ridicule du chef de ses capacités amoureuses. On dit que Musset s’en vengea en

répandant, dans le 'cercle de ses amis, des photographies et des caricatures érotiques représentant Georges Sand. Le but de ces caricatures aurait été de représenter celle-ci sous les espèces d’une véritable courtisane. Dans le roman érotique intitulée ,, mémoires d’une danseuse“ attribué à Sophie Schrôder, on trouve les renseignements qui suivent, touchant ces caricatures de Georges Sand.

„Elle (une amie de l’auteur des mémoires) me montra une foule de photographies qu’elle venait de recevoirde Paris. C’étaient des scènes érotiques, où figuraient des femmes et des hommes nus; les plus intéressantes parmi celles-ci étaient celles qu’Alfred de Musset faisait circuler parmi ses amis et connaissances, et qui avaient pour héroïne Madame Dudevant. C’étaient six pièces obscènes, où figuraient des femmes et des jeunes filles manifestement impubères, que la célèbre authoress initiait au culte lesbien; sur l’une des ces photographies elle se livre aux embrassements d’un gorille géant, sur une autre aux caresses d’un chien de terre-neuve, sur une troisième on la voit aux prises avec un étalon, que deux filles nues tiennent à la longe, tandis qu’elle se tient agenouillée devant lui."

Cette citation ne constitue au surplus, qu’un document d’une véracité très discutable, et ce n’est pas sur une affirmation de cette sorte qu’on pourrait se tenir pour fixé touchant l’existence des cari-

5. — „Donnez-lui votre main à sentir. Là! Vouz allez voir: dans trois minutes il rapportera la chose."

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