‹ L'Elevage de la race bovine flamande dans le Pas-de-CalaisChapitre 25 sur 27 · POS · texte numérisé non relu

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Au sujet de l’individualité, une autre remarque peut être faite : à égalité de production laitière, les rendements en beurre sont très différents : Ainsi, Louisette pour 5.823 kg. de lait donne 290 kg. de beurre tandis que le rendement de Belle Etoile n’atteint que 201 kg. de beurre pour 5.844 kg. de lait. « Il est intéressant d’observer quelle différence de classement existe selon qu’on envisage la production laitière ou la production beurrière : telle vache qui est 2° au Contrôle laitier est 25° au Concours beurrier et telle vache qui est 4 au Concours beurrier est 46° au Contrôle laitier. Cela prouve bien que 2 animaux dont on a déterminé seulement la production laitière ou seulement la production beurrière ne sauraient être comparés de façon absolue, mais relativement à une spéculation déterminée: production du lait en nature, production du fromage, production du beurre. Cela montre aussi la nécessité d’un contrôle de plus en plus sévère, non point seulement pour découvrir les meilleurs sujets, mais, pour savoir obtenir d'eux le rendement maximum. » (LETARD).

Enfin, les vérifications mensuelles mettent toujours en évidence la variabilité du taux butyreux des laits individuels dans tous les syndicats du Contrôle laitier. Ces différences de taux de matière grasse aux trois traites de la journée constituent un fait inexpliqué mais indiscutable. Ce fait « s'impose comme une loi inconstestable mais qui échappe actuellement à toute interprêtation physiologique » (PorcHER). Cette variabilité nous amène à envisager la question de la fraude par écrémage dans notre région. Or, à la suite des résultats du récent Concours spécial d'Arras, M. LEFORT fait remarquer qu’une fois de plus, pour des laits individuels faible en matière grasse, il ne peut être question de poursuite pour écrémage, mais que pour les laits de mélange de plusieurs vaches et de plusieurs traites, l’écrémage peut être affirmé au-dessous d’un certain chiffre. Le docteur PAGET l'avait fixé à 27 vr. Et, selon lui il serait désirable qu’un décret stipulât que « tout lait d’une teneur butyreuse inférieure à ce chiffre ne puisse être considéré comme un lait commercial. « Cependant, si des moyennes infé-

rieures à ce chiffre étaient par hasard, enregistrées, sans qu'aucun geste dolosif ne puisse les expliquer a priori l’auteur estime qu’il serait alors nécessaire que le vétérinaire vérifiât l’état de santé de la vache : « 99 fois sur 100 l'enquête ainsi menée serait concluante. »

Tels sont les multiples avantages du contrôle laitier et beurrier. Leur nombre et leur importance expliquent la vogue de cette méthode parmi les éleveurs. Malheureusement, le mouvement ne s'étend pas assez dans les fermes de nos campagnes. Les statistiques permettent de constater que la France est le pays qui possède le moins de Sociétés de Contrôle laitier : on en compte 50 tandis qu’en Allemagne elles sont au nombre de 2.612.

D'ailleurs, dans le Pas-de-Calais, le nombre d’adhérents qui est de 51 pour les deux Syndicats est peu élevé. IT faut donc redoubler d’effort, multiplier les concours et mieux faire connaître les succès obtenus à Saint-Pol-sur- Ternoise et à Boulogne-sur-Mer. Nous possédons des armes de qualité. Sachons les utiliser pour améliorer ces résultats dans l’avenir. Au lieu de pousser les vaches au maximum pendant dix mois et perdre ainsi tout avantage en provoquant leur usure, il faut rechercher le progrès lent mais constant de l’ensemble de la race.

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