CONDIMENTS OU ADJUVANTS
Les pores qui sont trop renfermés et fortement nourris ont besoin d’un adjuvant quelconque pour conserver dans un état de santé normale leur système digestif, et plus gras est le porc, plus nécessaire est cet adjuvant. Lorsque les organes digestifs deviennent recouverts de graisse, leur faculté dc digérer et d’assimiler se trouve diminuée. Quand un porc est en liberté, ce n’est point purement par beson: de faire de l’exercice non plus que par le besoin instinctif de ravager qu'il fouille ls rasines dans le champ. Il fouille pour se procurer quelque chose que réclame impérieusement son organisme, C’est cet impérieux besoin qui pousse un animal renfermé à ronger et déchiqueter scn auge ou les murs de l’enelos. On a vu des porcs arracher des briques d’une muraille afin de se procurer le mortier. Le motif de ce besoin peu naturel est assez obscur. On peut l’attribuer en partie à l’absence de cendre dans la nourriture; car, comme nous l'avons déjà dit, un porc peut avoir du grain en abondance et cependant être en p'rtie affamé, parce que l’on n’a pas fourni suffisament à certains besuins réclamés } r son organisme. (Certaines personnes attribuent la chose à la présence de vers intestinaux; d’autres à une forme d’indigestion. Mais quel que soit le rôle joué dans l’organisme de l’animal par ces substances, une <hose est évidente, c’est que, lorsqu'on les procure aux pores, ceux-ci sont de meilleure humeur, ont meilleur appétit, se portent mieux et en conséquence sont d’un meilleur rapport.
Le charbon de bois constitue probablement le meilleur des adjuvants; et lorsqu'on peut s’en procurer facilement, on aura profit à en placer une provision en un endroit où les bêtes puissent facilement atteindre chaque fois qu’elles en éprouvent le désir. La préparation suivante constitue un excellent tonique:
“ Prenez six minots de râfles (cotons) de blé d'Inde calcinés en charbon, ou trois minots de charbon de bois commun; huit livres de sel; deux pintes de chaux éteinte à l'air; un minot de cendres de bois. Ecrasez le charbon de bois comme il faut avec une pelle ou tout autre instrument et mélangez bien le tout; vous prenez alors une livre et quart de couperose que vous faites dissoudre dans de l’eau chaude. Au moyen d’un arrosoir ordinaire vous aspergez avec cette solution toute la masse et vous mélangez ensuite bien à fond. Versez ce mélange dans des auges à fonctionnement automatique, que vous mettrez à un endroit où les porcs de tout âge pourront aller manger cette préparation quand ils le voudront.”
Le charbon de bois fournit la matière minérale qui pouvait faire défaut dans la ration; c’est également un excellent adjuvant pour les embarras gastriques, tandis que la couperose est un tonique utile et d’un excellent effet pour l’estomac.
S'il est trop difficile de se procurer du charbon de bois, on peut lui substituer
2e presqu’autant de profit, des mottes du gazon d’un terrain riche en humus. On peut même se demander sil n’est rien qui vaille autant que les mottes de g«zon ou
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de terre végétale provenant d’un endroit boisé. Si on en jette chaque jour une petite quantité dans l’enclos, on est surpris de constater la quantité que les porcs en consomment: le nourrisseur qui emploie ce procédé pour la première fois sera surpris de
3 constater combien ses bêtes paraîtront en meilleure santé et plus alertes. J = ALIMENTS.
La commission d'enquête qui a visité le Danemark il y a quelques années, a été 3 surprise de voir la vigueur extraordinaire des pores de tous les âges de ce pays, en ; dépit du fait que ces animaux sont presque continuellement tenus en stabulation; ceci 2 s'explique par l'emploi de lait et de fourrages verts en abondance dans la ration quoti- F dienne des animaux. Partout on se sert de trèfle, de luzerne, de céréales vertes et de 5 racines, suivant la saison de l’année.
La valeur des fourrages verts et celle du foin de trèfle et le luzerne dans l’alimen- 3 tation des pores est bien reconnue dans ce pays. Les investigateurs et les bons nour- 3 risseurs sur les fermes ordinaires s'accordent à dire que le gros fourrage donné avec du 1 grain a une valeur alimentaire qui dépasse de beaucoup sa valeur nutritive réelle. Le è pore est un animal fait pour paître; il peut donc digérer une bonne quantité de mant ‘4 tières fibreuses qui exercent un effet salutaire sur ses organes digestifs. Les Danois et LÀ hachent les fouriages verts assez fins et les mélangent avec des pâté»s de graïn. La fs 1 méthode habituelle dans ce pays est de nourrir les pores au pâturage, ou de leur ve à donner des fourrages sur le plancher ou dans des râteliers. Les racines sont données re : rondes ou hachées; il y a des nourrisseurs qui font cuire les navets ou les betteraves es î fourragères, mais presque tous les nourrisseurs les emploisnt sous une forme ou sous E : une autre jusqu'à la période de finissage, à moins qu’il ne disposent d’une quantité à abondante de lait écrémé, de petit lait ou de lait de beurre. er A la ferme expérimentale centrale, on a déterminé la valeur des racines dans l'alieu mentation des pores en les comparant avec un pâturage de trèfle et de luzerne: ces la ; racines se composaient de betteraves fourragères, de betteraves à sucre et de carottes ; n- | on les donnait aux pores sous forme de pâturage. Dans un autre essai, elles ont été nt : données dans les loges. Lorsque les racines étaient données dans les loge: le prix de la : revient de 100 livres de viande produite était de 84.23; lorsque l’on ajoutait du grain 18 i aux racines données dans les loges, le prix de revient était de $3.09 par 100 livres et st É lorsque ce grain était donné sur le pâturage de racines, le prix de revient était de ir, 83.82 par 100 livres de viande produite. Sur un pâturage de luzerne, la viande revert. nait à 83.67, et sur un pâturage de trèfle rouge à 83.53 par 100 livres. On voit done ne que la méthode d'alimentation qui consiste à donner les racines ou le grain dans les 1 loges est celle qui produit la viande le meilleur marché. Sans doute les porcs en cours Le de croissance et qui sont destinés à la reproduction doivent avoir une cour pour s’ébatà tre, mais pour les pores que l’on engraisse, on obtiendra de meilleurs résultats en les is $ tenant enfermés, pourvu que l'alimentation soit de nature à maintenir la vigueur et ite 5 la bonne santé. Dans une comparaison entre les betteraves fourragères et les betteec à raves À sucre, on a trouvé que 100 livres de viande produite avec les premières, coûne s | taient 86.20, et avec les dernières, 85.05. \u Î us | nt 2 Trèxe (rouge, ordinaire).
ler On connaît parfaitement la valeur du trèfle rouge ordinaire soit comme pâturage la soit comme élément de la ration d'hiver pour les pores en voie de croissance. Stewart ue F dans son admirable ouvrage “Alimentation des animaux” rend compte d’une expérience au cours de laquelle il prit des pores pesant dans les environs de 75 livres chaer F cun et leur donna un repas de maïs, avec, en plus, chaque jour, deux pintes de trèfle )n : haché fin: le tout humecté d’eau chaude et préparé environ dix à douze heures avant
ou que d’être servi. Un autre lot de pores reçut une ration préparée pareillement mais
ne comprenant pas de mélange de trèfle. Les animaux soignés au trètie firent preuve d'un meilleur appétit, présentèrent plus de vigueur et profitèrent plus régulièrement. Les porcs qui ne recevaient que leur portion de grain gagnèrent chacun 110 livres en l’espace de 120 jours, tandis que ceux qui recevaient le mélange de trèfle avec leur portion de grain gugnèrent 143 livres de poids chacun, soit 30 pour cent de plus.
A la ferme expérimentale centrale, on a constaté que le trèfle ébouillanté constitue un exceilent substitut du lait, comme complément d’une ration de grains pour 1: pores qui grandissent,
Luzerne.
La luzerne semble mieux convenir encore aux porcs que le trèfle rouge. Dans un pâturage où les deux se trouvent mélangés, les porcs mangeront la luzerne jusqu’à ras du sol avant que de toucher au trèfle. Il est donc important de ne pas mettre un trop grand nombre de bêtes sur un pâturage de luzerne car cette plante ne supporte pas d’être broutée trop ras.
À la station du Kansas, on a reconnu que la luzerne constituait un supplément très profitable à la ration d’hiver pour l’engraissement des porcs. Le foin de la luzerne employé était de première qualité, et était distribué entier comme supplément à une ration de maïs. On le distribuait abondamment de façon que les porcs ne mangeaient que les feuilles et les parties les plus délicates, laissant de côté les tiges les plus dures, qui bien qu’entrées comme consommées, étaient utilisées comme litière. On s’aperçut que les porcs qui recevaient de la luzerne en plus de leur ration de grain, absorbaient pias de nourriture, mais gagnaient en poids beaucoup plus rapidement et à bien meilleur compte. Les porcs recevant de la luzerne en plus de leur ration de maïs, gagnèrent une moyenne de 90.9 livres en 9 semaines, tandis que ceux ne recevant que du maïs nc gagnèrent que 52.4 livres. Les gains par minot de nourriture consommée furent les suivants:
Un mirot de maïs et 7.83 livres de luzerne (foin) donnèrent 10.88 livres de gain.
Un minot de maïs seul donna 7.48 livres de gain.
A la station de l’Utah, le foin de luzerne était donné en supplément d’une ration complète composée de blé concassé et de son, et les porcs ainsi nourris consommèrent plus de grain et donnèrent des gains plus considérables et plus économiques que ceux nourris exclusivement au grain.
Ces résultats, et beaucoup d’autres que nous pourrions citer, si l’espace nous le permettait, montrent que la luzerne a une valeur slimentaire indépendante des éléments nutritifs qu’elle contient. Elle stimule l'appétit, facilite la digestion et favorise la vigueur et la bonne santé de l’animal. Les résultats les plus favorables dans toutes les stations furent obtenus lorsqu'on donnait à manger aux porcs tout le grain qu’ils pouvaient consommer en plus de leur ration de luzerne. Des gains plus considérables, en tant que quantité donnée de nourriture absorbée, furent obtenus en ne fournissant qu’une quantité limitée de grain comme ration et en forçant les pores à absorber davantage de la luzerne, mais les gains ont été obtenus plus rapidement et les porcs étaient bien plus vigoureux lorsqu'ils recevaient une ration complète de grain en plus de la luzerne et on reconnut que le profit net était beaucoup plus considérable et de toute facon bien plus satisfaisant.
On donnait la luzerne sèche, soit entière soit hachée et séparément de la ration. On obtient de meilleurs résultats de cette façon qu’en la mélangeant à la ration et obligeant ainsi les porcs à en absorber une quantité énorme.
Navette.
Toute chose considérée, la navette est probablement la récolte la plus profitable pour le fourrage en vert durant l'été. Les porcs en sont vite très friands et si en plus de la navette on a soin de fournir une bonne ration de grain, ils profitent vite et À hou
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