LOGEMENTS
Dans l'élevage des porcs, la réussite dépend en grande partie de la façon dont les animaux sont logés. Ceci ne veut pas dire qu’il faille des porcheries très coûteuses, maintenues pendant tout l’hiver à une température d'été. Mus par le désir de donner à leurs animaux tout le bien-être possible, nombre d’éleveurs ont, au cours de ces derniéres années, littéralement gaspillé des sommes considérables en érigeant des bâtiments très chauds et très coûteux, pour hiverner les sujets de tous les âges et de toutes les conditions. Ils s’aperçurent de leur erreur au bout d’une ou deux saisons. Loin d'être plus vigoureux, les animaux donnaient de nombreux signes de mauvaise santé: toux, faiblesse des jambes, maladies de la peau, et autres symptômes de débilité Le manque d’exercice—le grand inconvénient des porcheries closes—en était la cause principale. Tenus chaudement, les animaux ne songent qu’à rester en place. Ils ne quittent leur couche que pour prendre les aliments qui leur sont servis à portée, sous forme savoureuse, et dès qu'ils sont repus, ils retournent se coucher. Ils n’éprouvent guère l’envie de sortir, en admettant que la porte de la loge soit laissée ouverte. Après quelques semaines ou quelques mois de ce mode de vie, surviennent
Fig. 25.—Cabanes portatives dans un parc à porcs.
Vindigestion, la constipation et autres résultats de la vie sédentaire. Les portées sont peu nombreuses, les mères manquent de lait, les porcelets sont rabougris, et les porcs à l’engrais ne font que peu de progrès. On ne peut espérer avoir du succès dans l'élevage des porcs si on ne leur fournit pas les moyens de prendre de l’exercice, à tous les âges, et c’est justement parce qu’elle ne pourvoit pas à ce besoin que la loge chaude, où les animaux ne font que manger et dormir, ne convient pas. Une loge chaude est nécessaire pour les portées venues pendant la saison froide; de même un peu de réclusion facilite l’engraissement du porc pendant la dernière période, mais à tout autre moment la loge close n’est pas avantageuse.
Pour les truies d'élevage qui doivent mettre bas vers la fin de l'hiver où dans les premiers mois du printemps, nul abri ne convient mieux que la loge mobile, On peut mettre plusieurs de ces loges, côte à côte, dans la cour de la ferme, ou à proximité de cette dernière. Construite d’après les instructions données ci-dessous chaque cabane pourra donner asile à 4 ou 5 grosses truies, qui y seront très à l’aise pourvu qu'on leur fournisse une litière abondante. Le vieux genre de niche sous une meule de paille, à condition qu’elle soit bien elose su: trois faces, fournit un excellent abri aux truies d'élevage et même aux pores d'élève. Dans quelques établissements où l’on pratique l'élevage sur une grande échelle, on ne donne pour tout abri aux truies en hiver qu'un vieux hangar ou une vicille grange, revêtus, pour empêcher les courants d'air, et dont la porte, tenue toujours ouverte, donne constamment accès au dehors. La nourriture est servie dehors, ce qui oblige le troupeau à prendre beaucoup d'exercice journalier, chose tant nécessaire au maintien de la santé. Ainsi abritées et nourries avee un mélange de racines hachées, du grain concassé, du son, ete, donné plutôt see, les truies se maintiendront en bon état et donneront des portées vigoureuses,
Plan et description d'une loge mobile.
La loge mobile représentée dans la vignette ci-jointe répond à tous les besoins. On peut l'utiliser pour fournir de l'ombre pendant l'été et protéger contre le froid durant l'hiver. Comme loge d’été on devra la placer en un endroit sec où l’air puisse circuler librement tout autour. Pendant l’été on place ces loges dans le pâturage consacré aux cochons; on obtiendra de bien meilleurs résultats si le pâturage est plutôt large que petit. Comme loge d'hiver on la placera dans un endroit habité, de préférence auprès de la cour de grange.
Une cabane construite en bois d’un pouce d'épaisseur est excellente pourvu qu’elle soit bien construite et tous les joints bien recouverts de lattes. Les lattes doivent avoir au moins trois pouces de largeur et être clouées avec soin, les pointes des clous étant rivées à l’intérieur pour empêcher le bois de jouer.
Qu'on se serve de cette cabane en été ou en hiver, il est toujours nécessaire qu'elle soit munie d’un plancher, tant pour le confort des animaux que pour donner plus de force à la construction. Des planches de deux pouces clouées sur des solives en cèdre de 4 pouces par 4, sont ce qui convient pour le plancher. Dans la figure 3 on peut voir l’extrémité de ces solives. Un excellent procédé consiste à arrondir la face inférieure des solives qui servent alors comme de glissières lorsqu'on transporte la cabane d’un endroit à un autre. On fixe à l’intérieur ou à l’extérieur de chacune des solives extérieures un anneau ou une attache en forme de U,
Les vignettes B et C représentent comme forme et comme dimension une porte d'entrée qui est suffisante pour laisser entrer et sortir les porcs mais n’est pas assez large pour donner un accès facile à une personne. Il est bon d’avoir une porte ayant au moins cinq pieds de haut. Cette porte sera partagée en deux sections de facon à laisser celle du haut fermée lorsqu'on ne s’en sert pas. Un grand nombre d’éleveurs de porcs suspendent la porte du bas « celle du haut de telle facon que la première oscille en avant ou en arrière soit que le pore veuille entrer ou sortir de la cabane. Pendant l'été la porte du bas peut être relevée et accrochée de facon à laisser l’entrée libre. Pendant les nuits les plus rigoureuses de l'hiver on pourra protéger la porte au moyen d’une épaisse couverte ou d’un fort amas de paille de litière afin d’empécher les courants d’air froid qui sont toujours fâcheux pour le bien-être du porc.
Une cabane construite en vue des temps froids doit avoir un châssis dans la facade exposée au sud afin de laisser entrer les rayons du soleil. On peut percer cette lucarne soit dans la partie supérieure de la porte. soit au-dessus de la porte.
Il faut prévoir une ouverture po: £ assurer la ventilation. Certains préconisent un trou de 3 à 4 pouces dans le pignon près du faîte; dans la vignette B on trouvera un autre système, et un autre encore dans la vignette C: ce dernier est probablement le meilleur.
Pour une loge de $ pieds il faut environ 200 pieds de planches, 11 est préférable d'employer du bois de seize pieds car on n'aura ainsi aucune perte. En plus, il faudra pour cette cabane 56 pieds de madriers pour les solives et 64 pieds de planches épaisses pour le plancher.
Une cabane de cette dimension peut donner abri à 8 ou 10 jeunes pores où à une truie avec sa portée,
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Fig. A.—A noter la pente du toit et les sols faites de deux morceaux de 4 x 4 et de 16 de long.
Fig. B.— Devant une cabane portative, trois colombages servent de solas.
Fig. C.—Devant de la figure A.
Fig. D.—Comment on dispose les planches du faite pour assurer la ventilation lorsque les portes de la cabane doivent être fermées,
Fig. 26—,. Une cabane portative.
Le : “ande porcherie.
Puisque la porcherie est un bâtiment nécessaire sur toute ferme où l’on élève des porcs, nous donnerons ici les conditions que l’on doit s’efforcer de réaliser dans sa construction. Une bonne porcherie est sèche, bien ventilée, exempte de courants d’air, bien éclairée, assez chaude, et bien disposée. La sécheresse ou l'absence d'humidité, qui est réglée largement par la ventilation, vient en premier lieu. Les murs et les
planchers en maçonnerie ont été employés dans un grand nombre de constructions coûteuses, mais ces bâtiments sont généralement froids, peu confortables et humides pendant la saison d'hiver. Les murs de bois construits avec un matelas d'air au centre sont sans contredits les meilleurs. La construction suivante donnera de très bons murs. On dresse des colombages de 2 x 4 pouces que l’ou recouvre sur les deux faces avec des planches brutes. On pose alors sur ces planches brutes du papier goudronné bien croisé aux joints, puis l’on recouvre en dedans et en dehors avee une épaisseur de planches embouvetées, bien jointes, Pour l'extérieur des planches à déclin (clapboards) ou des planches de bonne qualité, clouées perpendiculairement et à joints recouverts, font un très bon revêtement, Le revêtement intérieur doit être en planches embouvetées,
Les plafonds étanches ou bien clos suintent souvent; ils se couvrent d'humidité. ou de frimas quand il fait très froid, et ceci a généralement un mauvais effet sur la santé des pores. Jusqu'ici le plafond qui a donné les meilleurs résultats est celui qui est construit avec des planches ou des perches, assez espacées l’une de l’autre pour que l'air puisse aisément passer au travers, et recouvertes d'une couche de paille de plusieurs pieds d'épaisseur. Ce genre de plafond permet d'obtenir une excellente ventilation, et les loges restent aussi sèches qu’il est possible de les obtenir sans chaleur artificielle.
Fig. 27. -Une porcherie bien éclairée,
Nombre d'éleveurs de ce pays ont eu recours à l'emploi de chaleur artificielle dans leurs porcheries, non pas tant pour réchauffer leurs animaux que pour la cuisson des aliments. La vapeur qui s'échappe de la chaudière ne devrait jamais pénétrer dans les loges, car elle s'y déposera sous forme d'humidité, Avee un système de chauffage de ce genre, la question de ventilation est facilement résolue, et la loge est généralement confortable et sèche. Cependant la chaleur artificlelle a ses désavantages, quelle que soit l’espèce de bétail auquel on l’applique, car elle rend les animaux
plus sujets aux refroidissements et au manque de vigueur. Quand on ne garde qu'un petit nombre de truies, on ne saurait trouver de meilleur endroit pour celles qui sont sur le point de mettre bas qu’une loge dans une étable à vaches, milieu très favorable pour les jeunes pores au point de vue ile la chaleur et de l'atmosphère,
On attache aujourd’hui beaucour plus d'importance qu’'autre:ois à la lumière. soute loge où l’on garde des pores, devrait recevoir la lumière du soleil en abondance surtout pendant l'hiver. Pour obtenir ‘ette lumière, une proportion considérable de la surface des murs à l’est, au sud et à : ;u:-t devrait consister en fenêtres doubles et très étanches, afin de conserver la chaleu: le la loge.
Pour ce qui est du plancher de la porcherie, rien n’égale le ciment, Cependant. comme le ciment est généralement froid, et souvent humide, il y aurait des inconvé-
nients à laisser les porcs coucher directe::: 11 dessus, même si on employait de grandes quantités de litières, La coutume ‘ est de faire une plateforme qui sert de loge à coucher, Cette platefon r « ia à 3 ou 4 pouces du plancher, ou assez haut pour que les porcs puisser. ner dessous, La plateforme élevée offre l'inconvénient de boucher un peu ! re mais d'autre part elle augmente la su face de la loge. Dans une grand à 6 1 levrait donner la préférence à la plateforme basse, Quand cette platef. ne pas plus grande qu'il n'est nécessaire pour que les pores puissent s’y cou: n se, il y a peu à craindre que la litière soit mouillée ou souillée d'aucune :uc "ma
Nous avons choisi trois types de us donnons ici la description pour la gouverne des éleveurs qui t6s.r° ure de grandes porcheries. Chacun de ces bâtiments a été en usage ass iong pour démontrer sa valeur au triple point de vue des animaux, du proprié aire et ! nain-d'œuvre.
Une rorcherie bien éclairée.
La porcherie du collège agricole d'Urbana, Illinois, présente des caraetéristi-
ques nouvelles et désirables. Le plan a été fait par le Prof, William Dietrich de cette institution. Le bâtiment a 120’ x 30’ avec une allée de 8° entre les deux rangées
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