PRODUCTION DE LA VIANDE DE PORCS SUR LES PRAIRIES
L'élevage du porc s’est rapidement développé dans les provinces des prairies en ces dernières années. Encouragés par les prix élevés auxquels les porcs à point se vendent depuis quelque temps, les producteurs de grain ont trouvé avantageux de convertir en lard leurs grains grossiers ou endommagés, si bien que les salaisons de l’Ouest n’ont pu se charger de tous les porcs, et il a fallu expédier une partie de ces derniers aux salaisons des anciennes provinces. (C’est ainsi qu’au commencement de 1914 les villes de Toronto et de Montréal recevaient de Winnipeg des expéditions hebdomadaires de porcs sur pieds, et, au cours de la même période, les porcs élevés et abattus à Calgary étaient envoyés dans l’est pour être salés. Voulant connaître les méthodes des grands nourrisseurs des prairies, nous avons envoyé un questionnaire à un grand nombre d’entre ceux qui trouvent cette industrie avantageuse. Nous donnons ici un résumé sommaire de leurs réponses.
Logement.
La prorision abondante de paille a permis en grande partie de résoudre le problème du logement. Sans doute un petit nombre d’éleveurs ont des porcheries bien construites mais le plus grand nombre abritent leurs truies sous une meule de paille pendant l’hiver et emploient, pendant l’été, n’importe quelle sorte de structure en bois pourvu que l’eau n’y passe pas. Le cabane portative en forme de “A” devient de plus en plus en faveur dans maintes régions. On enfouit ces cabanes sous une épaisse couche de paille pendant l’hiver. On prétend que n’importe quelle structure ouverte qui soutient une meule de paille fournit un excellent abri pour l’hiver.
Entretien des truies.
Le traitement que l’on préfère pour les truies qui n’allaitent pas est le suivaut: on les laisse courir sur un pâturage en été, et sur un chaume en automne; pendant l’hiver elles vivent autour d’une meule de paille ou dans une cabane.
La majorité des éleveurs ne font produire à leurs truies qu’une portée par an. car l'hiver n’est pas favorable aux jeunes porcs. En laissant les truies prendre beaucoup d'exercice en hiver on obtient des portées vigoureuses au printemps. [L’avoine est la ration préférée pour les truies qui allaitent, mais beaucoup d’éleveurs y ajoutent du
blé moulu lorsque les porcelets ont deux semaines. Tous ceux qui se servent de betteraves fourragères en font l’éloge.
Sevrage.
Ceux qui élèvent deux portées par an, sèvrent les porcelets à l’âge de six à sept semaines, tandis que beaucoup d’autres les laissent se sevrer eux-mêmes, ce qu’ils font
généralement à l’âge de dix à onze semaines. Les porcs traités de cette manière au pâturage, et nourris dans une cour séparée, avec de l’avoine, de l’orge, du lait écrémé
Des Lise Cl
et des déchets de cuisine, atteignent facilement le poids de cent livres à l’âge de quatre mois.
Pâturages et plantes fourragères.
Au moins 50 pour cent des éleveurs fournissent un pâturage d'été. Les uns se servent de luzerne, mais la majorité d’entre eux comptent sur l’avoine, l’orge et les navets. Quelques éleveurs de l'Ontario sèment du seigle d'automne pour la fin de l’automne et le commencement de l'hiver. Un petit nombre seulement donnent des racines à leurs pores en hiver.
Mélanges de grain.
Le grain le plus généralement employé pour les truies qui allaitent est l’avoine moulue. On en obtient d'excellents résultats lorsqu'on la donne avec du lait écrémé ou un pâturage succulent. Certains éleveurs mélangent du petit son avec de l’avoine, d’autres y ajoutent de l’orge ou du blé, mais lorsque ces grains plus lourds sont employés en proportion de cinquante pour cent ou plus de la ration, on prétend que l'on perd des jeunes porcs par suite de troubles digestifs. Les pores qui viennent d'être sevrés reçoivent généralement de l’avoine moulue sous forme d’une bouillie claire. On se sert assez snuvent de trémie pour les pores de vente ou pour ceux que l’on engraisse. Pour ceux de la première catégorie, on donne une ration de grain limitée et dens certains cas une bouillie, qui comprend beaucoup de son. Dans bien des localités, on engraisse les porcs avec de l’orge ou du blé moulu ou un mélange de ces deux grains donnés secs, dans une trémie. Dans les districts éloignés où il n’y a pas de concasseur, on trempe le grain ou on le fait bouillir. La plupart des porcs sont
vendus à l’âge de sept ou huit mois lorsqu'ils pèsent environ 200 livres chacun.
Valeur du grain vendu sous forme de lard.
Peu de correspondants tiennent compte du coût de l'alimentation. Un corresponudant de Indian Head qui a vendu ses porcs à raison de 86.75 les cents livres prétend avoir tiré soixante centins par boisseau d’une orge qui n’aurait valu que 29 centins sur le marché. D’autres prétendent avoir obtenu de 60 à 85 centins le boisseau pour le blé, de 40 à 65 pour l'orge et de 30 à 45 pour l’avoine. Une bonne partie des résultats dépendent de l’habileté des nourrisseurs. Les nourrisseurs insouciants ou inexpérimentés n’obtiennent pas ces prix.
Emploi des trémis au pâturage.
Dans les provinces de l’ouest, beaucoup d’éleveurs s’arrangent pour avoir un bon pâturage dans lequel ils mettent une centaine de pores ou plus. Ce pâturage se compose de luzerne, de brome inerme, de pâturin des prés, de navette Dwarf Essex ou d'une céréale, de préférence l’avoine ou l’orge. Pour.obtenir les meilleurs résultats de ce dernier fourrage, il faut l'empêcher de dépasser une hauteur de six pouces, sinon il devient ligneux et indigeste. On met dans le pâturage des trémies que l’on tient toujours pleines d’avoine, de blé ou d’orge ou d’un mélange de ces grains.
Fig. 24. —Pâturage sur une ferme à porcs de l’Alberta.
Les éleveurs de l'Ouest prétendent que cette méthode d’engraisser les pores est la plus économique. Il est évident qu’elle économise du travail et, pour cette raison, elle est à recommander dans un pays où il est difficile de se procurer une main-d'œuvre compétente. Elle permet en outre de rendre au sol une plus forte proportion de principes fertilisants qu’il n’est possible de faire lorsque les porcs sont tenus en stabuiation ou dans de petites cours. On a également moins de peine à maintenir les locaux en bon état d'hygiène. Cependant il est des raisons de croire que l'on fait peut-être un plus large emploi de la trémie que l’on ne devrait, surtout parce que cette méthode est très facile. Les pores, par exemple les porcs sevrés, qui ne devraient recevcir qu’une petite quantité de grain sec, à moins qu’ils ne reçoivent en plus une forte quantité de lait, ont une trémie constamment à leur disposition; ils mangent trop de
grain et ils sont “ fourbus ” juste au moment où ils devraient faire leurs gains les plus économiques.