‹ L'Elevage domestique des animaux a fourrure dans la province de QuebecChapitre 6 sur 7 · LE VISON · texte numérisé non relu

LE VISON

Grâce aux prix élevés de la fourrure, l'élevage domestique du vison promet de bons profits. Nous avons déjà parlé du parc à vison du Lac Chaud, situé dans le canton Lynch, et de ses succès. Les visons de la province de Québec sont les plus foncés en couleur et les plus précieux que l'on connaisse. On peut les élever en captivité sans difficulté, pourvu qu'on leur donne assez d'espace, et qu'on les tienne dans des conditions se rapprochant autant que possible de celles de l'état sauvage.

La principale difficulté c'est peut-être de se procurer les premiers sujets. C'est à cause de cela que ceux qui ont réussi à en élever ne consentiront à s'en départir que contre des prix excessivement hauts. L'éleveur de moyens, fera bien de les acheter tout de même, à cause des difficultés d'apprivoiser l'animal sauvage, s'il n'est capturé très jeune.

Le meilleur temps de prendre les jeunes visons sauvages est en mai ou en juin, alors qu'ils commencent à courir avec la mère. Quand on peut en saisir les traces le long des ruisseaux à cette saison de l'année, il est possible de localiser leur nid sur les points les plus élevés du rivage. On peut alors en retirer les jeunes, ou simplement s'en emparer au moment où ils quittent le trou.

Au Lac Chaud on a pu accommoder une soixantaine de visons dans un enclos de cent pieds de diamètre. La clôture est faite de broche en treillis

avec des mailles d'un demi pouce. Cette maille ne doit jamais avoir plus d'un pouce ; autrement les jeunes visons pourraient s'évader à travers. On est actuellement à améliorer l'enclos en lui donnant une étendue de 2,000 pieds de longueur par 1,200 de largeur a^ l'une de ses extrémités et 300 à l'autre. On estime que dans l'enclos ainsi agrandi il y aura place pour trois mille visons. La nouvelle clôture est en ciment et elle aura une hauteur de huit pieds.

Ceux qui ont l'intention de se livrer à l'élevage du vison feraient bien de solliciter la permission de visiter le parc du Lac Chaud ou d'obtenir des renseignements de M. J. M. Marcotte, 61 rue St- Gabriel, Montréal, secrétaire de la compagnie.

L'enclos renferme une multitude de petites collines où les visons peuvent se faire des cachett'^s semblables à celles qu'ils se construisent lorsqu'ils sont en liberté. Une petite partie du lac, faisant baie à l'une des extrémités de l'île, se trouve incluse dans le parc de manière à fournir aux animaux de l'eau à boire en même temps qu'un endroit où ils peuvent se baigner.

On a construit bon nombre de petites maisonnettes ou garennes au niveau de certains rochers abrupts et les animaux aiment à les fréquenter et y construisent leurs nids.

La saison d'accouplement pour le vison est la première quinzaine du mois de mars, et les petits naissent six semaines après. Ceux-ci varient en nombre de quatre à six par portée ; ils naissent sans poil et sont aveugles pendant les quatre ou cinq premières semaines. Ils sont très agiles et enjoués comme les jeunes chats. Bien qu'on ne les sèvre qu'à l'âge de huit à dix semaines, la mère commence à leur faire manger de la viande dès qu'ils peuvent voir. Jusqu'à l'âge de trois à quatre mois la mère les nourrit de grenouilles, de poisson, de

souris, etc., puis les abandonne à leur propres ressources. Les jeunes apprennent vite à se suffire à eux-mêmes. Les visons ne vont pas par paires, différant en cela des renards.

Les visons sont absolument carnivores, et préfèrent la viande fraîche. Ils aiment beaucoup le poisson, mais il vaut mieux leur donner autre chose de temps en temps ; ils mangeront avec voracité les lapins, la perdrix, les écureuils, les rats musqués, les souris, les œufs d'oiseaux, et les volailles, quand ils peuvent en avoir.

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