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Les animaux à fourrure diminuent sans cesse, excepté ‘lans les régions de lextrême nord, tandis que la demande des fourrures de haut prix et de qualité supérieure va toujours en augmentant.
Dès les débuts, la traite de la pelleterie a été l’une des sources principales du commerce, et l’un des facteurs les plus puissants de la découverte et de l’exptoration de ce pays. Elle rapporte aujourd’hu ne valeur annuelle de plusieurs millions de dollars. ‘à chasse est si active que le nombre des anima: x à fourrure décroit graduellement et que quelques espèces sont déjà presque éteintes.
Pour conserver les variétés précieuses et rencontrer la demande toujours croissante de marchandises de bonne qualité, le seul moyen qui se :1ggère semble être le recours à l'élevage des animaux sauvages en
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captivité, en suivant les mêmes procédés que pour l'élevage des animaux domestiques.
L'élevage des animaux à fourrure n’est déjà plus à Pétat d’expérimentation, au moins en ce qui regarde le renard, le vison, la bête puante, et le rat musqué, et à moins de les élever en captivité et en grand nombre, ces animaux ne pourront survivre, dans un avenir rapproché, aux opérations des trappeurs et des negociants.
La province de Québec est plus favorablement située pour l'élevage des animaux à fourrure que les autres provinces qui sont plus à Est, car la peau des animaux de valeur n’atteint son plein degré de perfection que dans les climats très froids. Un naturaliste distingué, M. Ernest Thompson Seton, disai‘ * ce sujet, dans une lettre récente :
“C’est une industrie qui, somme toute, intéresse le Canada plus que toute autre partie de l'Amérique. car pour que la fourrure atteigne une condition parfaite, il faut que les animaux, tant à l’état sauvage qu’en captivité, soient élevés dans un elimat froid. IL Y a de merveilleuses chances de succès dans cette entreprise. Je crois que d’ici à dix ans tout cultivateur canadienfrançais entreprenant aura près de sa grange une petite annexe dans laquelle il nourrira, avec des déchets, des animaux à fourrure qui doubleront son revenu. Il va sans dire que Pancien système consistant à élever les animaux à fourrure sur une île ou sur une grande étendué de terrain, clôturé à cette fin, a été mis de côté. [a vraie manière est de les garder dans des cages en donnant à tous et chacun une attention particulière. C’est done un travail que le cultivateur canadien. peut faire. Le terrain requis est de peu détendue.”
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Il n’est peut-être pas sans intérêt de rappeler ici les noms de certains éleveurs qui ont eu le plus de succès et dans des conditions moins avantageuses que dans la province de Québec.
L’Hon. Chs-A. Dalton, de Tignish, I.P.-E., fût un des pionniers de cette industrie dans laquelle il a amassé une grande fortune.
Commençant avec deux renards noirs, il y a une vingtaine d’années, il a réalisé un profit net de $42,000 dans un an: et en 1912, il organisait une compagnie à fonds social, au capital de $600,000, qui se portait acquéreur du stock et de létablissement.
Il n’y a que quelques années, M. James Tuplin, de Black Bank, I.P.-E., à vendu son parc de renards argentés pour un montant de $250,000; les aniriaux ont été transportés au Nouveau-Brunswick. Plusieurs autres fortunes ont été réalisées dans cette industrie, tant au Nouveau-Brunswick qu’à lIle du Prince- Edouard.
Dans notre province, on a atteint de magnifiques résultats dans lindustrie de l'élevage des renards: notons les établissements de M. Johann Beetz, de la Baie de ce nom, sur la Côte Nord; MM. Holt, Renfrew et Cie, de Québec; Alex. Bastien, de Loretteville: The Beaver Brook Silver Black Fox Farm, Bourg-Louis; The Huron Silver Black Fox Farm, Saint-Ambroisede-la-Jeune-Lorette: The Hudson Bay Black Fox Company, Sainte-Catherine, P. Q.; et MM. J.-C. Calhoun et Geo.. Richmond, de Gaspé. Le pare de M. Johann: Beetz est évalué à $200,000.
Une tentative d’élevage du vison a été faite dans l’île du Lac Chaud, comté de Labelle. Ce parc, exploité par la compagnie zootechnique de Labelle, était situé
à 115 milles de Montréal. Monsieur J.-M. Marcotte, 61 rue Saint-Gabriel, Montréal, était le secrétaire de cette compagnie, et M. A.-D. Désormeaux, de Macaza, P. Q., en était le gérant local.
Plusieurs autres particuliers projettent l’établissement de fermes pour Pélevage de la bête puante et uu ratmusqué, tandis que quelques-uns se livrent déjà à Pélevage des renards rouges, dans différentes parties de la province de Québec.
Ceux qui mont pas d'expérience en cette matière et qui désireraient se livrer à Pélevage des renards feraient bien de considérer, d’abord, sil ne serait pas plus prudent de faire des essais d’une année avec des renards rouges, même dans le cas où on aurait les ressources suffisantes pour commencer avec une paire de renards noirs ou argentés, au prix de $500 à $2,500. Car il ne faut pas oublier que la différence entre un renard noir ou argenté et un renard rouge n’est que superficielle; c’est une différence de couleur seulement ; ils ne forment pas réellement des espèces différentes : les habitudes, le traitement, la nourriture et les soins à donner à lanimal sont les mêmes, que le poil soit rouge ou noir.
Comme question de fait, il y a quelques profits à faire dans Pélevage des renards rouges. Une bonne peau, dans le temps des hauts prix, valait $40.00; mais elle vaut moins actuellement; à lautomne de 1920, elle se vendait 12.00.
Toutefois, si l’on considère que l'entretien d’un renard coûte quelques sous par jour, on constatera que lélevage de ces animaux paie plus, parfois, que celui des moutons et des pores.
Jeune renard noir argenté et son gardien, à l'entrée du parc de la Gaspe Fur Farmers, Ltd.
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Je ne vois pas pourquoi la province de Québec ne possèderait pas les plus grands et les plus riches parcs à renards du monde. Des milliers d’acres de terre peuvent être consacrés à cette industrie, et c’est un fait Wién connu que les peaux possèdent d’autant plus de corps et de lustre que les animaux viennent de plus loir dans le nord. A Vheure actuelle on prétend que les peaux les plus riches de renard noir ou de renard .&igenté proviennent de bêtes élevées en captivité dans île du Prince-Edouard, mais c’est plutôt affaire d’hérérité, car il y a lieu de croire que les plus précieux des animaux qui ont fait souche dans cette île venaient de la province de Québec. Une industrie établie dans le Nord de la province avec des sujets de bonne race produirait une fourrure non-seulement égale, mais supérieure à celle que Pon trouve aujourd’hui dans cette île.