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On entend souvent dire que les lois de la chasse donnei.t des avantages aux amateurs, tandis qu’elles les refusent aux cultivateurs ou à d’autres personnes, malgré qu’elles n’y soient pas accoutumées, mais qui pour le plaisir de la chose, voudraient avoir du gibier sur leur table. Quoiqu'il n’y ait aucun bien-fondé dans cette pu on pourrait tout de même, dans une certaine mesure, ôter à ces personnes occasion de récriminer en leur permettant d'acheter le gibier élevé en champs clos.
Quand le lièvre, le faisan ou autres gibiers élevés en captivité en Angleterre peuvent être achetés non-seulement dans ce pays, mais encore en certains pays d'Amérique, sans inconvénient, il devrait être possible de trouver les moyens de permettre aüx gens qui ne peuvent aller chasser le gibier à l’état sauvage d’en jouir sans diminuer d'aucune façon les ressources venues de la chasse dans
le domaine public.
Outre que l'élevage domestique, sur une grande échelle contribuerait dans une large mesure à conserver Je cerf et le chevreuil dans la province de Québec, la viande de ces animaux sera encore un excellent substitut à celle si coûteuse du boeuf, du mouton et du porc. La venaison était une nourriture plus commune que le boeuf en Europe, au moyen âge, et cette chair n’était-elle pas la nourriture commune des premiers défricheurs du Nord de l'Amérique? Et du reste, sa valeur alimentaire est augmentée par le fait qu’elle s'adapte aux invalides qui ont besoin d’une nourriture réconfortante et facile à digérer. Dans un tableau publié récemment par le “Scientific American,” montrant le temps requis pour digérer divers aliments, on voit au premier rang la chair grillée du chevreuil avec les tripes et le riz bouilli, lesquels sont digérés parfaitement en une heure. Les oeufs crus battus, l'orge et la truite bouillies, de même que les asperges et certains autres légumes exigent une heure et demie. Le beef-steak et le mouton grillés se digèrent en trois heures, et même plus.
La cr ance du cerf apprivoisé est égale à celle des vaches, et ces animaux sont très faciles à apprivoiser. Ils se font presqu’à tous les lieux. Ils semblent se développer davantage dans les enclos où se trouvent plusieurs variétés de plantes, telles que l’herbe, les broussailles, et les arbrisseaux. Dans des terres rocailleuses, bien arrosées par des sources d’eau claire, et quelque peu boisées, un nombre égal d’élans ou de vaches se maintiendront en bonne condition, ayant à leur disposition une égale étendue de terrain et de pâturage; d’un autre côté, les cotons de blé d'Inde et le foin constituent un excellent fourrage d'hiver, et un peu d’avoine ou de blé d'Inde, servi chaque jour, fournit une excellente occasion pour gagner leur confiance et les apprivoiser. On peut en dire autant du sel. Une clôture de cinq pieds de hauteur suffit pour les garder; ils sont moins disposés à sauter par-dessus cet obstacle que le chevreuil.
’un autre côté, le chevreuil se propage beaucoup plus rapidement que le cerf. Il produit généralement un petit à l’âge de deux ans, ensuite deux, et rarement trois.
pas d’animal qui exige si peu de nourriture et d'entretien.” Quoique l’orignal soit surtout un herbivore, en captivité, il se contente de n'importe quelle espèce de végétaux, y se se la plupart des produits de jardin. Le foin sauvage, mêlé de mauvaises herbes est préférable au toin cultivé, excepté l’alfalfa.
Un cultivateur américain, écrit: “A l’exception de la chèvre, je ne connais
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mouton une industrie très payante naîtrait avec l'élevage domestique de ces animaux.
L'ELevace pes ANIMAUX À FOURRURE
La valeur de nos animaux à fourrure —— sans cesse par le fait que ceux-ci diminuent en nombre et que la demande de la pelleterie est de plus en plus considérable. Cette diminution a été pour quelque chose dans l’entreprise de l’élevage domestique des animaux. Des expériences de ce genre ont été faites au Canada, aux Etats-Unis et ailleurs. Le succès n’a pas toujours couronné les efforts de ceux qui ont tenté des essais, mais profitant des leçons du passé, plusieurs éleveurs de nos jours, ont parfaitement réussi, et quelques-uns d’entre eux se sont créé une belle fortune dans cette industrie. Et il y a certainement de la place dans la province de Québec, pour en faire plusieurs autres.
Il n’y a pas d'industrie qui promet plus de succès et de profits à ceux qui ont des capitaux, et qui voudraient l’entreprendre, que l'élevage du renard noir et du renard argenté.
Strictement parlant, le renard noir et le renard argenté sont le même animal; il n’y a pas en effet, de renard parfaitement noir et entièrement exempt de poils d’une autre couleur. Plus la fourrure de cet animal atteint cette qualité, gius elle a de la valeur, en autant toutefois que la couleur est prise en considération; mais la grandeur de la peau, son épaisseur et le lustre de la fourrure sont les qualités qui donnent de l’importance à la pelleterie.
Plusieurs trouveront peut-être étrange, que nonobstant les uables distinctions qu’on peut faire, par rapport à la couleur, la beauté et la valeur, le renard noir, le renard argenté et le renard rouge ordinaire sont scientifiquement parlant, le même animal, le Vulpes fulvus des naturalistes.
La seule variété dans les couleurs ne peut constituer une distinction dans l’espèce, en autant toutefois qu’il n’y a pas d’altération anatomique.
L'élevage du renard argenté est depuis lo — passé du domaine de l’expérience à la pratique. Il n’est pas, certes, facile de se ne parfaitement sur tout ce qui regarde l'élevage et le soin à donner à cet animal, deux choses importantes à connaître pour réussir; mais j'ai maintenant en ma possession tous les détails de cet élevage et je les tiens à votre disposition. .
Les uables développements de cette industrie dans l'Ile du Prince- Edouard a été l’objet d’une intéressante mention dans le discours du Trône, à l'ouverture de la dernière session de la législature.
L'Hon. Charles A. Dalton, de Tignish, ministre sans portefeuille dans le gouvernement de l’Ile du Prince-Edouard, a été l’un des pionniers dans cette industrie,
qui lui a rapporté une fortune très enviable. Ce qu’il a accompli dans sa province, ut l'être très facileraent dans la nôtre, dans laquelle il y a raison de croire qu’il
même de la peau.
Au mois de juillet 1889, M. Herbert Pope, fils du gardien de phare de la Pointe Sud-Ouest à Anticosti, captura deux jeunes renards noirs. Celui qui écrit ces lignes, apprit par les résidents de Gaspé que les deux jeunes animaux avaient été envoyés d’Anticosti à Gaspé par le remorqueur Kate, où par l'entremise de M. Dalton, ils avaient été examinés par MM. Carter et Ritchie et de là ils avaient été transportés à Tignish, I. P.-E., par le remorqueur Hastie. M. Dalton les acheta
ur la somme de $100.00. On rapporte qu'il y a une vingtaine d'années, il avait tenté l'élevage domestique du renard. #e rendant compte de la gran la peau des renards argentés, il commença à étudier les moyens les plus rationnels
pour les élever et les propager pendant leur captivité.
Il mit à profit ses erreurs d'autrefois et tâcha de mieux faire. Année par année, son commerce s’augmenta et il atteint enfin l’état florissant qu’on lui connait aujourd’hui. Dès le début, il fit un choix judicieux des meilleurs sujets pour arriver à une sélection aussi parfaite que possible, jusqu’à ce qu’il arriva à une espèce
toute différente de la première.
Il prétend avoir aujourd’hui les renards les plus précieux du monde entier. Et cependant, il n’y a pas de doute que leur valeur serait beaucoup plus considérable s'ils avaient été élevés à la température de la province de Québec. M. Dalton a vendu quelques-uns de ses renards de $6,000.00 à $8,000.00 le couple, et il dit que l'élevage des renards promet de devenir la plus grande industrie de l'Ile. Dans une seule année, son parc d'élevage lui a rapporté un profit net de $42,000, et il suggère l'établissement d’un bureau d’enresi-trement, où on pourrait établir la généalogie des renards, comme on le fait pour les boeufs et les chevaux.
On rapporte que récemment, l’'Hon. M. Dalton a accordé une option d'achat de tout son parc d'élevage à un groupe de capitalistes aux prix de $600,000.
On dit que le renard argenté qui a obtenu le plus haut prix d'exposition, soit, $2,900, venait du parc d'élevage de M. Dalton.
Parmi les animaux amenés en captivité, on choisit ceux de qualité supérieure pour l'élevage, les autres sont tués pour leur Les renards qui sont de bonne lignée et de belle couleur se vendent en vie de $4,000 à 86,000 le couple. On dit que le prix des animaux vivants pour la reproduction, diminuera avec le temps, mais il n’y a pas de danger de surcharger le marché d fourrures, car en même diminuent, l'augmentation des richesses fait
emande des fourrures est de plus en plus grande, surtout par les nobles
d'Amérique. Sur les 900 peaux de renards argentés qui sont passées par le marché de Londres en 1910, 60 pour cent on rapporté $500 et plus chacune. Ilya trente-cinq ans 1500 à 2000 peaux étaient vendues sur le marché de Londres.
On peut se faire une idée de l’argent à faire dans l'élevage du renard par le fait suivant: M. James Tuplin de Black Bank, I. P.-E, a vendu récemment son
parc d’élev 8250,000, pour le transporter au Nouveau-Brunswick:; là il recevra $3,000 de salaire, par année, pendant cinq ans pour le faire valoir.
Le gouvernement du Nouveau-8rnnswick à manifesté le grand intérêt qu'il prend à cette industrie en passant une loi pour la protéger. C'est ainsi que celle-ci défend l'approche des parcs d'élevage par un système d'affiches placées à l'extérieur des clôtures pour avertir le publie de se tenir à une certaine distance. La raison d’une telle prévention, c’est que le renard s’effarouche facilement et que le voisinage des étrangers et des chiens rendrait l'élevage impossible.
Ces animaux sont tenus en complète captivité au moyen de clôture de fer de 10 pieds de hauteur. Celle-ci est repliée au sommet, en dedans du pare, sur une largeur de deux pieds; elle est pliée de même vers le bas, en dessous du sol. Les chenils et les sentiers qui y conduisent sont construits de façon spéciale, et l’entretien et les soins à donner à ces animaux ne présentent pas autant de difficultés qu’on pourrait le croire tout d’abord, à cause des heureuses expériences déjà faites au Canada et dans les Etats-Unis.
On signale certains cas isolés qui témoignent que cette industrie a déjà pris naissance dans notre province.
M. Johan Beetz, de la Baie Piastre, sur la Côte Nord, qui s’est oceupé de cette industrie pendant un certain nembre d'années, avait encore une trentaine àe renards argentés en sa possession, il y a quelques mois. Au début, il vendait les peaux, mais en dernier lieu, il a trouvé infini-nent plus jueratif de vendre les plus jeunes de son troupeau, par couple, en vue de la reproduction. Son pare est évalué à
$200,000.00 à l'heure qu'il est.
La maison Holt et Renfrew, de Québec, possède un troupeau de renards argentés à Lorette parmi lesquels se trouvent at MOINS une vingtaine de renardeaux nés pendant l’année.
MM. J. C. Calhoun et George Richmond ont de même un troupeau de renards au Bassin de Gaspé. Déjà, ils ont vendu ur “ertain nombre de sujets provenant
de leur pare à l’Hon. M. Charles Dalton, de l'Ile du Prince-Edouard, qui achète et revend ces animaux en vue de la reproduction.
Il se trouve un petit troupeat de renards de différentes couleurs à Chambord, comté du Lae St-Jean. On rapporte des choses fort intéressantes quant au croisement des races, à savoir qu'on aurait obtenu un renard argenté par la sélection des sujets, mais je n'ai pas encore pu vérifier ce fait. Les naturalistes verront sans doute dans cette relation et quelques cas semblables une corrcboration de la
théorie relative à l’origine du rénard argenté. ‘
Il semble done qu'il n'y ait pas de raison pourquoi notre province ne deviendrait dans le monde entier le pays qui possèderait les plus grands comme les plus riches pares,d’élevage de renards argentés. On peut facilement consacrer à cette industrie des centaines de milles acres de terres, et c'est un fait reconnu que c'est dans l'extrême nord que se trouvent les plus belles comme les meilleures fourrures.
On dit bien, actuellement, que les plus riches fourrures proviennent des parcs
d'élevage de l'Ile du Prince-Edouard, mais il n'y à là qu'une simple question
d'hérédité, et une industrie similaire établie dans le nord de notre province, ne comprenant que des sujets provenant d’une sélection bien faite, non-seulement donnerait de semblables résultats, mais la surpasserait facilement, par la qualité supérieure des peaux et de la fourrure.
Maintenant, est-ce à dire que, seul, le renard argenté pourrait fournir des chances d'élevage dans notre province? La loutre, la martre, le castor, le rat-musqué, même le putois, pourraient être élevés en champs clos, dans des conditions d'aménagement propres à chaque espèce.
On trouve actuellement dans la province d’Ontario une ferme sur laquelle on élève des putois, et dans le Minnesota ct ailleurs, l'élevage du rat-musqué se fait avec succès.
La compagnie Zootechnique de Labelle, Limitée, s'occupe de l'élevage domestique du vison dans une tle du lac Chaud, à Macaza, dans les cantons Lynch
et Nantel.
Du reste, M. le Sous-Ministre, .vous savez par les demandes faites jusqu'à présent de spécimens d'animaux vivants, en vue de l'élevage, que cette industrie prend une importance de plus em plus grande.
Je suis pleinement d’accord avec M. Ernest Thomson Seton, un éminent naturaliste, qui a exprimé l'opinion suivante:
U Cette industrie intéresse le Canada plus que n'importe quelle partie de l'Amérique, parce que, pour être de toute première qualité, les fourrures doivent provenir d'animaux qui ont été élevés dans un c'imat plutôt froid, soit à l’état domestique, soit à l’état sauvage. Et j'entrevois de nombreuses chances de succès pour cette industrie. Je pense que dans dix ans tous les cultivateurs canadiens- * français entreprenants auront une petite annexe sur leur ferme où ils feront l'élevage, se servant des déchets de la grange pour les nourrir, et qu’ainsi, ils doubleront leurs revenus.”
Sans doute, l’ancienne façon d'élever les animaux à fourrure sur une île, dans un endroit sauvage, où ils peuvent courir à leur guise a été complètement abandonnée. Le seul moyen est la cage où chaque animal reçoit une attention et des soins particuliers. Et ceci montre bien que ce moyen est à la portée de tous les cultivateurs canadiens. L'espace de terrain requis pour une telle entreprise est très restreint.
Pour conelure, permettez-moi de vous répéter ce que j'ai déjà écrit ailleurs sur ce sujet: ‘qu’on peut difficilement concevoir une industrie qui promet de si
excellents résultats aux gens qui possèdent peu de capitaux et peu d'esprit d’entreprise, et plus spécialement aux personnes épr ses des beautés de l’histoire
naturelle et de la vie en plein air.” Respectueusement soumis, .