‹ L'Élevage du Cheval en BulgarieChapitre 23 sur 24 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Comment on pourrait concevoir la création d'un cheval du type “ Moteur agricole” en Bulgarie Le croisement avec le cheval breton

De l’exposé ci-dessus, il résulte que le cheptel chevalin a été sensiblement amélioré en Bulgarie depuis une trentaine d’années. Pourtant, si les buts que l’on s'était proposés en ce qui concerne l’obtention d’un cheval propre au trait léger et à la selle ont été à peu près atteints, il n’en est pas encore de même en ce qui concerne le cheval de culture, et même le cheval de trait pour l'artillerie ; l’expérience de la dernière guerre a du reste prouvé que, sous certaines conditions, les deux services artillerie et travail agricole pouvaient être remplis par les mêmes animaux. On peut donc viser l’obtention d'animaux convenant à la fois à ces deux services, si l’on s’en tient à un modèle convenablement choisi.

Quand on résume les efforts d’amélioration faits en Bulgarie depuis la réouverture du Haras Kabiuk, on est frappé par le fait que, dans les méthodes de croisement instaurées, on s’est adressé, pour la très grande

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majorité des sujets importés à des races légères: pur sang anglais, pur sang arabe, pur sang anglo-arabe. Sans doute a-t-on pensé qu’en faisant appel à ces races, on aurait des animaux qui, fins, nerveux, dénatureraient moins le poney bulgare et, selon l’expression des éleveurs, « se rencontreraient » mieux avec lui, donnant des métis harmoniques. Mais peut-être aussi a-t-on trop sacrifié à cette donnée, qui fut longtemps admise, que le « pur sang » était le seul digne d’être considéré comme un améliorateur, à l’égard de toutes les races, le qualificatif pur sang étant réservé aux seuls sujets : anglais, arabe ou anglo-arabe. On oubliait que le pur sang anglais est pourtant, en réalité, le type parfait des races métisses, que le « sang », le raffinement sont loins d’être les facteurs essentiels de qualités des races, surtout pour certains services et l’on sait à quelles erreurs cela a conduit en maints pays.

Sans doute fit-on aussi appel à des races plus étoffées, comme l’Orloff, et même à des races nettement caractérisées comme races de trait, notamment le Percheron et l’Ardennais. Mais les sujets de ces races ne furent introduits qu’en petit nombre ; les résultats obtenus ne paraissent pas avoir été très encourageants, et c’est ainsi que, dans nos haras, on voit disparaître peu à peu les sections percheronnes, ardennaïises, Orloff, tandis que se multipliaient les chevaux légers, les chevaux de sang.

Or, on peut se demander si les races de trait amélioratrices avaient été bien choisies : la race percheronne a de très grandes qualités qui ont établi sa réputa-

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