‹ L'Élevage du Cheval en BulgarieChapitre 24 sur 24 · CE · texte numérisé non relu

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tion mondiale ; mais c’est une race qui a de grandes exigences alimentaires, parce qu’elle est née dans un pays très riche, et l’on sait que mêmes les Anglais et les Américains qui élèvent les Percherons sont contraints, malgré les soins qu’ils apportent à l’alimentation de leurs animaux, de faire des achats réguliers de reproducteurs percherons dans le pays d’origine. C’est aussi une race de grande taille assez peu indiquée, nous semble-t-il, pour faire d'emblée des croisements avec nos sujets de pays.

L’Ardennais nous paraît, théoriquement du moins, avoir répondu à une meilleure inspiration. Maïs ïül existe, dans cette race, à côté des petits ardennais, résistants, rustiques, de gros ardennais, plus exigeants.

Or, si l’on se rappelle les résultats donnés par l’Ardennais, notamment en Russie, on peut se demander si le semi-échec de cette race enregistré en Bulgarie, ne serait point imputable à un choix peu judicieux des reproducteurs au sein de la race ardennaise.

Il est une race au sujet de laquelle on doit regretter qu'aucun essai n’ait été tenté, c’est la race Bretonne. Parmi le très riche catalogue de races que peut offrir la France, en raison de la diversité de son climat, la race bretonne nous semble tout à fait indiquée pour des croisements éventuels avec le cheval bulgare en vue de Pobtention du cheval agricole et d'artillerie.

La race chevaline bretonne est elle-même aujourd’hui très diversifiée dans sa taille, en raison de différences dans les progrès agricoles réalisés selon les régions de la Bretagne. Maïs, chez tous les sujets, quelle que soit la taille, on trouve un fonds commun

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de qualités, que l’on peut résumer sous ce vocable : rusticité.

Le breton du Sud, que Sanson et Dechambre n’hésitent pas à rattacher à la race arabe, en appuyant cette hypothèse sur plusieurs preuves historiques, répond à un modèle que l’on ne peut manquer de comparer à celui de nos chevaux. On ne peut du reste omettre de rapprocher l’hypothèse précitée et les travaux de Petroff qui considère le cheval arabe et le cheval bulgare comme descendants d’une même souche « E. c. minor ». Il y aurait donc là des indications concordantes en faveur de l’affinité du cheval breton de la lande et celui de Bulgarie, et l’on sait combien cette affinité est recherchée des Zootechniciens et des éleveurs, lorsqu’on se propose d’opérer des croisements.

Ce cheval breton du Sud, en même temps que le breton du centre montagneux et le breton du Nord, a concouru à la formation de la population chevaline actuelle de la Bretagne, constituée aujourd’hui par des sujets souvent puissants : gros chevaux de trait, gros postiers, mais aussi par des animaux de format plus réduit. Nous pensons que c’est parmi ces derniers qu’il conviendrait de chercher des améliorateurs à notre population chevaline : s’ils sont plus grands, plus forts que nos chevaux, ils ont, comme eux, beaucoup de résistance et de sobriété, une grande solidité du squelette, une qualité de tissus qui leur permettent de faire, jusqu’à un âge avancé, de très durs travaux.

Pendant la dernière guerre, ils se sont montrés des chevaux d'artillerie de la meilleure trempe. Ils constituent enfin le cheval agricole tel que pourraient le

désirer nos paysans bulgares. Le cultivateur breton, en effet, a réussi à obtenir un cheval qui, tout en lui donnant satisfaction pour les travaux des champs, a conservé assez de souplesse et de sensitivo-motricité pour travailler sur route en mode accéléré. C’est avec son cheval de culture qu’il peut, le cas échéant, se rendre à la ville voisine, même à bonne allure.

Enfin, la sélection qui s’est poursuivie, depuis longtemps en Bretagne, d’après l’épreuve, soit grâce aux courses organisées jusque dans les villages, soit grâce aux concours de la « Société du cheval de trait léger qualifié par l’épreuve » donnent l’assurance que chez le cheval breton on n’a pas sacrifié les véritables mérites de l’animal moteur, à l’élégance ou à la beauté des lignes, ce qui fut trop souvent le cas pour les races affinées, « de sang », auxquelles, jusqu'ici, nous avons eu surtout recours en Bulgarie.

Nous estimons que les chevaux bretons, choisis parmi les sujets qui sont demeurés d’un format moyen, constituent des reproducteurs dont l’essai mériterait d'être tenté en Bulgarie pour l’amélioration de nos races indigènes, en vue de l’obtention simultanée du cheval agricole et du cheval d’artillerie.

Conclusions

I. — Le cheval indigène de Bulgarie, dérivant de Equus caballus minor, est très résistant. Il fait un bon cheval de selle et de trait léger. Malheureusement, il est d’un format réduit, qui, au point de vue du rendement utile, limite ses moyens.

IT. — On a tenté d'améliorer le cheval indigène en vue des quatre adaptations suivantes : selle, trait léger, artillerie, travail agricole.

Les méthodes de croisement utilisées, faisant appel surtout aux chevaux légers, de sang arabe ou anglais, ont donné des résultats favorables à certains égards, notamment pour le service de selle et de trait léger ; c’est ainsi que l’on a pu entretenir de beaux sujets, surtout de pur sang arabe dans le haras « Kabiuk », et de demi-sang anglais, dans le haras « Kléméntina ».

III. — L'Etat a dû prendre en mains la direction de l'Elevage. Les mesures qu’il a arrêtées, bien conçues et réalisées, doivent être intensifiées. On doit souhaiter que l'Etat encourage les efforts des groupements d’éleveurs et des particuliers; à cet égard les moyens à faire intervenir semblent d’ordre économique, au moins autant que d’ordre technique.

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IV. — Les résultats obtenus, en ce qui concerne la création du cheval agricole, si indispensable à notre économie nationale, et du cheval d’artillerie sont, eux, insuffisants. Nous pensons que, pour ces buts, le croisement avec des chevaux bretons de format moyen, pourrait rendre de grands services; il mériterait d’être

essayé.

Vu : Le Directeur Le Professeur de l'Ecole Vétérinaire de Lyon, de l'Ecole Vétérinaire, D° V. BALL LETARD.

Vu : Le Doyen, Le Président de la Thèse, JEAN LEPINE GUIART.

Vu et permis d'imprimer Lyon, le 9 Novembre 1932.

Le RECTEUR, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE L'UNIVERSITÉ

A. LIRONDELLE.

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