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PIÈCES JUSTIFICATIVES

Une des erreurs les plus accréditées est de croire que le dépouillement des trésors des églises et des communautés a été commis au Mexique par le parti libéral. Voici la circulaire du gouvernement clérical qui régnait à Mexico en 1 860, pendant que Juarez, président légitime et constitutionnel, tenait la campagne. Elle nous a semblé digne d'être citée.

Administration des revenus du district de Mexico.

S. E. M. le ministre des finances, D. Gabriel Sagaseta, par une note officielle datée de ce jour, m'a communiqué un ordre suprême de S. E. le général de division D. Miguel Miramon, relatif à l'établissement d'un bureau spécial chargé de recevoir des corporations et communautés ecclésiastiques, les bijoux et utres objets précieux qu'elles doivent remettre au gouverne-

ment pour subvenir aux nécessités urgentes du moment. Cette décision a été approuvée du très illustre archevêque, et le gouvernement a désigné l'administration principale des revenus du district comme le lieu où devait s'exécuter cette remise importante. En conséquence, vous aurez immédiatement à exécuter les dispositions que je transcris ici :

La remise des bijoux et des pierres précieuses se fera directement dans cette administration principale des revenus du district, sur factures indiquant la qualité de la remise, le nombre des pierres précieuses, leurs noms tels que, brillants, émeraudes, perles, rubis, etc., et, si cela est possible, le poids de chacune d'elles; si elles sont grandes ou petites, etc

Je vous recommande aussi d'envoyer les matières d'or et d'argent à l'hôtel des monnaies le plus secrètement possible, et de me remettre de même les bijoux, afin d'empêcher les ennemis du gouvernement suprême de commenter à leur manière cette mesure, et d'en dénaturer la légalité qui ne saurait être plus entière, puisqu'elle a reçu l'autorisation du très illustre archevêque de Mexico

Ce que je vous communique, afin que vous preniez vos dispositions pour l'exécution des ordres contenus dans cet office, dont vous m'accuserez réception.

Dieu et Loi. Mexico, le 21 août 1860.

Signé : Ignacio de la Barrera.

Le roi Le'opold !'-'>' au général en chef à Mexico.

Monsieur le maréchal.

Mes très chers enfants, l'empereur Maximilien et l'impératrice Charlotte me parlent sans cesse, dans les termes les plus chaleureux, des éminents services que Votre Excellence rend à

l'Empire mexicain et des preuves constantes de bienveillance qu'Elle leur donne.

Je prie Votre Excellence de me permettre de me joindre à eux dans l'expression de leurs sentiments, et d'accueillir le témoignage de ma haute estime, et des sentiments que je lui ai voués.

Léopold.

Laecken, 25 décembre 1864.

Bruxelles, le 11 juillet i865.

Monsieur le maréchal.

Notre pauvre légion belge est bien affaiblie. Tout le pays compte sur votre sollicitude pour obtenir l'échange des prisonniers. Il est à espérer que le gouvernement mexicain aura des ressources suffisantes pour nous permettre de continuer à recruter ce corps. La réaction qui s'est opérée dans les esprits nous permettrait de recruter facilement cinq à six mille fantassins, cinq à six cents cavaliers et trois à quatre cents artilleurs pris parmi nos hommes les plus vigoureux

Votre Excellence jugera mieux que personne ce qu'il conviendra de faire dans l'intérêt de la légion, et je me mets à ce sujet à sa dévotion, si elle me fait connaître ses intentions.

Baron Chaz.\l.

Ces deux lettres témoign>int des sentiments manifestés à l'origine par la Cour de Bruxelles, en faveur du nouvel empire mexicain.

Mexico, le i6 juillet 1864.

Circulaire.

A l'avenir, les hommes condamnés à la peine de mort par les cours martiales ne devront être exécutés que sur un ordre spécial de S. M. l'Empereur, auquel on rendra compte sans retard de la condamnation.

Les cours martiales placées sur le parcours de la ligne télégraphique, se serviront de cette voie pour rendre compte à l'Empereur des condamnations capitales qu'elles prononceront, sauf à envoyer ultérieurement le dossier, sans qu'on le leur demande. Quant aux autres, elles devront joindre les dossiers au compte-rendu qui devra être adressé par la voie la plus rapide. Le général commandant en chef.

Bazaine.

Mexico, le 25 mars i865.

Monsieur le commandant supérieur.

J'ai insisté déjà près de MM. les généraux commandant les divisions et les subdivisions territoriales, les commandants supérieurs et chefs de colonne pour les inviter à ne point s'immiscer dans les affaires civiles du Mexique.

Le rôle de l'armée française doit se borner à maintenir la tranquillité dans le pays.

Le gouvernement de l'empereur Maximilien, par les agents qu'il a nommés, doit conserver toute initiative, toute liberté d'action dans la gestion des affaires civiles et politiques.

L'intervention des chefs militaires français, dans les questions

de cette nature, ne pourrait que susciter des embarras et causer

des froissements toujours nuisibles au service général.

Je vous prie de ne point oublier ces recommandations et de

les prendre pour ligne de conduite dans nos rapports avec les

autorités mexicaines.

Le maréchal commandant en chef,

Bazaine.

Monsieur le 'maréchal , J'ai le plaisir d'annoncer à Votre Excellence que les prisonniers, qui étaient à Cirandaro et à Huetama, sont partis aujourd'hui pour être échangés.

Le maréchal voudra bien donner ses ordres pour que les généraux Tapia et Ramirez, faits prisonniers à Puebla, soient remis à mon quartier général. Cette négociation, une fois terminée, restera toujours l'honneur du maréchal de France et du chef de l'armée républicaine du centre.

Je vous renouvelle

Patrie et indépendance. — Quartier général de Tacambaro, 4 décembre i865.

VicENTE Riva Palacios.

Cet échange, conclu deux mois à peine après le décret du 3 octobre, prouve que les Français savaient respecter les véritables soldats tombés en leurs mains, et que les chefs libéraux n'étaient pas atteints par la rigueur d'un décret qui ne devait frapper que les bandits.

CABINET MILITAIRE

de l'Empereur.

Mexico, le 2 janvier 1866.

Commandant, Je m'empresse de vous envoyer la dépèche que je reçois à Tins-

tant du ministère de la guerre au sujet des 3oo,ooo francs à embarquer sur V Adonis.

Il serait bien avantageux que Son Excellence pût différer de quelques heures le départ de ce navire, puisque Mejia a un besoin absolu d'argent. Je presse, tant que je peux, le ministre pour que les choses se fassent vite.

En outre de ces 3oo,ooo francs, des ordres sont, paraît-il, donnés à la douane de Matamaros pour qu'elle tienne à la disposition de Mejia 5oo,ooo autres francs. Dès que cette affaire sera réglée entre les douanes de Vera-Cruz et de Matamaros, j'aurai l'honneur de vous en donner avis.

Le chef de cabinet.

Le maréchal fit faire l'avance de ces fonds par le trésor à Vera-Cruz, le gouvernement n'ayant pas été en mesure de les envoyer.

CABINET MILITAIRE

de l'Empereur.

Mexico, 9 février 1866.

Mon général.

J'ai l'honneur de vous faire connaître que la dépêche du général Lozada et la lettre signée de vous qui l'accompagnait, ont été remises hier à Sa Majesté en conseil des ministres.

Le ministre de la guerre, Peza, interpellé à ce sujet, a dit que « jamais il n'avait empêché Lozada de marcher, mais qu'il lui « avait seulement donné des instructions. Lozada n'a pas voulu « des instructions; alors le ministre de la guerre l'a autorisé à « n'en pas tenir compte. »

Le général Lozada est donc entièrement en situation d'exécuter ponctuellement les instructions de S. Exe. le maréchal

commandant en chef, ainsi qu"il l'a annoncé dans ses dernières dépêches.

Le ministre de la guerre a été blâmé des instructions, données à Lozada.

Le chef du cabinet militaire.

Cette dépêche prouve les tiraillements auxquels était en proie le commandement militaire : elle atteste aussi, comme la suivante, les difficultés soulevées par le ministre de la guerre mexicain, et la faiblesse de caractère de l'empereur Maximilien, déplorée dans son propre entourage.

CABINET MILITAIRE

de l'Empereur.

Palais de Mexico, le 2 3 février iS66.

Commandant,

Je viens d'être informé que le ministre de la guerre a donné l'ordre aux garnisons de Patzcuaro, Acambaro et Maravatio, de se replier sur Morelia et de s'y défendre à outrance!!! Il me répugne de vous écrire officiellement à ce sujet, car, vraiment, la persistance du ministre de la guerre à donner des ordres aux troupes, pour des opérations de guerre^ en dehors du commandement en chef de l'armée franco-mexicaine, et le plus souvent contrairement à ses instructions ou à ses projets, est quelque chose d'inouï.

Je rends compte à l'Empereur de cette nouvelle mise en campagne de M. Peza. On me répondra qu'On a pris connaissance!

Le chef du cabinet militaire de l'Empereur.

Venado, le 17 août 18G6.

Monsieur le maréchal,

Après avoir mis à l'ordre la contre-marche du corps sur Matehuala, tous les officiers belges de mon régiment, ceux qui, ayant sollicité des prolongations de congés, n'ont pas reçu de réponse, apprenant au contraire que notre gouvernement les refusait, de même que ceux qui ne veulent pas dépasser le terme de leur congé de deux ans, tous viennent de signer, et de me remettre la lettre ci-jointe.

J'ai répondu à ces messieurs que, quelles que puissent être leurs obligations vis-à-vis leurs corps en Belgique, je ne pouvais ni suspendre l'exécution du mouvement prescrit par Votre Excellence, ni leur donner en masse des congés provisoires ; que tout ce que je pouvais faire, c'était de soumettre leur démarche au jugement de Votre Excellence.

Si ces messieurs quittent le régiment, je prie Votre Excellence de vouloir bien me diriger avec le régiment sur Mexico, où, avec ses éléments, je pourrai le réorganiser et former une garde de 900 hommes, qui serait pour Leurs Majestés un soutien sérieux dans les événements graves qui se préparent.

Je ne dois pas cacher à Votre Excellence que l'introduction d'officiers français dans le corps amènerait inévitablement une prompte désorganisation. Les dernières nouvelles d'Europe, les bruits d'annexion ont échauffé, à tort ou à raison, les esprits; et en déclarant cet état de choses à Votre Excellence, j'ai la confiance que le jugement profond du commandant en chef appréciera combien de pareilles rumeurs sont de nature à mettre en émoi le sentiment de nationalité des soldats.

Les excellents sous-lieutenants et sous-officiers du corps, avec

quelques capitaines autrichiens, constitueraient des cadres aussi

solides que ceux qui disparaîtraient.

Agréez, monsieur, etc.

Le colonel,

VAN DER SMISSEN.

Vienne, le 2 avril 1S67.

Monsieur le maréchal,

La lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'adresser, en date du 29 janvier, me crée le devoir de vous exprimer, monsieur le maréchal, mes sincères remercîments de la bienveillante appréciation que Votre Excellence a bien voulu accorder aux faits d'armes du corps austro-mexicain.

L'armée autrichienne, de laquelle ce corps est issu, se réjouira de la haute distinction conférée à ses camarades, et se rappellera toujours avec satisfaction qu'il leur fut donné de servir sous vos ordres et à côté des valeureux soldats de la France.

Veuillez, monsieur le maréchal, agréer l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Le ministre de la guerre.

NOTE DE VENTE d'aRMES.

Dans son numéro du i3 février courant, le Courrier du Mexique a publié, d'après le journal officiel, un communiqué duquel il résulterait que le corps expéditionnaire aurait vendu à des particuliers, avant son départ de Mexico, des armes, des munitions et des projectiles, au sujet desquels l'autorité militaire a cru devoir prendre des mesures de police et de sûreté.

Les renseignements qui ont motivé ces mesures sont entièrement inexacts, et les cessions faites par l'armée française ne

sont de nature à donner lieu à aucune mesure de précaution de la part du gouvernement. L'armée a cédé à un honorable habitant de Mexico, pour la garde de ses propriétés, quarante fusils doubles d'un modèle particulier, qui ne peuvent être considérés comme armes de guerre, et un très minime approvisionnement de cartouches pour ces mêmes armes. A cette seule exception près, l'armée française n'a vendu ni une arme, ni une cartouche, ni un projectile, ni aucune quantité de poudre à aucun particulier. 11 est de notoriété publique dans la ville, et le gouvernement en a très certainement connaissance, que toutes les cartouches, les munitions de toute espèce, les poudres et les proectiles jugés inutiles à l'armée pour la suite de ses opérations * ont été détruits ou mis hors de service avant l'évacuation de Mexico. Les projectiles ont été brisés, les balles ont été refondues en saumons, et c'est dans cet état qu'ils ont été livrés au commerce comme matières brutes, impossibles à utiliser immédiatement pour le service militaire. L'armée n'a vendu sans transformation que des objets d'un usage général, et dont le commerce se fait librement dans toutes les parties de l'empire. Elle a usé en cela de son droit naturel, tout en évitant de fournir à qui que ce soit les moyens de troubler l'ordre public. Rien ne motiverait donc les mesures de rigueur qui pourraient être prises envers les personnes intéressées dans ces ventes. Rien n'a été fait qui puisse les priver de la protection des lois, et, pour les étrangers, de celle de leurs nations respectives.

Ce pamphlet est un échantillon choisi parmi ceux qui ont été affichés lors de la retraite de notre armée.

* On entend l'arme'e française^ car tout ce qui appartenait au gouvernement mexicain, pour le service de l'armée, lui a été délivré en parfait état dans toutes les places; les procès-verbaux en font foi.

— Syi —

4 janvier 1867.

Les habitants du district de Santiago Paltanulan (Jalapa) ont décidé en réunion populaire de dresser la présente manifestation, dans laquelle ils expriment leurs véritables sentiments, qui sont de manifester dès à présent à l'Empereur de la France que son armée expéditionnaire de Mexico a entièrement accompli les désirs et les vues du monarque, sans être arrêtée par des considérations d'aucune espèce, comme elle le fit la première fois en rompant les préliminaires de la Soledad. Après le siège de Puebla, on s'est servi des prisonniers pour donner à Marquez età Miramon tous les moyens et secours, pour qu'ils pussent consommer la ruine de leur patrie; puis, avec leur influence et celle de Saligny, d'Almonte, on a créé une assemblée de notables criminels, qui, par paroles et faits, nous déclarèrent impérialistes, << levant des actes, ou arrachant aux autorités avec la pointe des baïonnettes, » ainsi que l'a fait Galvez (le général), qui a fait fusiller cinq individus à Tlacalalan, parce qu'ils résistèrent à reconnaître l'empire

L'armée française, avec sa fabrique d'empires, a acquis l'admiration du monde, comme on le verra sous peu. Nous autres. Indiens du sol mexicain, ne pouvons moins que de montrer notre gratitude pour l'empire qu'on nous a si généreusement octroyé.

Suivent les signatures :

JtJAN MEJIA, FÉLIX MARIN, ALAJO DURAM. SANCHEZ, JUAN PABLO, MIGUEL MENDEZ.

Réponse au Moniteur officiel, publiée par le journal le Temps, au sujet de l'entrevue de Saint-Cloud.

« D'abord, le Moniteur parle à tort des conversations de Saint- Cloud : je n'en ai indiqué qu'une seule. Il y en a eu une seconde

en effet, au Grand-Hôtel, et j'ai lieu de croire qu'elle n'a pas été beaucoup plus amicale que la première.

« Après l'échec de M. Almonte, ambassadeur extraordinaire du Mexique, qui fut suivi de la rupture du traité de Miramar, comme l'atteste lui-même notre gouvernement dans sa note à Maximilien^ en date du 3i mai 1866, l'impératrice Charlotte fut envoyée auprès de l'empereur Napoléon, afin d'obtenir des hommes, de l'argent et le rappel du maréchal Bazaine.

« A son départ pour la Vera-Cruz, l'impératrice refusa publiquement de naviguer dans un canot de notre marine, sous pavillon français.

« A Paris, elle demanda l'hospitalité à un hôtel.

« A son arrivée, elle reçut M. Drouyn de Lhuys, qui, avec toute sa courtoisie, comme le constate la propre déclaration de ce ministre à M. John Hay, chargé des affaires des Etats-Unis (16 août 1866), reproduite dans le livre bleu, lui signifia que le vlan arrêté précédemment par le gouvernement de l' empereur serait exécuté comme il avait été dit.

« L'audience de Saint-Cloud, difficilement obtenue de l'empereur Napoléon par l'impératrice Charlotte, na en rien modifié., comme l'affirme cette même dépêche diplomatique, les résolutions déjà prises.

« Peut-on admettre un seul instant que l'impératrice Charlotte, exaltée par un douloureux voyage, soit sortie satisfaite de cette entrevue sans témoins; et qu'à des refus nettement articulés, la malheureuse princesse , déjà irritée par l'abandon des Tuileries, n'ait pas répondu par des récriminations plus ou moins vives ?

« A défaut d'autre preuve, qu'il ne convient pas de mettre aujourd'hui en lumière, je laisse l'opinion publique juge entre le démenti du Moniteur et la logique inexorable des faits.

« Comte E. de Kératry. »

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