‹ L'élévation;Chapitre 87 sur 96 · ACTE m, «CèNB II · texte numérisé non relu

ACTE m, «CèNB II

LOUIS

Plus tard?

EDITH

Plus tard, Louis. Lorsque tu m'as ainufe.

LOUIS

Que tu es charmante et belle ! Tu as raison : plus tard, du fond des trous on nous guettions, je t'ai donné tout le regret et toute la tendresse d'un homme. Le cœur s'enrichit, quand chaque minute est pleine d'adieu... Combien je t'ai aimée, là-bas, ma bien-aimée 1

EDITH, dans un marmnre.

Louis...

LOUIS

On est très bien, tu sais, parmi les soldats de la guerre pour regretter et pour chérir. L'amour eit respecté chez tous ces hommes arrachés à la femme, et qui rêvent à la femme et au foyer... Et quelle claire vision de la vie 8ugg^^e cette présence de la mort! Comme l'essentiel apparaît! Pendant cette longue menace, je me suis connu.

202 L ÉLÊVATIOÎ*

J ai compris qu'au long de mon existence futil( et si triste, à travers mes ambitions insatisfaitei tout mon effort désordonné, mes pauvres avei tures vaniteuses, qui me laissaient un goût d' néant, j'avais perpétuellement cherché... toi!... Oui, toi! Cette ineffable tendresse ! Quelle chose étrange ! L'amour de ma vie, mon seul amour, aura fleuri dans la solitude, dans la séparation,.. dans le dur paysage de la guerre !...

EDITH

Il y a une de tes lettres, mon Louis... Elle est là, dans mon sac, avec les petites choses de toi qui ne me quittent jamais.... Elle est datée du neuf novembre... Vous cantonniez dans un village, dont le nom commençait par une 0. J'ai cherché sur ma carte... j'ai hésité entre Oeren et Oudecapelle...

LOUIS

Oudecapelle, parfaitement, ma petite àrae! Nous sortions de la bataille de TYser... Nous avions repris Ramscapelle à la baïonnette. . C'étaient mes débuts dans l'infanterie ! Je me souviens même de la cuisine où je l'ai écrite, ma lettre.

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