ACTE I!I, SCèNE II
LOUIS
Je te supplie et je t'ordonne de vivre.
iOFTH.
Non, tu ne mMnfligeras pas ce martyre!
LOUIS
Edith, c'est ma volonté suprême! L'idée de cet attentat possible contre la jeunesse et la grâce de ton être, m'a hanté. Ecarte-la de mes derniers moments !
EDITH, pouvant à peine parler.
Mon Louis, c'est trop cruel! Réfléchis... Tu me laisseras seule... toute seule sur cette terre... seule et sans âme !... On n'ose même pas regarder vers une pareille solitude !
Ah! ta petite voix me déchire . Cette vision, elle est venue tant de fois éprouver mon courage... cette vision de ta solitude, de tes pauvres yeux hrùlés de larmes...
210 LELEVATIOîf
EDITH
Eh bien', épargne ta petite. Pourquoi exiges-tu que je reste? Ni toi, ni moi, nous ne croyons !
LOUIS
Tu te trompes, mon enfant. Je crois! Je crois que la vie est sacrée, mille et mille fois plus sacrée encore que ne Tont faite les lois, les livres, les hommes ! Je crois qu'il n'est pas une infamie et une honte comparables à celle de prendre la vie! Et je ne suis pas le seul combattant, le seul tueur qui rapportera cette profonde religion. Edith, apaise-moi, fais-moi ce serment solennel. Il faut maider à mourir!
EDITH, s'est relevée, est allée prendre dans son petit sac un objet qu'elle retire de la ouate oii il est enveloppé.
Voilà... J'avais pu dérober, dans la pharmacie de mon hôpital, ces gouttes d'acide cyanhy drique...
LOUIS, un mouvement d horreur,
ÊDITH-
Quand ma pensée devenait trop noire, je tenais