ACTE III, SCÈNE II
EDITH
Elle m'a éblouie ! Ce n'était qu'une petite lettre, '; pour me dire ta fatigue, mais si douce... Tu étais \dans mes bras!... Jamais tu ne t'étais abandonné ainsi. J'ai entrevu le miracle... Et aussitôt, j'ai désespéré... J'ai pensé : « Gomment échapperaitil?... Je ne le reverrai pas celui qui me fait ce
don trop merveilleux ! » (Avec un timide sourire.) Tu
vois, j'ai douté de notre chance!
LOUIS, qui ne sourit pas.
Mon enfant!... (Une pause.) Redonne-moi l'enveloppe bleue.
EDITH
La confession? (U a f&H signe que oui. Elle lui a rendu la lettre. Il l'a prise et déchirée en petits morceaux.) Oh !
Louis...
(Un silence.)
LOUIS, d'une voix singulière, pressante.
Edith, veux-tu que notre amour commence à Oudecapelle ?
EDITH, qui voudrait encore sourire.
Commence...
LOUIS
Je t'en prie!... Le veux-tu?
EDITH, surprise.
Mais... oui...
LOUIS
Avant, ce n'a pas été beau ! Quand tu t'es donnée à moi, j'ai méconnu ta confiance passionnée, ton cœur tendre et puissant, tous les trésors de ton silence... J'étais un autre homme, en ce temps-là. Ali! que j'étais pauvre!... 11 faut me promettre que jamais, jamais, ce passé, qui m'est en exécration... un épisode quelconque de ce passé, ne se môlera dans ton souvenir aux jours glorieux qui ont suivi ! Tu me le promets ?
EDITH, qui est angoissée.
Oui... mais...
LOUIS
Souviens-toi, Edith ! Avant ce n'était pas beau Mais le beau est venu!... Le beau commence .. Oudecapellc !
KI'ITH, '/[/i jiHsse sfifi mi"!i-),r,ir M;r le visage de Louis.
Louis, mais que puis-jc cruiudre? Nous serons