‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 13 sur 108 · ACTE I, SCÈNE M · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE M

MADAME CORDELIER

Ma belle-fille pourra peut-être vous indiquer où le joindre. (Une pause.) Savez-vous, monsieur, que votre nom m'est familier?

LOUIS

En vérité, madame ?

MADAME CORDELIEH.

Jadis, j'ai lu vos livres.

LOUIS

Mes livres !

Avec beaucoup de plaisir. N'êtes-vous pas fauteur d'un volume de vers et aussi d'un volume d'impressions d'Indo-Chine qui a pour titre... attendez!... Le.y Couleurs de la Colonie'^.

(Édilh est rentrée. Silencieuse et flottante, elle vient prendre place entre les deux autres.)

LOUIS

avoue! J'ai commis ces deux mauvais petits bouquins...

MADAME CORDELIER

Ils ne sont pas mauvais !

LOUIS

Il y a huit ans, après un séjour à Saigon de trois années. En ce temps-là, je me croyais un poète... Loti! C'est bien fini! Mais, madame, de grâce, expliquez-moi par quel hasard prodigieux vous...

MADAME CORDELIER

Vos œuvres m'ont été prêtées autrefois par une de mes élèves, une jeune saïgonnaise précisément. Je me suis vouée depuis bientôt quarante ans à l'instruction et à l'éducation des jeunes filles.

C'est vrai, madame, vous dirigez, je crois, un. . . une grande institution...

MADAME CORDELIER

L'Institution d'Auteuil, oui, monsieur. J'ai gardé la haute main sur celte maison que j'ai fondée. Je lui consacre le reste de mes forces. (Un silence.) Il faut d'ailleurs que j'y retourne'

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