‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 4 sur 108 · EDITH CORDELIER · texte numérisé non relu

EDITH CORDELIER

(Elle porte une robe d'intérieur élégante. Elle a un air d'extrême jeunesse et une voix très douce et comme effarouchée. Elle est engagée dans une conversation téléphonique. Son attention est extrême; cela se marque dans son accent, dans son maintien.)

Oui... (Une pause. C'ett, à l'autre bout du fil, l'interlocaiear qui parle.) VouS croyez?... (Pause.) Ah! Oui,

l'Autriche... ('Pause.; Mais l'Allemagne... (Paate.) Oui... Evidemment l (Pause.) Oui, oui! (Pause.) Oui, à Londres... (Pause.) Oui, ce serait beau!... C'est presque trop beau ! (Pause.) Oui, on n'ose plus croire que... (P&use.) Oh! je sais... Je le sais bien! Vous me donnez un grand espoir. (Pause.) J'en suis bien heureuse. (Pause.) Vous avez été tout à fait aimable!... Oh! si, j'en suis tellement touchée. (Pause.) Si, très touchée ! Je vous remercie beaucoup. Je vous dis très mal combien je vous suis... (Pause.) Oh! non... (Pause.) Non, personne! Seulement ce serait une telle catastrophe... (Pause.) Non, pas d'amis très intimes... Non, je ne vois personne autour de nous. Mon inquiétude vient uniquement de... Enfin, ce serait une telle catastrophe, quelque chose de si terrible... (Pause.) Oui... Oui, espérons. (Pause.) Oui... certainement, à bientôt ! Et je vous remercie encore. (Pause.) Au revoir, monsieur.

Page 1