ACTE I, scè^fE XII
EDITH fait la. même réponse,
ANDRÉ
Vous n'avez pas... Vous avez un amant?
EDITH fait la même réponse.
ANDRÉ, imperceptiblement.
Oh !.,. (Un silence. Joignant les mains:) Ou! (Un silence. Doucement:) Il y a plusieurs jours que j'ai cette angoisse... Je ne me l'avouais pas. (Un silence.)
(La sonnerie du téléphone retentit.)
EDITH redresse la tête, puis va d'un pus assez rapide an bureau, prend le récepteur, et, avec un frémissement qui trahit l'espoir :
Allo... Allo, oui... (Puis, la voix ayant perdu toute animation:) Ah! OUi... VOici le docteUF...
(Elle tend le récepteur à André qui n'avait pas bougé de place.)
ANDRÉ, à l'appareil.
Allo... (Pause.) Ah! oui, c'est moi. (Pause.) Oui.
(Pause. Avec un certain agacement : ) Mais il y a une
heure, comme tout le monde ! (a ÉdUh qui a refait
un pas vers sa chambre:) Edith, un instant, je VOUS prie! (Reprenant l'entretien téléphonique :) Oui, je CFois
que l'Angleterre interviendra. (Pause.) Pas du tout, c'est une pure impression. Chère amie, excusez-moi, je ne puis rester davantage... (Pause.) Oui, c'était Edith. (Pause.) Non... elle ne peut pas revenir à l'appareil. Excusez-nous, je vous en prie, je n'ai pas le temps de... (Pause.) Entendu!
Au revoir! (Il « raccroché le récepteur. {Allant à Edith, assise sur une chaise, et, durement, mais à voix contenue :) Qui est-ce ? (Edith a un murmure et un geste de refus.)
Pardon! J'exige le nom ! Je l'exige. Qui est-ce? (Nouveau refus.) Epargnez-moi l'abjection d'une enquête ! D'ailleurs que redoutez-vous ? Donnezmoi ce nom !
EDITH, levant à demi la tête.
Monsieur de Génois.
Génois ! Oui ! Ce soupçon m'avait traversé l'esprit. (Toujours très bref:) A quelle époque a commencé cette intrigue? Répondez!