ACTE I, SCèNE XII
Est-ce que je mets en «loute votre pitié infinie ! Tout au contraire, je vous vois si désorientée... Ce cataclysme, qu'a-t-il produit dans cette petite âme, quelle révolution, quelle révolte? Mon enfant, cette sinistre quinzaine a littéralement ravagé votre petit visage. Comme il s'est aminci.
(Il prend entre ses mains la figure d'Edith et doucement ta
relève.) Et les pauvres yeux! J'y découvre... oui,
de l'épouvante... (Elle est à bout de forces. Elle dégage sa tête et éclate en sanglots.) Oh ! VOUS m'alarmCZ !... Je suis grandement alarmé. (Se penchant sur elle, l'enlaçant de ses bras.) Ma bien-aimée, confiez-moi votre détresse. Un si tendre ami se tient auprès de vous. Je t'aime! Parle... Veux-tu?
EDITH
Non, laissez-moi.
ANDRÉ, plus prenant.
Je te conjure de parler, de m'ouvrir ton cœur ! Qu'y a-t-il ?
EDITH, se dégageant, le repoussant, ou presque.
Non, non, laissez-moi !
ANDRE se redresse, et d'une voix quelque peu altérée.
Vous laisser... Gertamement, si tel est votre
désir. (Il s'est retiré d'an pas ou deux.) Mais je m'é-
loigne plein d'inquiétude. (Unepàuse.j Oui, en vérité, ces manifestations successives m'inquiètent
beaucoup. (Et comme elle conlinne de pleurer commlsiremenl, il lu considère d'un regard qui deinent »iga. Au bout d'un instant, Edith s'essuie les yeux, se lève, et, toute secouée, se dirige vers lu porte de gauche.) VouS allez à VOtre
chambre ?
EDITH, tournant la tête vers lui.
Oui... Je ne suis pas bien. (Un oa deux pa.s encore.)
ANDRÉ
Edith!... (Elle s'arrête. Il la rejoint.) Edith... (Un ilence. Ils sont l'un devant l'autre. Avec calme :) Edith,
est-ce que... vous tremblez pour quelqu^in?
EDITH, après un temps.
Oui.
(On n'entend pas le mot. On ne perçoit qu'un son. an signe.)
ANDRE, dont la voix se contracte.
Voi'-^ oiinnx quelqu'un?