ACTE II, SCÈNE III
que répéter la même phrase : « J'ai vingt-neuf ans, je suis fort comme un turc, qu'est-ce que je fous ici ? » Je vous demande pardon, chère madame, ce sont ses propres expressions! Et bien, ce qu'il f... c'est des robinets pour l'Armée. Il fabrique des robinets. Ça paraît étrange, mais les services de l'Armée ont besoin de robinets !
GERMAINE
Naturellement ! Je sais que ces questions de matériel ont une importance capitale. Mon mari m'en parle souvent dans ses lettres.
SABINE, entraînée.
Et mettez l'usine entre les mains d'un sousordre, d'un directeur quelconque, au bout de six semaines, vous pouvez fermer.
GERMAINE
Je le crois sans peine. D'abord, monsieur Boutard possédait son expérience, il connaissait l'entreprise à fond...
SABINE
Ah ! non, parce que... Non, non !... Non, il a
H 8 l'élévation
tout appris depuis la guerre I Voilà le plus fort ! Avant, il était dans la maison de son père !
GERMAINE
Ah!
SABINE
11 fabriquait du chypre... Vous connaissez le Chypre Boutard ! Une horreur, entre nous !... Ou, plus exactement, il ne faisait rien que dépenser bêtement son argent. Au fond, c'est encore un de ces désœuvrés que la guerre a rendus sérieux 1 Il travaille à présent. Il se donne même un mal de chien ! D'ailleurs, il est éreinté ! N'est-ce pçis, Odette ?
ODETTE
Oh 1 oui, l'autre soir, aux Ambassadeurs, il avait une mine !