‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 55 sur 108 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

que répéter la même phrase : « J'ai vingt-neuf ans, je suis fort comme un turc, qu'est-ce que je fous ici ? » Je vous demande pardon, chère madame, ce sont ses propres expressions! Et bien, ce qu'il f... c'est des robinets pour l'Armée. Il fabrique des robinets. Ça paraît étrange, mais les services de l'Armée ont besoin de robinets !

GERMAINE

Naturellement ! Je sais que ces questions de matériel ont une importance capitale. Mon mari m'en parle souvent dans ses lettres.

SABINE, entraînée.

Et mettez l'usine entre les mains d'un sousordre, d'un directeur quelconque, au bout de six semaines, vous pouvez fermer.

GERMAINE

Je le crois sans peine. D'abord, monsieur Boutard possédait son expérience, il connaissait l'entreprise à fond...

SABINE

Ah ! non, parce que... Non, non !... Non, il a

H 8 l'élévation

tout appris depuis la guerre I Voilà le plus fort ! Avant, il était dans la maison de son père !

GERMAINE

Ah!

SABINE

11 fabriquait du chypre... Vous connaissez le Chypre Boutard ! Une horreur, entre nous !... Ou, plus exactement, il ne faisait rien que dépenser bêtement son argent. Au fond, c'est encore un de ces désœuvrés que la guerre a rendus sérieux 1 Il travaille à présent. Il se donne même un mal de chien ! D'ailleurs, il est éreinté ! N'est-ce pçis, Odette ?

ODETTE

Oh 1 oui, l'autre soir, aux Ambassadeurs, il avait une mine !

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