ACTE II, SCÈNE VIII
le docteur Lamerens, et, d'accord avec lui, je vous propose de prendre un congé d'un mois.
EDITH
D'interrompre complètement mon service?
ANDRÉ
Pendant un mois ! Passez un mois à la campagne. Vous louerez une villa et vous inviterez Germaine Ledru. Elle sera enchantée d'offrir le grand air à ses enfants.
EDITH
Vous vous trompez! Germaine a quitté Versailles et elle est venue loger chez sa mère, bien à l'étroit, pour recevoir un jour plus tôt les lettres de son mari !
ANDRÉ
Qu'elle habite rue de la Tour ou, par exemple,
à Saint-Cloud... (Et comme Edith secoue la tête :) Cette
question des lettres ne domine pas toutes les autres !
EDITH
Si ! (Elle l'a dit malgré elle. Unepaute. Une gêne.) Gcr-
maine refusera. Mais là n'est pas la question ! Ne m'enlevez pas mon hôpital et mon travail !
ANDRÉ
Je vous demande tout uniment...
EDITH
Si je m'arrôte, c'est alors que je tomberai malade ! Laissez-moi mon travail ! Laissez-moi le sentiment de ma petite utilité et du petit bien que je peux faire. J'en ai besoin!...
ANDRÉ
Calmez-vous, Edith ! Nous examinons ensemble... (Entre Blanche. Sur un petit plalenti, elle porte
un pli.) Qu'est-ce que c'est?
BLANCHE
Un télégramme, monsieur.
(Blanche a remis la dépêche au docteur. Elle est xortie.J ANDRÉ.
Mais... ceci est pour vous.