ACTE II, SCéNE VIII
EDITH
André, je partirai ce soir. Il faut que je parte !
ANDRÉ
Encore une fois, j'interdis ce voyage !
EDITH, doucement.
Mais, André, vous n'avez rien à m'interdire ! Je vous rappelle les conditions dans lesquelles nous vivons l'un près de l'autre.
ANDRÉ
Je vous les rappelle aussi ! Le jour de notre unique explication, je vous ai offert de garder votre place à ce foyer. J'étais guidé par le souci de protéger, dans cette tempête, votre jeunesse et votre faiblesse. Je regrette profondément, Edith, que vous subissiez cette épreuve, mais qu'attendez- vous encore de moi ? Me croyez-vous homme à accepter le partage, le va et vient?
EDITH
C'est à un hôpital, que...
A tolérer que ma femme s'installe au chevet de
son amant, et, lorsqu'il sera guéri, reparaisse dans notre demeure? Dites-moi?
EDITH
Je ne sais pas !... Il faut que je parte !
ANDRÉ
On ne vous retiendra pas de force. Mais je vous somme de réfléchir ! S'il vous reste quelque honnêteté au cœur, vous reconnaîtrez qu'en acceptant mon offre, vous vous ôtes, de votre côté, engagée.
EDITH
A quoi? A restera Paris lorsque...
ANDRÉ
A me respecter, à respecter, tout au moins, notre passé ! A cet hôpital, il y a des médecins de Paris... Nissol entre autres, le médecin chef. Votre apparition y fera scandale.
EDITH
Je m'efforcerai, par tous les moyens, de tenir ma visite secrète !