‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 68 sur 108 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

ANDRE

Et alors même que vous y réussiriez?... Comptez-vous de ma part sur une capitulation? (il hausse les épaules.) Quoi que VOUS tentiez du reste, l'histoire courra. Une heure après votre arrivée, vous aurez sali nos sept années de mariage, livré mon nom, ma personne aux risées. Voyez s'il vous convient de commettre cette action !

EDITH

Je suis au désespoir de vous offenser, mais il y a quelqu'un qui m'attend, qui peut-être souffre horriblement... Je pars.

ANDRÉ

Partez donc. Mais c'est, bien entendu, sans possibilité de retour. Ce seuil franchi, vous appartenez à l'aventure. Je ne vous connais plus.

EDITH, doucement.

André, je ne serais pas revenue, me l'eussiezvous offert!

(Elle se dirige vers la porte de sa chambre.)

ANDRÉ

Edith ! (Elle s'arrête.) Écoutez-moi.

EDITH

Je vais à la gare ! Dans une demi-heure...

ANDRÉ

Ecoutez-moi !

EDITH

Les trains sont bondés, je veux réserver une place. Dans une demi-heure, je serai de retour !

Écoutez-moi d'abord!

EDITH

Je vous assure que je reviendrai aussitôt !

ANDRÉ

Non, écoutez-moi maintenant. Je réclame quelques minutes !

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